Keith Richards, mixed emotions

Chicago, New Orleans, Philadelphia, Houston… été 2019, les Rolling Stones repartent en tournée ! Après l’opération de Mick Jagger en juin dernier, à peine un mois plus tard, les Stones sont donc de nouveau sur la route pour la tournée No filter US. Les glimmer twins sont en pleine forme, au grand soulagement de leurs fans, dont je suis, ça ne vous aura pas échappé !

Il y a quelques années, on n’aurait pas parié un penny sur les chances de Keith Richards d’être encore sur scène en cet été 2019, soit à près de 76 ans, après des années d’addiction à toutes les drogues, à l’alcool et la cigarette. L’addiction des stars du rock, c’est évidemment un sujet récurrent, que les médias traitent le plus souvent sous l’angle de la vie trépidante et de l’argent facile. Keith Richards, lui qui se vante d’avoir enterré tous les médecins qui lui avaient prédit une mort certaine dans les six mois, raconte une histoire un peu différente.

Keith Richards et les Stones, retour dans les 60s

Keith se confia un jour sur les premières années des Rolling Stones, lorsqu’ils se déplaçaient d’une ville à l’autre dans une fourgonnette absolument hors d’état, gagnant à chaque concert juste de quoi passer la soirée et remettre de l’essence le lendemain matin dans le van. Leur rythme de vie était impossible à soutenir : arriver l’après-midi dans une nouvelle ville, prendre possession de la salle de spectacle pour installer le matériel, faire les balances, jouer à fond de 21h à minuit ou plus, puis démonter et ranger dans le camion…

Keith Richards années 60
Photo Dina Regine

Ensuite, après le concert, manger enfin, à condition de trouver un endroit pour vous accueillir à cette heure tardive, mais en général, il ne reste que les pubs à cette heure de la nuit, donc, on ne mange pas, on boit des verres, parfois beaucoup, en compagnie de quelques groupies avec qui on passe la nuit, et quand on va dormir au petit jour, il est presque l’heure de reprendre la route pour faire les 300 miles qui te séparent de la ville suivante.  « Un jour, quelqu’un te propose de la cocaïne et tu ne ressens plus la fatigue, tu peux tenir plusieurs jours sans dormir, alors… »

C’est aussi simple que cela, et cela commence toujours ainsi, un bénéfice immédiat qui va se transformer en enfer, celui de l’addiction. Et comme les tournées s’enchaînent, qu’entre chacune, il faut enregistrer, mais aussi faire la fête, (il a 25 ans à l’époque), la suite, c’est la dépendance.

Keith Richards et la cocaïne

L’addiction aux drogues dures, même si elle n’est pas une nouveauté du 20ème siècle, a pris une ampleur évidente dans les années soixante, et a causé la mort de nombreux musiciens, entre autres le tristement célèbre « club des 27 » (voir mon article sur Janis Joplin).

Keith Richards n’a jamais caché le fait qu’il s’est adonné à l’héroïne et la cocaïne pendant toutes ces années, depuis celles où la police londonienne faisait régulièrement des descentes chez les Stones, depuis son arrestation en 1967, jusqu’au moment où, revenu en Angleterre après s’être réfugié sur la Côte d’Azur avec le reste du groupe, il a continué à consommer. Il dit « je n’ai jamais eu de problème avec la drogue, je n’ai eu de problème qu’avec la police ». Humour rock’n roll et néanmoins très british.

Keith Richards souriant sur scène
Photo Jerzy Bednarski

Ce qui peut paraître incroyable, c’est de le voir aujourd’hui, presqu’octogénaire, tirant sur sa cigarette (il les allume les unes sur les autres), et montant sur scène avec la même vitalité qu’à l’époque de Satisfaction.

