Seniors et battantes

Bonjour, bonjour,

Il y a des jours où nous nous levons le matin, et bof, avouons-le, ce n’est pas la grande forme.

D’abord, il y a ces cheveux blancs qui repoussent (mais pas les autres !) et puis cette mine un peu fatiguée de quelqu’un qui n’a pas tout à fait récupéré de la mauvaise nuit précédente… Car l’insomnie, ça fait partie des problèmes typiquement féminins. A partir de 50 ans, nous sommes deux fois plus nombreuses que les hommes à souffrir d’insomnie… peut-être parce que l’on pense trop ?! Non, ce n’est pas gentil, les hommes pensent aussi, en tous les cas, ceux que l’on aime… Et si nos compagnons dorment la plupart du temps sur leurs deux oreilles, ils ont bien de la chance !

Donc, mauvais réveil, il faut se changer les idées, et pour cela, on ouvre un magazine en prenant son café ou son thé, on surfe un peu sur son smartphone pour voir les infos du matin (pas le meilleur moyen de se remonter le moral, hélas), et de toute façon, rien n’y fait, on ne se sent pas vraiment réconfortées.

Pourquoi ? Mais parce que nous avons la sensation de ne pas exister, comme si Jane Fonda avait avalé tout le potentiel de représentation de la femme senior dans les médias !

Alors, comme ce blog se veut plus énergisant qu’une infusion de ginseng dopée à la caféine, on se remonte le moral, vous êtes d’accord ?

Femmes de plus de 50 ans, tout faux ?!

Les jeunes filles, souvent très jeunes filles, sont sur tous les écrans, leur image fait vendre, des marques de prêt-à-porter ou de cosmétique bien sûr, et tout le reste, des voitures aux smartphones en passant par les hôtels de luxe et les montres en or, ou en plastique.

Au cinéma, à la télévision, sur les réseaux sociaux, éclatantes de jeunesse, elles sont pourtant déjà photoshopées, jamais trop jeunes, jamais trop minces, dans une recherche de perfection qui semble par conséquent impossible à atteindre.

Dans le monde professionnel, c’est un peu différent, ce sont les femmes de 30 à 40 ans qui sont au centre de toutes les attentions, surtout celles des recruteurs. Avant, trop jeunes, manque d’expérience ! Après, trop âgées, supposées moins souples et moins adaptables… On est vite seniors en sport, pour certaines fédérations, c’est 21 ans, mais au bureau, à partir de 45 ans, on a vite fait de vous coller une étiquette « senior », qui n’a pas franchement la valeur qu’on lui donne dans les entreprises américaines, dans lesquelles le titre senior indique un poste à responsabilité…

Naviguez un peu sur Linkedin, le réseau social 100% business. Pas de quinquagénaires, encore moins de sexagénaires etc… Récemment, une responsable RH d’un grand groupe que je ne nommerai pas – il le mériterait pourtant – avouait qu’on lui avait interdit de présenter à sa direction un(e) candidat(e) de plus de 40 ans…

Alors, avons-nous tout faux, nous qui avons dépassé les 50, les 60 ans et plus ?

Battantes et combattantes

Quel âge ont, à votre avis, Christine Lagarde, Angela Merkel, Theresa May ? Nous ne sommes surtout pas obligées d’adhérer à leur vision du monde ni à leurs opinions politiques, mais avouons qu’elles n’ont rien de has been, ces femmes qui sont entrées à l’école au début des années soixante…

Mieux encore – si je puis me permettre – car j’ai une admiration sans faille pour ces femmes qui se battent pour leur peuple, leurs idées : Rigoberta Manchú, 59 ans, prix Nobel de la Paix, Ellen Johnson Sirleaf, élue présidente du Liberia pour la première fois à 67 ans, prix Nobel de la Paix également, qui a effectué son dernier mandat d’élue en janvier 2018 à 80 ans !

