La crème miracle ?!

Bonjour, bonjour,

Alors ce matin, comme presque tous les matins d’ailleurs, je tardais dans ma salle de bains, et là, je constatais avec effarement qu’il ne me restait plus que quelques milligrammes de la dernière crème que j’avais achetée à crédit sur 6 mois, et que 3 mois seulement avaient passés depuis cet achat que les mauvaises langues jugeraient sans doute déraisonnable…

En général, j’adore ce moment où l’on se dit que l’on va tester un nouveau produit de beauté, car on a beau essayer de rester sourde aux appels de la publicité, il y a toujours une marque qui réussit sa communication et nous amène invariablement à craquer pour ce sérum de beauté magique qui va à la fois lisser nos rides, réhydrater notre peau, illuminer notre teint, et même ramener à nous l’être cher, enfin, autant de promesses que sur la carte de visite d’une cartomancienne…

La promesse de beauté

En marketing, on appelle promesse l’argument majeur qui va convaincre le client, et croyez-moi, sur le sujet de la cosmétique, c’est inouï ce qu’on peut arriver à dire en utilisant toujours les mêmes mots, hydratation, raffermissement, antirides, anti-âge… C’est un peu comme en musique, avec les mêmes notes, on compose des symphonies et des morceaux de rap, et bien en matière de cosmétique, c’est pareil, prenez la publicité de n’importe quel pot de crème, que ce soit un produit de grande surface ou de parfumerie de luxe, et lisez, ce sont toujours les mêmes mots pour la même promesse de beauté et de jeunesse retrouvée.

Souvent, quand on pense aux centaines (milliers ?) d’euros engloutis dans des pots de crème depuis tant d’années, on se demande si on a eu raison, parce que, quand même, je ne sais pas pour vous, mais pour moi, le matin, l’épreuve du miroir, ce n’est pas toujours le meilleur moyen de commencer la journée ! On peut se consoler en pensant que de toute façon, on ne sait pas comment on serait si on s’en était tenues au cher petit pot bleu et rond et métallique de notre enfance (vous voyez lequel…), donc, on a sûrement bien fait de s’appliquer ces onguents si bénéfiques pour notre peau matin et soir. Cela dit, le petit pot de Nivea, pour ne pas le nommer, est souvent bien placé dans les tests à côté des plus grandes marques, alors que croire ?

Ah, chères lectrices, je dois quand même vous dire, avant de poursuivre sur ce grave sujet, que je suis devenue récemment totalement adepte de la cosmétique bio. Et en plus vegan ou cruelty free, c’est-à-dire non testée sur les animaux. Pourquoi, et bien c’est simple, je ne supporterais pas que l’on tartine le derrière d’adorables petits lapins d’un rouge à lèvres, tube qui de toute façon finira périmé dans mon tiroir vu que j’en mets deux fois par an (du rouge à lèvres, hein, parce que la crème, on est d’accord, c’est deux fois par jour, matin et soir, et bien sûr pas la même, une crème de jour, une crème de nuit !).

Mais enfin, quels que soient vos choix en la matière, je suis certaine que vous aimeriez bien savoir quels sont ces produits miracle qui nous accompagnent toute notre vie sur la tablette de la salle de bains, et où en est la recherche dans ce domaine.

Études, expertises et contre-expertises

En réalité, qu’est-ce qui se cache derrière ces promesses de beauté ? J’ai voulu mener ma petite enquête et là, j’ai béni et le ciel, et le cabinet de recrutement qui m’a permis de passer quelques années au service marketing d’une marque de cosmétique…

Car avouons-le, il y a de quoi s’arracher les cheveux, et ça, chères lectrices, on va éviter ; déjà que la nature se charge très bien de nous les faire perdre avec le stress et les années, inutile de l’aider…

Donc, si l’on en croit les dernières études réalisées à la demande des organismes les plus sérieux, tout va bien. Enfin, pour 50 % desdits organismes. Et pour les autres ? Ah, et bien, c’est simple, pour les autres 50 %, tout va mal.