Je ne vais pas vous conseiller de suivre son exemple, il dit lui-même qu’il doit avoir un organisme de compétition et plaisante volontiers sur le sujet. En revanche, il se livre moins souvent sur les périodes de sa vie où la drogue l’a emporté sur tout le reste, sa vie familiale en particulier, dont il n’aime pas parler. La perte de son fils Tara à l’âge de 2 mois d’une mort subite du nourrisson, l’a marqué à vie. J’ai vu les Stones sur scène le lendemain de sa mort, aux Halles de la Villette à Paris, le concert n’avait pas été annulé, personne n’en a rien su mais Rolling Stone ne signifie pas cœur de pierre et le contrecoup a été d’une violence rare.

Keith Richards : mythes et légendes

Alors bien sûr, on en a raconté des histoires sur les excès et les travers de celui que beaucoup considèrent comme le plus grand rocker de tous les temps. En Angleterre, une vieille plaisanterie dit qu’en cas de guerre nucléaire, seuls survivront les cafards (ça c’est connu !) et Keith Richards (ça c’est possible !).

Il dormirait avec un pistolet sous son oreiller, il voyagerait avec des conserves de sheperd’s pie (sorte de hachis parmentier) car il n’aime manger à peu près que ça, il aurait sniffé les cendres de son père, il se ferait régulièrement changer intégralement le sang dans une clinique suisse…

Sur ses relations avec les autres Stones, il aurait contribué à éjecter Brian Jones (qui n’était pas un personnage particulièrement sympathique, c’est le moins qu’on puisse dire) et aussi Mick Taylor qui avait pris le devant en tant que guitariste solo après la mort de Brian.

Mais aussi, il aurait aidé Charlie Watts, le batteur, à sortir de l’héroïne, Charlie ayant eu la mauvaise idée de s’y mettre tardivement, alors que les autres étaient enfin désintoxiqués. Heureusement pour Charlie, cela n’a pas duré longtemps. Grâce à Keith ?

Avec Ron Wood, c’est une amitié indéfectible. Ronnie (fucking Ronnie Wood !) et ses facéties, son humeur toujours au beau fixe, c’est l’alter ego idéal sur scène comme dans la vie, alors qu’avec Mick, les choses sont plus compliquées….

Mick Jagger et Keith Richards
Photo Andrea Sartorati

Il n’aurait jamais pardonné à Mick Jagger d’avoir eu une liaison avec Anita Pallenberg, la mère de ses 3 premiers enfants, morte en 2017, qui n’avait jamais vraiment décroché de l’héroïne alors que Keith a arrêté en 1980 (il y a près de 40 ans donc !).

Il dit aussi « toutes les petites amies de Mick venaient pleurer sur mon épaule et moi je leur répondais, mais qu’est-ce que je devrais dire, moi, je ne peux même pas divorcer, je suis scotché avec lui ! » Leur relation a toujours été quelque peu conflictuelle, l’un (Mick) jugeant l’autre pas fiable en raison de ses addictions et l’autre (Keith), trouvant Mick trop bourgeois, trop attiré par les hautes sphères de l’aristocratie.

Et puis d’autres anecdotes encore :  il est tombé du haut d’une échelle en cherchant un livre dans son immense bibliothèque, il a failli brûler vif deux fois à cause d’une cigarette fumée au lit, il est tombé à nouveau, cette fois d’un cocotier aux iles Fidji pendant des vacances avec Ron Wood, qui ne boit pas non plus que de l’eau minérale.

Ce qui nous amène directement à Pirate des Caraïbes, film dans lequel Johnny Depp raconte comment le personnage de Keith Richards l’a influencé, au point que la production du film l’intègrera au casting pour jouer le père du capitaine Jack Sparrow, rôle qui lui va comme un gant. Deux légendes, deux images de « mauvais garçons » se retrouvent dans une taverne mal famée sur une île des Caraïbes, la boucle est bouclée. On les a vus ensemble récemment dans un restaurant indien du côté d’Epsom, le tandem ne doit pas être toujours fréquentable !

