Sixties, seventies, alors on danse ?

Bonjour, bonjour,

Nos chères années soixante ! Nous avons toutes une bonne raison d’être fans des sixties, amies lectrices, ce sont nos années, et n’ayons pas peur de le dire, elles étaient belles, les sixties, elles étaient drôles et vivantes, non ?! Le twist, le madison, le yéyé, les premiers slows, on a vraiment bien aimé.

Après, il y a eu les seventies et là, on a adoré… A cette époque-là, pas de Facebook, et comme dit une de mes amies, heureusement, car pas de Facebook, pas de trace 😊

Pas de vidéos de nos déhanchements sur les pistes de danse, ni de ces garçons un peu balourds (pour ne pas dire Baloo !) qui n’osaient pas se lancer ou alors si maladroitement qu’on en a encore des fous rires rétrospectifs et cela dit sans aucune méchanceté de ma part (je le jure !), pourquoi les garçons aiment-ils souvent moins la danse que les filles, est-ce une question d’éducation ?

Des bals populaires aux caves de Saint Germain des Prés

Jusqu’à la génération de nos grands-parents, dans une société où tout était bien contrôlé pour ne pas nuire aux bonnes mœurs, danser ne se concevait qu’en suivant des pas réglés comme… du papier à musique. Les jeunes gens prenaient donc des cours pour s’initier à la valse, apprentissage indispensable pour pouvoir approcher une personne de l’autre sexe dans les soirées.

Du célèbre bal des débutantes aux bals musettes, des salons bourgeois aux dancings des villes côtières qui s’appelaient (presque !) tous La Potinière, l’ensemble de la société avait ses lieux consacrés. On y dansait la valse, à laquelle s’ajoutèrent bientôt la java, la rumba, le tango, danses qui vinrent quelque peu chambouler les corps et les esprits, ce qu’Alain Souchon nous a fort bien chanté avec « Y’a d’la rumba dans l’air, le smoking de travers… ». Eh oui, car on allait encore danser en smoking et pour les filles, robes virevoltantes et talons de rigueur…

Les vieilles traditions commencèrent à être bousculées par la génération de nos parents, qui fêtèrent leurs 20 ans au sortir de la 2ème guerre mondiale. Ce fut l’avènement du jazz, une vraie révolution. L’effervescence provoquée par cette musique vint à point nommé divertir les esprits d’une jeunesse dont les premières années avaient été placées sous le signe de la guerre, de ses horreurs et des privations qui l’accompagnent.

La musique et la danse devenaient pour cette génération l’expression d’une liberté retrouvée dans un monde plein de promesses, car ce qui s’annonçait semblait un avenir radieux et enfin dénué de menaces… Au centre de ce monde, il y avait la France évidemment, et au centre du pays, ce petit village de Saint Germain des Prés dans lequel les caves aménagées sous les bars du quartier se mirent à résonner d’étranges notes, et les corps et les cœurs à vibrer au son d’une musique incroyablement libératrice.

Toutefois, on dansait encore volontiers à deux, le be bop, le fox trot… et les garçons n’étaient pas les derniers sur la piste à cette époque.

Cette tradition a perduré longtemps. Vous vous souvenez peut-être de la chanson de Salvatore Adamo « Vous permettez, Monsieur… » ? Tout un univers évoqué dans cette chanson pleine d’humour, on était en 1964, preuve que les bals n’étaient pas encore passés de mode et que le rituel était encore le « Vous dansez, mademoiselle » encore chanté par Pierre Bachelet en 2008, mais sur un mode nostalgique, « dans ce dancing miteux, style bar de banlieue ».

Du rock’n roll au métal, des salles de concert aux festivals …

Puis vint le déferlement du rock’n roll, qui fut dès ses débuts un mouvement de société autant qu’une forme musicale. Importé et porté par des chanteurs à l’image de mauvais garçon – qui nous paraissent aujourd’hui bien gentillets – le rock, à ses débuts, se dansait encore à deux. Rappelez-vous, on s’entraînait entre cousins et cousines le jeudi après-midi pour être sûrs de faire bonne figure le soir où nos parents consentiraient à nous laisser organiser une surprise-partie !

Le rock s’est construit totalement en réaction contre les bonnes mœurs, et a amené une liberté extrême à la fois dans la composition musicale et la façon de danser. Le plaisir n’était plus de coordonner ses pas et ses mouvements d’une façon codifiée. On se mit à danser en solo, chacun se laissant porter par la musique et improvisant une gestuelle totalement libérée.

Ce qui caractérise les années rock, c’est aussi l’ouverture de salles de concert dans toutes les villes. Certaines deviendront mythiques, comme le Marquee à Londres, ouvert dès 1958, et qui accueillit le premier concert des Rolling Stones. Inutile de préciser que si je pouvais appuyer sur la machine à remonter le temps, je choisirais bien le 10 juillet 1962 pour revenir en arrière ! A Paris, Bruno Coquatrix eut l’intuition que ce mouvement musical allait changer profondément notre façon d’écouter la musique, et transforma l’Olympia de salle de music-hall du 19ème siècle, en haut lieu du rock de la capitale dans les années soixante.

La musique « live » à cette époque devenait donc absolument primordiale et l’écho s’en trouva retentir au point qu’il ne fut plus possible « d’assister » simplement à une représentation, au point que l’on cassa des chaises dans des soirées de chanteurs pourtant bien peu subversifs comme Gilbert Bécaud. On se mit à danser dans les concerts, et peu à peu les fauteuils disparurent pour faire place à des salles de plus en plus grandes jusqu’à programmer les plus grands groupes ou chanteurs dans des stades.