Résumons la situation : les ingrédients contenus dans nos crèmes de beauté sont réglementés par la Commission Européenne. Sauf que : les contrôles seraient insuffisants, et les experts pas toujours d’accord entre eux (enfin surtout ceux des laboratoires ont quelques débats houleux avec ceux de la Commission Européenne).

En plus, chaque année, depuis l’interdiction du paraben, ce sont de nouveaux ingrédients qui sont mis en cause… Le bio n’échappe pas non plus aux remises en question, car certaines huiles essentielles contenues dans les produits de beauté bio peuvent se révéler très allergènes.

Autant dire que lorsque je me suis réveillée ce matin en pensant à mon prochain achat cosmétique, je n’ai pas pu m’empêcher de me poser la question récurrente du produit miracle qui va – enfin – tenir sa promesse !

Mais qu’y a-t-il dans mon pot de crème ?

Ah bien sûr, de l’eau mais pas que. Parce que si l’eau suffisait à hydrater la peau, ça serait idéal et ça nous éviterait bien des hésitations devant le rayon parfumerie de notre magasin favori. L’eau hydrate, certes, mais à condition de la boire, en quantité suffisante chaque jour, et d’éviter de la remplacer à partir d’une certaine heure par un grand verre de Jack Daniel’s, car l’alcool déshydrate, moins que la cigarette mais à peine. Pas drôle.

Dans un pot ou un tube de crème, il y a 80 % d’eau environ, plus des tas d’ingrédients avec des noms plus ou moins inquiétants (enfin sauf si vous avez un bac + 5 en chimie bien sûr).

Pour les soins de beauté bio, cela dépend des labels : pour Ecocert, le plus ancien des labels, il faut que 10 % des ingrédients soient issus de l’agriculture biologique, c’est-à-dire la moitié de ce qui n’est pas l’eau. Je ne vous minerai pas le moral en vous racontant par le menu les exigences des différents labels, mais ce qui est certain, c’est que les produits cosmétiques bio sont extrêmement contrôlés, et encore plus ceux qui ont obtenu le label vegan (One Voice, Vegan Society).

Pour le reste, le marketing est roi, notamment avec les tests consommateurs, et là, je vous explique, parce que là, je connais. Vous lisez : 70 % des utilisatrices ont constaté une nette diminution des rides après 3 semaines d’utilisation. Le plus souvent : 7 femmes sur les 10 testeuses (dont 4 du service comptabilité et 3 du service RH) ont réellement essayé le produit qu’il leur serait bien malvenu de critiquer, et pour cause, on ne va pas se mettre mal avec la direction marketing. Ensuite, les mentions « hypoallergénique… convient aux peaux les plus sensibles… réduit durablement les rides etc… » sont absolument sans valeur, du bla bla bla, puisque ne correspondant à aucune norme officielle.

Pour être parfaitement objective, j’ajoute que les produits bio aussi ont un marketing efficace, car afficher 95 % de produits bio signifie qu’on a tenu compte des 80 % d’eau…

Vous allez me dire, j’ai le moral à zéro, je ne sais pas si je vais poursuivre ma lecture ou aller racheter mon pot de Nivea et jeter tout le reste à la poubelle. Mais on ne le fera pas, parce qu’on aime trop nos tubes de crème !!!

Sans paraben, sans silicone, sans … mais avec quoi ?!

Vous avez certainement des crèmes, mais aussi des laits corporels, gels douche et autres qui affichent sur le flacon une liste de « sans… ». La mode a commencé à l’époque de l’interdiction du paraben. Et bien, sachez-le, la peur faisant vendre, les pros du marketing ont inventé des « sans ajfkzmechlorure de sljotufs » afin de vous convaincre qu’acheter leur produit ne comporte aucun risque. Et hop, je prends celui-là dans le rayon en oubliant juste de me demander, au-delà du « sans… », avec quoi il a été fait, et si par hasard il n’y aurait pas des ingrédients plus nocifs que ceux qui ont été supprimés. Au passage, saluons les « marketers » qui ont réussi à nous vendre des produits non pas « avec » mais « sans ». Trop fort !