Keith Richards, plus grand guitariste du monde

Pour moi, évidemment, ça ne fait pas l’ombre d’un doute, mais j’admets que la concurrence est rude. Comme je ne suis pas musicologue, je ne pourrais pas analyser dans les détails ce qui fait l’intensité du jeu de Keith Richards, tout ce que je sais, c’est qu’il y a dans ses célèbres riffs le battement même du cœur du rock’nroll, cette musique qui a maintenant bien plus d’un demi-siècle alors qu’on lui prédisait une mort rapide (ça a bien failli arriver avec la bouillie musicale disco des années 80).

Keith Richards sur scène en 2006
Photo Patrick Baumbach

Pour les Stones, on a eu un peu peur quand même, quand, après Exile on Main Street, le double album composé à la villa Nellcôte en France, le tournant musical pris à l’initiative de Mick Jagger a fait un peu frémir d’horreur les fans. Mais c’était sans compter avec la force des racines musicales dans lequel le groupe puise son énergie, le blues, le country, le ryhtm and blues, et surtout le plus authentique du rock’n roll de Chuck Berry notamment.

Chuck Berry, qui était l’idole du tout jeune Keith Richards, et dont il portait religieusement un disque sous le bras le jour de la première rencontre avec Mick Jagger sur un quai de gare, les fans des Stones connaissent l’histoire. Et bien avec Chuck Berry, le courant n’est jamais passé sur le plan humain, alors que bien sûr, sur le plan musical, la filiation est évidente et revendiquée par les Stones. Curieux, non ?

Keith Richards, mixed emotions ?

Pourquoi Keith Richards m’émeut tant, j’ai un peu de mal à l’expliquer, car il a parfois des « sorties » plutôt brutales et volontairement choquantes. Peut-être pour la seule addiction qui lui restera jusqu’au bout, celle qui l’enchaîne à la musique. Peut-être pour sa capacité à pratiquer l’auto-dérision, pour sa fragilité réelle, que l’on ressent tellement lorsqu’il chante.

Car il chante aussi, avec une voix aux inflexions rauques, un fond permanent de tristesse qui perce derrière le sourire qu’il arbore de plus en plus sur scène, tellement heureux d’être là. « It’s good to be there, it’s good to be anywhere », « Je suis heureux d’être ici, je suis heureux d’être n’importe où. », (c’est bon d’exister tout simplement ?).

Keith Richards chante, et on finira avec ce très beau morceau si ça vous dit « This place is empty without you » de l’album A Bigger Band à écouter ici

A très bientôt à tou.te.s, soyez rock’n roll si cela vous dit, car de toute évidence, ça conserve ! 😉

Passez un bel été en musique oh yeah !
Corinne

Photo couverture : Concert Turin 2013 Creative Commons Wikimedia by Gorupdebesanez

All photos Creative Commons Wikimedia

 

Voyager autrement

Avec l’été et les vacances, vous avez peut-être envie de vous échapper des grandes routes, des lieux surpeuplés, et de découvrir des endroits un peu à l’écart, il y en a tant qui « méritent le détour » comme disent les bons vieux guides de voyage.

Ces escapades sur les itinéraires « verts » sont autant de démarches pour une autre forme de tourisme, mot devenu tellement péjoratif que l’on ose à peine l’utiliser, tant il fait référence à des phénomènes de consommation de masse et à des comportements générateurs de pollutions de toutes sortes.

Voyager autrement, cela peut se faire par goût, simplement parce que l’idée de faire des heures de routes encombrées pour arriver sur les plages bondées ressemble pour vous au pire des cauchemars. Cela peut être aussi par conviction : de nombreuses personnes refusent maintenant le transport aérien et ses dramatiques émissions de gaz à effet de serre. D’autres pensent qu’envahir un pays soudainement mis à la mode par les agences de voyage ne peut avoir que des effets néfastes sur l’équilibre d’une société et de son environnement.

Lorsqu’on découvre cette nouvelle façon de voyager qu’on appelle souvent le « slow tourism », on revient rarement en arrière, tant il est agréable de respirer à l’écart de la foule, tout en faisant souvent des rencontres exceptionnelles sur le chemin des vacances.