Plus près de nous, la présidente du Secours Catholique, Véronique Fayet, a été nommée à la tête de cet organisme à 59 ans, et Claire Hédon, a été élue à ce même poste à 54 ans au sein d’ATD Quart Monde, association que Geneviève de Gaulle-Anthonioz avait dirigé jusqu’à ses 68 ans. Je connais un peu leurs agendas pour avoir travaillé avec ces deux associations, je peux vous assurer qu’il faut avoir à la fois de la motivation et une sacrée vitalité pour tenir leurs engagements !

Quand Meryl Streep, 68 ans, fait une déclaration lors de la cérémonie des Golden Globes contre Donald Trump, discours qui a fait le tour du monde, n’est-elle pas la personnalité qui aura marqué le monde du cinéma en 2017 par son courage, son indépendance et son intelligence ?!

Et si nous parlons cinéma, que dire d’Agnès Varda, qui va fêter cette année ses 90 ans, réalisatrice infatigable, toujours aussi créative ! Elle travaille en duo avec JR, artiste de 35 ans, et le fruit de cette rencontre, le film « Visages, Villages », a été présenté en 2016 à Cannes et nominé aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger. Agnès Varda a reçu un Oscar en 2018 pour l’ensemble de son œuvre, et croyez-moi, à 90 ans, elle n’est pas prête à prendre sa retraite !

Relevons le défi !

Nous avons un vrai combat à mener pour faire entendre notre voix, reconnaître nos talents et notre expérience.

Moi-même, j’ai quitté un travail qui ne me convenait plus à 59 ans, et j’ai retrouvé un emploi deux mois plus tard sur une annonce. Et c’est seulement maintenant que j’ai décidé d’être mon propre employeur, parce que pendant des années, j’ai douté de ma capacité à prendre mon destin en main…

Ce qui vous explique que, s’il y a bien une cause que je souhaite ardemment défendre sur ce blog, c’est la nôtre, celles de toutes les femmes qui se sentent tellement peu représentées, ou seulement de façon épisodique, quand les publicitaires se rappellent qu’elles constituent encore une cible, alors qu’elles ne sont plus des « ménagères de moins de cinquante ans », la catégorie tant aimée des années quatre-vingt…

Et pourtant, sincèrement, nous sommes au top de notre forme, de notre carrière, ou simplement de notre vie, et nous avons encore bien des défis à relever !

Premier défi : refaire son CV

Pour un certain nombre d’entre nous, le couperet est tombé, non, pas celui du changement de dizaine, mais celui qui nous guettait dans notre carrière professionnelle, la perte d’emploi. Tant d’années à travailler pour une entreprise qui ferme ses portes, ou qui délocalise, ou bien qui a décidé brutalement que ses effectifs devaient être divisés par 2 et que ce n’est pas vous, avec vos primes d’ancienneté et vos salaires d’une autre époque, qui allez rester au sein du service logistique…

Si vous envisagez d’avoir recours au Conseil de Prudhommes, j’en profite pour vous glisser un lien vers un article d’Isa de Cannes, blogueuse et juge prudhomal au tribunal de Cannes, cela peut vous être utile https://isadecannes.wordpress.com/2017/11/13/comment-saisir-les-prudhommes/ 

Après avoir oscillé entre dépression et soulagement parce que la vie du service était devenue un enfer, vous avez tout imaginé, et vous avez commencé par la première des étapes qui s’imposent dans ce cas-là, refaire votre CV. Au début sans trop y croire, et finalement, à tout revoir de votre carrière, vous ne savez pas par où commencer ! C’est qu’après 25 ou 30 ans de carrière, vous avez rempli un certain nombre de missions !

Pour bien le rédiger, ce CV, ne mettez pas la liste des postes que vous avez occupés, ni les années. Faites des paragraphes dans lequel vous allez détailler vos compétences, par exemple, accueil du public, ou chargée des relations avec la presse, ou responsable des achats, et détaillez les qualités requises pour ces postes… Et ensuite, vous pourrez faire la liste des entreprises les plus importantes dans lesquelles vous avez exercé ces responsabilités.