Si vous regardez ce qu’on appelle l’actif principal d’un produit cosmétique, vous verrez qu’il représente un infime pourcentage des ingrédients. On imagine bien qu’une crème au caviar, si, si, ça existe, même si ce n’est pas très politiquement correct, ça ne contient pas de quoi épuiser les ressources de la mer Caspienne. Une grande marque en a fait son fond de commerce, et bien, au prix où est l’ingrédient en question sans compter le coût nécessaire pour stabiliser ledit ingrédient une fois intégré dans un pot de crème, évidemment vous pourrez parler de votre cher pot de crème. Mais dans lequel il n’y a pas de quoi préparer en plus des toasts pour épater vos invités. Et heureusement car même avec beaucoup moins de caviar, le parfum de cette crème rappelle un peu trop pour moi certains effluves maritimes, et pas les meilleurs hélas, rien à voir avec le parfum des algues sur une côte bretonne, plutôt avec la halle à poisson dans laquelle je fais mes courses le samedi matin !

Donc, les actifs sont présents dans nos crèmes hydratantes ou anti-âge, en quantité plus ou moins importante, mais vous aurez bien remarqué comme moi que chaque année, on nous sort le dernier ingrédient miracle. Cette année, la tendance se maintient en faveur de l’aloe vera, du miel et de l’huile d’argan, le karité est indémodable, notamment en version éthique et solidaire, et j’ai vu des crèmes au camu-camu (arbre originaire d’Amazonie), donc cela se confirme, la mode en matière de cosmétique est dans la recherche de produits naturels sinon bio. Je reviendrai prochainement sur cette tendance et ses aspects moins « présentables ».

À l’opposé, en quelque sorte, de cette évolution, certaines marques jouent la carte scientifique et vous parlent de leur « laboratoire » de la même façon qu’un astronaute, disons au hasard Thomas Pesquet, vous parlerait des équipements de la Nasa. Là, on est dans du sérieux, du solide, du scientifiquement prouvé, on vous parle de « galénique » et de cosmétologie.

Depuis les premiers anti-rides au collagène, jusqu’aux dernières crèmes concentrées en rétinol, vitamine C, acide glycolique, peptide, acide hyaluronique… le discours sent bon le laboratoire high tech et la recherche en blouse blanche, genre nos chercheurs mettent des années à concocter le meilleur pour la beauté de votre peau. Et là s’ensuit une série de promesses (voir plus haut !). Personnellement, comme j’ai testé – avec succès, je vous en parlerai dans un autre article – les injections d’acide hyaluronique, je serais assez tentée par cette promesse mais je n’en ai pas trouvé dans les marques vegan et bio.

Alors, finalement, quel est le secret, la crème miracle existe-t-elle ?

Je suis bien obligée de vous répondre que non, sinon, je serais une célèbre dermatologue, vous me demanderiez un rendez-vous en urgence, et je serais tellement riche que je pourrais m’acheter une crème avec de l’or dedans (et oui, il y en a avec de l’or pour celles qui en auraient assez du caviar…).

Mais il y a quelques secrets pourtant ! Le premier m’a été communiqué très précisément par une dermatologue, ma cousine, dont je suis très fière et qui en plus est une fille super adorable. Elle est vraiment célèbre dans le monde entier, pour son travail sur le mélanome, et je sens que son conseil numéro 1 ne va pas vous faire plaisir : évitez le soleil, et mettez de l’écran total y compris dans la rue, sur le visage et le décolleté. Évitez aussi l’alcool et le tabac, mais ça on en a déjà parlé plus haut, on ne va quand même pas insister lourdement !

Son autre secret est plus agréable à partager, il ne s’agit pas de crème, mais bien d’un conseil scientifique : mangez du beurre, très peu, toujours cru, et même si vous êtes un peu ronde ou au régime, par pitié, mangez une petite dose de beurre, 10 gr par jour suffisent, car il contient entre autres de la vitamine A indispensable pour la peau.