Pointe du Van - Finistère
Pointe du Van, promenade en Finistère, en juillet, air iodé et calme assuré, le bonheur.

Le slow tourism

Cette nouvelle façon de voyager a pour principale idée que la route est le voyage. Qu’il ne s’agit pas en vacances de partir d’un point A pour arriver à un point B le plus rapidement possible, mais de profiter des journées et du temps enfin libéré pour faire du voyage en « hors-piste ». Ceci n’exclut pas de se rendre dans une destination choisie à l’avance, mais propose simplement que la route soit jalonnée d’étapes inattendues, de découvertes faites au hasard de l’inspiration, d’un panneau qui indique un village au joli nom poétique, un site exceptionnel, un musée rare…

On peut aussi faire le choix de partir pour le plaisir de ressentir une forme de liberté inédite, à vélo ou à pied, découvrir la joie de randonner avec un sac de couchage et un bagage sur les épaules aussi léger que l’esprit, et prendre la route en toute sérénité. C’est évident, on ne fera pas le tour du monde à ce rythme-là si l’on ne dispose que de deux ou trois semaines de vacances, mais on peut faire le tour d’une partie du Massif Central ou de la pointe de Bretagne (même en août, il y a des villages et des plages encore peu fréquentées…), et profiter du plaisir de se poser dans des endroits de rêve, au calme, avec l’accueil chaleureux d’habitants qui ne se sentiront pas envahis par votre présence respectueuse de la beauté de leur région.

Evidemment, l’été n’est pas la meilleure saison pour partir sans réserver, le tourisme dit « vert » est de plus en plus développé grâce à la promotion que font les régions et territoires pour attirer les visiteurs. Il faudra sans doute réserver à l’avance en cette saison, sauf si vous pratiquez le bivouac. Alors, si l’envie de partir vous prend un peu au dernier moment, il vous reste à activer votre moteur de recherche et vos applis pour trouver le meilleur hébergement possible sur la route de vos vacances. Mon petit conseil, essayez de réserver directement chez les hébergeurs, vous paierez le même prix et leur éviterez les commissions parfois scandaleuses de principaux sites de réservation en ligne !

Nous, nous sommes des inconditionnels de la chambre d’hôtes, pour l’accueil, le confort; certaines vous donnent l’impression d’arriver dans votre chambre, comme si c’était celle de la maison de famille de toujours. Et rien que chercher sur le web, c’est un plaisir, les photos sont en général tellement belles que le voyage commence déjà… En plus, les propriétaires de chambres d’hôtes sont souvent engagés dans une démarche respectueuse de l’environnement, vous offrant cuisine bio et produits du terroir, quoi de mieux ?

Les chambres d’hôtes, des havres de paix

Notre premier séjour en chambre d’hôtes a été lors d’une escapade dont nous rêvions depuis longtemps, amoureux que nous sommes de la Bretagne, un weekend à la pointe du Raz. Nous avons trouvé une chambre d’hôtes qui était l’unique d’une belle vieille maison sur le port de Kérity, à Penmarch, un de nos endroits préférés en Bretagne. L’accueil de la maîtresse de maison, son attachement à sa région, sans parler des crêpes du petit déjeuner, en a fait pour nous un premier port d’attache dans nos balades en France.

Plus au nord de la Bretagne mais toujours dans le Finistère, nous avons découvert la Côte des légendes, et y avons arpenté des plages sauvages, magnifiques… Nous y avons rencontré un cuisinier amoureux de « slow food », comme quoi tout est lié. A sa table le soir, nous avons partagé un « kig ha farz », le délicieux pot au feu breton qui doit mijoter des heures sur le feu. J’avoue que, même devenue végétarienne depuis, j’aurai du mal à résister à ce plat préparé avec un tel soin si on y retourne.