Je ne vous dirai pas que c’est ce que j’ai le plus apprécié dans cette évolution, car voir les Stones en concert à l’Olympia et au Stade de France, ce n’est pas tout à fait le même plaisir !

La fin des sixties vit aussi les premiers grands rassemblements consacrés à la musique rock, les festivals, dont Woodstock signa l’emblématique acte de naissance aux USA. A Woodstock jouèrent tous les grands groupes de cette époque, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Santana, Jefferson Airplane, Ten Years After et tant d’autres. Le mouvement hippy fit de ces rassemblements une véritable célébration de la musique et de la danse, la consécration du flower power. En Angleterre, ce fut le festival de l’Ile de Wight qui inaugura cette nouvelle ère, il fêtera ses 50 ans en 2018. Gageons qu’à l’époque nul ne s’attendait à une telle longévité !

Au fait, sauriez-vous combien de festivals rock, pop, blues etc… il y a ne serait-ce qu’en Europe à l’heure actuelle ? Personne n’a une idée de la réponse mais dans le Top Ten on trouve des festivals français comme le Printemps de Bourges ou les Eurockéennes de Belfort, l’incroyable Hellfest de Clisson consacré au rock hard et métal, Rock en Seine…

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Concert à Nantes d’un de mes groupes préférés, Of Monster And Men

Du jerk au pogo

Dans les années 70, nous avons appris à danser sans respecter une chorégraphie prédéfinie, simplement en bougeant notre corps, en suivant la musique et en laissant nos sensations inspirer nos mouvements. C’est l’avènement du jerk, littéralement secousse, véritable tourbillon de danse en totale liberté. Pour moi, le bonheur, car j’ai toujours eu du mal avec les figures imposées !

Les chorégraphies n’ont pas pour autant disparu. Remise au goût du jour avec le disco et ses enchaînements déhanchés sur les pistes des discothèques, la danse n’a jamais été aussi célébrée dans le monde entier.

Le mouvement qui a le plus contribué à cette époque à nous jeter sur les pistes de danse, c’est certainement le funk, avec ses chorégraphies incroyablement festives et décomplexées, qui inspireront le rap et le hip-hop. Earth Wind and Fire, Kool and the gang, l’ère des dance floors était né… et elle n’est pas révolue !

La danse dite « de salon », résiste malgré tout et traverse les époques, notamment avec les danses latino-américaines que l’on découvre et redécouvre avec bonheur. Après le tango qui a toujours ses adeptes, la rumba, la samba, c’est la salsa qui fait fureur depuis les années 2000.

Danser, c’est vivre, les danses font partie de la vie des hommes depuis toujours, elles sont présentes dans toutes les civilisations. Qu’elles soient sacrées ou profanes, leur pouvoir est réellement magique.

En groupe, nous partageons avec la danse quelque chose d’important, une passion commune pour une musique, pour un mode d’expression, la joie de participer à une fête qui célèbre notre culture. Un fest noz (fête de nuit en breton), c’est un hymne à la Bretagne et à sa musique, ses traditions. Si vous savez ce qu’est un pogo, vous trouverez peut-être que cela n’a pas grand-chose à voir avec ce que je viens de décrire, et pourtant Google classe bien le pogo dans les danses « danse répandue dans les concerts punks, qui consiste à se bousculer frénétiquement ». Je ne me lasse pas de cette définition et ne vous parlerai pas aujourd’hui du mouvement punk sur lequel je suis intarissable, donc j’y reviendrai dans un autre article !

En couple, danser un slow est un moment d’émotion enfin, lorsqu’on est amoureux bien sûr, sinon, ça peut paraître une véritable épreuve 😉 Souvenons-nous : Hey Jude avec un garçon qui ne nous attirait pas, mais alors pas du tout, quelle épreuve les na na na na na na na de la fin, interminable ! Restons plutôt dans l’évocation de nos plus beaux souvenirs, le premier slow et la chanson qui devient notre chanson fétiche, celle qui nous mettra les larmes aux yeux pendant des semaines, des mois ou plus si affinité réelle et de longue durée !

Seul(e)s aussi, quel plaisir de mettre parfois la musique à fond dans le salon avec notre morceau préféré, celui qui nous pousserait encore irrésistiblement sur la piste de danse. Nous avons l’impression de revivre, d’oublier les soucis quotidiens et une vie devenue peut-être un peu trop « plan-plan ».

C’est vrai, les années passent, mais nous avons gardé notre cœur d’adolescent(e) parfois, nos élans amoureux souvent, et il n’est pas besoin de pousser trop fort le volume pour que nous soyons pris(e) d’une folle envie de danser en entendant un bon vieux rock comme on les aime…

Pour moi, ce sera les Stones, s’il vous plait et bien fort le son !

Si vous avez envie de vous remettre à la danse, et pas forcément seul(e) dans le salon, n’hésitez pas, il y a plein d’associations et de cours de danse qui vous attendent, danse jazz, danse contemporaine, danse orientale… Vous pouvez même vous remettre au rock, apprendre le tango ou le hip hop (un peu plus difficile peut-être mais pourquoi pas !). Surtout, bougez, dansez, c’est bon pour le corps et l’esprit !

Et pour finir, un quizz hyper-facile : devinez quel morceau a inspiré le nom de ce blog ? Papa was a rolling stone, dont je vous offre en bonus la chorégraphie originale qui me met toujours de bonne humeur ! https://www.youtube.com/watch?v=0g7KawdsVSQ

Et vous, vous arrive t-il de danser ? En quelles occasions ? Racontez- nous vos meilleurs moments de danse et on en reparle ensemble avec plaisir !

À bientôt,

Corinne