Une amie diététicienne me confiait récemment qu’il est criminel dans un régime de ne consommer que des produits laitiers à 0 % car notre organisme a besoin de gras pour les muscles comme pour le cerveau, pour la peau comme pour les os… Mieux vaut supprimer les sucres (rapides) que les matières grasses, à condition de ne pas profiter de ce petit conseil pour se nourrir de burgers-frites, on l’aura compris, d’autant plus que ces horreurs contiennent aussi du sucre en veux-tu en voilà !

Enfin, la bonne nouvelle, notre peau a surtout besoin d’être hydratée. Inutile de dépenser des fortunes pour des crèmes anti-rides, anti-âge etc… tout ce qu’il nous faut est une crème super hydratante, et si l’on a un budget beauté qui le permet, on peut en prendre une différente pour le matin et le soir, plus une pour le décolleté. Enfin, celle pour le contour des yeux, souvent adaptée au contour des lèvres, est indispensable. Il en existe à des prix abordables même si leur coût avoisine celui des crèmes pour le visage, mais avec un nombre de milligrammes dix fois inférieur.

Vous avez peut-être remarqué que tous vos tubes ou pots ont un picto qui indique la durée limite d’utilisation après ouverture du contenant ? Et bien, ne plaisantez pas avec cette date, les produits de beauté se périment vite après ouverture. Choisissez des tubes plutôt que des pots, l’idéal pour l’hygiène et la durée de vie étant le flacon pompe. De même ne réutilisez jamais vos produits solaires d’une année sur l’autre, ils ont traîné bien au chaud dans nos sacs de plage et ont donc subi des écarts de températures importants, enfin si on a eu la chance d’avoir du soleil pendant nos vacances, ce qui n’est pas toujours le cas, hélas !

Alors, le secret : soyez régulière dans vos rituels, démaquillage obligatoire tous les soirs même si vous ne portez ni poudre ni fond de teint, lotion tonique ou rafraîchissante le matin, gommage et masque en alternance une fois par semaine, et pas un jour sans crème ! Vos pouvez en changer régulièrement, c’est une bonne idée et même un plaisir, mais testez quand même le parfum avant de choisir, on peut avoir de très mauvaises surprises…

Surtout, ne pensez pas que la plus onéreuse sera la meilleure, dans votre pot de crème, ce qui coûte le plus cher, c’est le packaging et la publicité, rarement le produit. Dans une crème à 300 €, il y a environ 10 € de produit. Et petite info bonus, chères lectrices, la marque au pot bleu de notre enfance appartient au même groupe spécialiste de cosmétique que la crème au caviar !

Enfin, dernier conseil, si vous passez au bio, ce que je ne saurais trop vous conseiller, sachez que vous trouverez tous les soins de beauté habituels, crèmes, sérums, masques, gommages, démaquillants pour la peau et pour les yeux, dans certaines pharmacies et parapharmacies, en ligne sur de nombreux sites Internet (moins pratique pour tester), et dans les magasins spécialisés bien entendu, où l’on trouve certaines marques en exclusivité.

Pensez aussi aux marques locales, il y en de plus en plus, et c’est bien agréable d’aller découvrir leurs produits. Habitant en Anjou, j’ai la chance d’avoir autour de moi des producteurs de cosmétiques à base de roses, un bonheur, et une note de luxe qui vaut bien… tout l’or du monde !

Certaines d’entre nous font elles-mêmes leurs produits, mais moi, j’avoue que je ne serais pas tranquille. Il est moins grave de rater une tarte au citron que de se tromper dans la composition d’une crème à l’huile essentielle de lavande… En tous les cas, si vous tentez, gardez bien la préparation dans le réfrigérateur.

Et vous, avez-vous testé des recettes miracles, de ces produits de beauté dont vous ne pouvez pas vous passer ? Partageons nos expériences, comme toujours, les conseils sont précieux 😊

À très bientôt,

Corinne