Une autre fois, nous avons inauguré une chambre d’hôtes, toujours en Bretagne, au coeur de la baie d’Audierne, nous étions les premiers clients accueillis par des propriétaires inquiets de ne pas avoir tout bien réussi pour leur confort et leur plaisir, et croyez-moi, c’était tout simplement féerique. La chambre, avec son salon et son entrée indépendante, a été aménagée dans une petite tour, avec une décoration superbe et une terrasse au sommet pour prendre le soleil et regarder la mer, le tout dans un grand jardin avec vue sur la campagne, un rêve.

Lac de Vassivière - Plateau de Millevaches
Lac de Vassivière – Plateau de Millevaches – un paradis !

De belles rencontres

Chaque fois que nous avons aimé notre séjour dans une chambre d’hôtes, nous avons eu envie d’y revenir et cela a été parfois le cas, au point que nous restons en relation avec les propriétaires, un petit mot sur Facebook, un commentaire sur Instagram, et on n’oublie jamais de partager pour les recommander à nos familles et relations !

Plus encore, nous avons rencontré une de nos meilleures amies sur le plateau de Millevaches, terre de randonnées s’il en est. Le premier contact fut tellement chaleureux que nous sommes revenus, puis venus encore une fois et que peut-être grâce à elle, nous avons enfin trouvé la maison de nos rêves, celle dont je vous parlais récemment dans cet article. Je dis peut-être, je touche du bois car je suis très superstitieuse mais je vous promets un long article (et même plusieurs) si tout se passe bien !

Quand nous y sommes arrivés, nous avons été sous le charme de cette belle maison de pays, tout en pierres, aménagée et décorée avec tellement de soin que toute l’âme de la demeure se révèle par des petites touches raffinées, mettant en scène un passé plein de douceur et une tradition d’accueil préservée.

C’était un ancien hôtel avec sa salle à manger, sa salle de café, et ses chambres qui sont devenues lumineuses, son jardin poétique en plein cœur du village. Sa propriétaire nous a raconté l’histoire du lieu, puis nous avons échangé sur nos racines limousines, sur la vie de cette belle région, sur la Catalogne (le pays de mon mari) et ce fut le début d’une belle amitié.

L’art de voyager

Comme nous avons adopté cet art de voyager, nous avons du mal à changer nos habitudes. Il n’y a pas longtemps, nous avons dû faire un voyage ultra-rapide mais nécessitant une halte vu la distance à parcourir. Comme tout le trajet était sur l’autoroute, nous aurions pu choisir un hôtel de chaîne pas loin d’une sortie, mais nous avons préféré faire une dizaine de kilomètres dans la campagne pour passer la nuit dans une jolie maison nichée dans les vignes, avec un jardin fleuri, des chambres décorées avec goût et un accueil souriant malgré l’heure tardive (nous avions prévenu bien sûr). Je vous donnerai toutes mes adresses en fin d’article, ne ratez pas celle-ci si vous passez près de Bordeaux.

Pour un séjour plus long, louer un gîte à la campagne est une bonne solution aussi, (ou un appartement si l’on décide de visiter une ville). Et là, je trouve que l’important n’est pas de voir le plus de choses possibles, mais de prendre le temps de découvrir l’endroit où l’on est, de sentir la vie qui y est forcément différente de ce que l’on connaît, parler avec des gens dans la rue, prendre un café plusieurs fois de suite au même endroit, il suffit de peu pour créer un lien, et se faire de merveilleux souvenirs.

Il nous est arrivés de passer quelque temps dans un endroit et d’entendre ensuite « ah mais vous étiez à côté de B….o ou de T……..a, vous avez vu le château de… ? » Et bien non, pour la plus grande surprise de nos interlocuteurs, nous avouons que nous avons préféré passer quelques jours au calme, nous promener dans la montagne, que de faire le tour des sites touristiques de la région. Cela nous a permis de rencontrer des habitants du village et de parler avec des personnes que nous n’aurions jamais connues si nous nous étions seulement arrêtés une soirée.

Voyager plutôt que visiter, rencontrer plutôt que croiser, ce sont vraiment les bénéfices du tourisme lent, allez, cette fois je traduis le terme anglais, après tout, il est facile à transposer, profitons-en !