C’est beaucoup mieux que d’écrire 1985 à 1992, assistante de direction; 1993 à 2001, chargée de communication… Ce qui compte, c’est ce que vous savez faire, et à plus de cinquante ans, c’est cela la bonne nouvelle, le mantra à répéter tous les matins devant le miroir : JE SAIS FAIRE TOUT ÇA !!!

 

Défi n°2 : créer son entreprise

Vous lirez un millier d’articles au moins sur le sujet, sur le choix à faire entre un statut d’auto-entrepreneur ou d’une autre forme de société, EURL, SASU etc… je ne vais pas en rajouter, mais juste vous recommander un site très bien fait, celui de l’Agence France Entrepreneur https://www.afecreation.fr/

Il existe bien d’autres sites dont la plupart ont de toute évidence des conseils à vendre et non à donner, c’est pour cela que je vous indique celui de l’AFE. Vous pouvez vous inscrire à la newsletter qui est très bien documentée et donne des conseils pertinents.

Tout nous incite à créer notre entreprise, ne serait-ce que pour nous sortir des chiffres du chômage, on s’en doute. Ne vous lancez que si vous êtes certaines de vos compétences, après avoir bien étudié votre marché et testé vos produits ou prestations sur un échantillon de cible, et surtout si vous pouvez compter sur le soutien de votre entourage, car il faut avoir beaucoup de volonté sur le long terme pour ne pas baisser les bras les mois difficiles.

Mais si vous vous sentez pousser des ailes, ENVOLEZ-VOUS !!!

Le vrai défi : apprendre à se faire plaisir !

Et sans culpabiliser, s’il vous plaît ! Se remonter le moral, c’est comme travailler ses muscles ou son souffle, ça s’entretient 😉

Alors, que ce soit un rendez-vous chez le coiffeur, un massage ayurvédique ou une séance de cinéma, pas de limite autre que celle de notre budget évidemment. Et il y a même des plaisirs qui ne coûtent rien : expositions, conférences, concerts en plein air l’été, il y a toujours des sorties gratuites ou fort peu coûteuses. A Angers, j’ai une carte à l’année pour les musées de la ville, 12 € par an pour voir les expositions temporaires et revoir les collections permanentes, ça me permet de prendre mon temps pour ne voir qu’une seule salle à la fois et déguster les œuvres lentement. La « slow culture », un concept à tester !

Evidemment, nous n’avons pas tout à fait le visage de nos 20, ni de nos 30 ans, le matin dans le miroir, mais bonne nouvelle, on a des tas d’astuces pour se faire belles, dont ne bénéficiaient pas nos grands-mères. Des cosmétiques au top et même, si on veut, des injections d’acide hyaluronique, des séances de Cellu M6… Et puis, on a gagné le droit de s’habiller comme on veut ! Regardez des photos de votre bisaïeule à 50 ans, habillée généralement tout en noir, vous aurez l’impression de voir une femme de 80 ans faisant juste un peu plus jeune que son âge… Nous, on n’a pas peur de sortir une robe bariolée si ça nous chante !

Et puis, on peut faire du sport, s’inscrire à un cours de danse ou de yoga, si ça vous dit, vous pouvez lire mon article https://mummywasarollingstone.com/2018/06/07/quel-sport-apres-cinquante-ans/ , et je vous en prépare un sur le yoga bientôt.

Il faut juste profiter de la vie, s’offrir un voyage à deux ou un weekend avec votre fille, préparer une sortie en famille, partager une soirée entre amies… Ou réaliser ce tout petit rêve, ce truc que l’on a toujours eu envie de faire et qu’on a sans cesse reporté : passer la nuit dans une cabane dans les arbres, se louer une Harley pour la journée, partir au bord de la mer sur un coup de tête, que sais-je, car pour tout voir en rose, il n’y a rien de tel que de SE FAIRE PLAISIR 😊

Et vous, avez-vous envie de raconter votre expérience, de nous dire en quoi votre âge a pu vous limiter ou au contraire vous aider parfois à trouver des solutions ? Nous en parlerons ensemble bien volontiers car nous sommes toutes concernées.

A bientôt !
Corinne