Sur ce, je vous souhaite un bel été, je vous donne nos adresses de bon cœur car un blog, c’est fait pour partager aussi les bons plans (garantis sans publicité et en toute amitié pour ces personnes qui nous ont si bien accueillis).

A bientôt !
Corinne

Plateau de Millevaches

  • Le Verrou à Nedde 87120 (proche lac de Vassivière) http://leverrou.com/
    Ma préférée bien sûr 😊 Et si vous voulez plein d’idées de randonnées, de belles balades dans la région, je vous promets un article entier !
Le jardin du Verrou à Nedde
Un jardin poétique

Bretagne

Bordelais

Ardèche

Photos personnelles sauf celle de couverture qui est de Chris Leggat pour Unsplash.

Plaidoyer pour les arbres

Bonjour, bonjour, mes ami.e.s,

En ces chaudes journées d’été largement commentées dans les médias, c’est le moment de se rappeler que l’un des meilleurs moyens de se protéger de la chaleur, c’est de se réfugier dans le jardin, dans un parc, en forêt, pour aller chercher de la fraîcheur sous les arbres (sauf en cas d’orage bien sûr !)

Cela semble évidemment plus facile lorsque l’on vit à la campagne et pourtant, le remembrement qui a consisté à regrouper des hectares de terre pour constituer des propriétés agricoles d’un seul tenant, a été une catastrophe dans certaines régions où l’on peut voir des zones entières ravagées par la sécheresse ou les inondations. 750 000 kms de haies vives arrachées entre 1960 et 1980… un désastre écologique.

Femme assise dans un parc
En ville, les parcs sont des oasis de fraîcheur

En ville, encore faut-il avoir la chance de posséder un jardin, ou d’habiter à proximité d’un parc, ce qui n’est pas toujours le cas, nos villes n’ayant souvent d’espaces verts que dans certains « beaux » quartiers… Alors que la végétalisation, y compris des immeubles et des toitures, offre une solution absolument extraordinaire pour garder oxygène et fraîcheur, le béton continue à nous étouffer.

Alors voici mon plaidoyer pour les arbres. Dans nos villes, nos campagnes et dans le monde, ils sont la vie de cette planète, et par conséquent la nôtre.

Des arbres dans la ville

On le sait, les arbres absorbent une quantité d’eau et de gaz carbonique qu’ils rejettent ensuite sous forme d’oxygène. Leur capacité d’absorption du gaz carbonique est telle que si l’on couvrait toutes nos villes de végétaux et d’arbres, nos problèmes de pollution atmosphérique ne serait plus qu’une petite partie de nos soucis environnementaux. Cela nous laisserait pas mal d’autres problèmes à traiter, et il nous faudra de toute façon en finir avec les émanations de gaz polluants, mais c’est une solution facile à mettre en œuvre dans un premier temps.

Immeuble entièrement végétalisé
Un rêve d’architecture verte

Les politiques urbaines actuelles sont extrêmement en retard de ce point de vue, alors que l’on sait que la plantation d’arbres en ville a pour effet de faire baisser la pollution, la température, et même le stress. Certaines villes expérimentent la plantation d’arbres dans des quartiers dits « à problèmes » et voient baisser le nombre des agressions et des faits de délinquance. Or combien voit-on d’arbres abattus dans nos villes pour toujours plus de béton, de ronds-points, de centres commerciaux…

La ville d’Angers dont je vous parle toujours puisque j’y habite, est connue pour ses espaces verts en plein centre-ville (jardin du Mail, jardin des Plantes, parc Bellefontaine) ou dans les quartiers de bord de Maine, et la région compte nombre d’entreprises spécialisées dans l’horticulture et la production de végétaux.

Or, cela fait quelques années qu’on y voit des arbres centenaires abattus pour réaménager des « espaces urbains » dans lesquels on replante ensuite, des sortes de manches à balais dont l’ombrage n’a rien à voir avec nos platanes centenaires. En plus, enchâssés dans le béton sur les trottoirs tout neufs, ils ont peu de chance de survie…

Alors, dès que je peux, je m’enfuis en forêt, bref, je fais de la sylvothérapie.

Promeneur en forêt

Qu’est-ce que la sylvothérapie ?

Le mot s’est répandu ces dernières années dans la presse et sur le web : la sylvothérapie, image d’une promesse de sérénité, d’un moment de totale déconnexion en pleine nature.

Le mot sylvothérapie n’est pas très joli, mais il a le mérite de mettre en évidence le pouvoir extraordinaire qu’ont les arbres de nous apaiser, de prendre soin de nous qui ne le leur rendons pas toujours… Les images de ceux qui prônent la sylvothérapie nous proposent d’enlacer les troncs d’arbres pour mieux sentir la vie qui palpite en eux, mais il n’est nul besoin de se frotter à la mousse des chênes pour se sentir revivre, il suffit juste de respirer un air chargé en ions négatifs, qui, contrairement à ce que leur nom pourrait faire croire, sont les ions qui vont se charger de nous redonner équilibre, énergie et santé, les ions positifs étant générés par nos ordinateurs, appareils ménagers, moquettes…

En forêt, les ions négatifs sont à peu près en mêmes quantités qu’au bord de la mer, entre 3 et 4 000 ions négatifs par cm3 d’air. En montagne on grimpe, c’est le cas de le dire, à 8 000 unités par cm3, le sommet étant atteint au pied d’une cascade, avec 50 000 ions négatifs par cm3 d’air. Vous l’aurez compris, pour se revigorer le corps et l’esprit, il faut chercher une cascade en forêt le plus haut possible dans la montagne. Je l’ai fait il n’y a pas longtemps en randonnée dans le pays basque et je peux vous assurer que redescendre ensuite « sur terre » a été un peu difficile ! Mais les bienfaits sont évidents même après plusieurs jours.

Des journées entières dans les arbres

J’ai eu beaucoup de chance, j’avais des grands-parents qui habitaient tout près d’une très belle forêt, et la sylvothérapie, mon grand-père l’avait inventée bien avant que le mot n’apparaisse ! Lui qui vivait du travail du bois – il était ébéniste – avait pour les arbres un amour et un respect absolu. Grâce à lui, j’ai appris en forêt à reconnaître les essences d’arbres, frênes, hêtres, ormes, bouleaux, mélèzes, noisetiers, merisiers… et bien sûr toute la faune qui vit (ou plutôt vivait…) sous les feuilles et sur les branches.

Combien d’enfants rêvent de construire une cabane dans les arbres ! Beaucoup l’ont fait, et certains adultes aussi, d’ailleurs, de nombreux gîtes et chambres d’hôtes proposent des nuits perchées dans les arbres au sein de la forêt, un véritable havre de paix en pleine nature.

Une cure de sylvothérapie

J’ai des enfants adeptes du bivouac, un mode de camping très réglementé mais autorisé contrairement à ce que l’on pourrait croire. Il faut juste planter sa tente à la tombée de la nuit et partir au lever du jour, sans rien laisser derrière soi bien entendu. Ils le font toujours en forêt, dans un coin de montagne et près d’une cascade, c’est bien vu ! Et sans allumer de feu, faut-il le préciser ?

Les arbres se parlent entre eux

Les arbres communiquent, on le sait maintenant de manière scientifique, même si on s’en doutait un peu… et pas uniquement pour être fan du Seigneur des Anneaux, (je le suis !), roman dans lequel le vieux Sylvebarbe est un personnage clé, absolument fascinant.

Les arbres sont capables de s’entraider, de s’alerter des dangers susceptibles de les menacer (maladies, champignons, sécheresse…). Le succès du livre de Peter Wohlleben – un ingénieur forestier repenti après de longues années de travail de déforestation – « La vie secrète des arbres », a été une révélation pour nombre d’entre nous. Pourtant, les biologistes le savaient depuis des années, les arbres ont une vie sociale, ils sont capables de nourrir les souches d’arbres tombés à terre ou coupés par une production de sucre qu’ils leur envoient à travers leurs racines. Quant aux sous-bois ce sont les seuls espaces où la terre est encore préservée de l’activité mortifère des cultures industrielles et révèle des richesses de faune et flore insoupçonnables aux yeux du promeneur.

Cultiver en harmonie avec la terre

Les pionniers de la permaculture, le japonais Masanobu Fukuoka, puis les australiens Bill Mollison et David Holmgren, n’ont d’ailleurs fait rien d’autre qu’observer dans un premier temps comment la vie renaît en forêt, à partir des souches et des résidus de branches et de feuilles qui pourrissent lentement pour former cette couche d’humus sur laquelle tout peut pousser, plantes, champignons, et même de nouveaux arbres. Et sur des terres abandonnées, sur lesquelles la main de l’homme n’est pas intervenue depuis des années, on voit les premières plantes repousser, les plantes dites « pionnières », et les arbres revenir peu à peu, les plus solides et adaptés au climat en premier, comme s’ils préparaient le terrain pour les plus faibles qui n’arriveront qu’ensuite.

En permaculture, on apprend à travailler en commençant par s’asseoir et observer ce que fait la nature. Puis on s’en inspire en utilisant les connexions entre les végétaux, on plante des buttes destinées aux cultures maraîchères à proximité des haies d’arbres, on y adjoint des végétaux « amis » et surtout, on laisse les plantes s’organiser spontanément sur un sol qu’on aura enrichi sans le retourner, juste en l’aérant. Parce que la terre est comme notre peau, si on met le derme à nu, on la fragilise gravement, et bien pour les sols, c’est pareil. Alors on crée des buttes qu’on enrichit avec du bois mort récupéré en forêt, qui deviendra le ferment des cultures à venir.

Les arbres sont essentiels à la vie

Je suppose que vous avez une petite idée sur la question, et que vous savez pourquoi on parle de l’Amazonie par exemple, comme étant le poumon de la terre.

Depuis plus de trente ans, l’avidité des géants de l’agro-alimentaire, l’extractivisme (activité liée aux minerais, or, nickel, lithium…) et l’élevage intensif qui demande des espaces pour les bêtes mais aussi pour leur alimentation, a fait que la déforestation sur cette planète a pris des proportions inquiétantes.

Car même si un rapport récent montre une augmentation globale des zones boisées dans le monde, il est un fait indéniable : des pays, des régions entières font l’objet d’une effroyable mise à sac, pour des raisons liées à toutes les formes de rentabilité immédiate que certaines entreprises, légales ou illégales, font passer avant la préservation de la planète et de ses extraordinaires écosystèmes.

Forêt tropicale
Toute la beauté d’un monde en danger

Récemment, des chercheurs américains ont prouvé que replanter des arbres sur toute la planète (on disposerait à l’heure actuelle sur terre d’un espace de la taille des Etats-Unis pour replanter 1 200 milliards d’arbres) pourrait contribuer à la sauver des émanations de gaz carbonique et de la hausse des températures. C’est un projet « pharaonique », mais ne faudrait-il pas commencer par sauver les forêts qui existent, boycotter les marques qui participent à cette destruction massive, et ne pas oublier que les forêts d’Amazonie, d’Afrique ou d’Indonésie abritent des peuples qui sont les meilleurs gardiens de la forêt, et donc de la planète ?

J’en profite pour vous parler de mon engagement pour les peuples autochtones d’Amazonie, une association que j’ai créée avec plusieurs personnes engagées dans la défense de ces extraordinaires peuples que sont les indiens Tikuna, Murui, Yanomami… et tant d’autres qui luttent pour leur survie, celle de la forêt et donc de notre planète. Si cette cause vous intéresse et que vous voulez en savoir plus, je vous donne le lien ici

Passez un bel été, sous les arbres, en montagne ou dans l’eau, mais toujours dans l’amour de la nature !

Je vous embrasse,
Corinne