Plaidoyer pour les arbres

Bonjour, bonjour, mes ami.e.s,

En ces chaudes journées d’été largement commentées dans les médias, c’est le moment de se rappeler que l’un des meilleurs moyens de se protéger de la chaleur, c’est de se réfugier dans le jardin, dans un parc, en forêt, pour aller chercher de la fraîcheur sous les arbres (sauf en cas d’orage bien sûr !)

Cela semble évidemment plus facile lorsque l’on vit à la campagne et pourtant, le remembrement qui a consisté à regrouper des hectares de terre pour constituer des propriétés agricoles d’un seul tenant, a été une catastrophe dans certaines régions où l’on peut voir des zones entières ravagées par la sécheresse ou les inondations. 750 000 kms de haies vives arrachées entre 1960 et 1980… un désastre écologique.

Femme assise dans un parc
En ville, les parcs sont des oasis de fraîcheur

En ville, encore faut-il avoir la chance de posséder un jardin, ou d’habiter à proximité d’un parc, ce qui n’est pas toujours le cas, nos villes n’ayant souvent d’espaces verts que dans certains « beaux » quartiers… Alors que la végétalisation, y compris des immeubles et des toitures, offre une solution absolument extraordinaire pour garder oxygène et fraîcheur, le béton continue à nous étouffer.

Alors voici mon plaidoyer pour les arbres. Dans nos villes, nos campagnes et dans le monde, ils sont la vie de cette planète, et par conséquent la nôtre.

Des arbres dans la ville

On le sait, les arbres absorbent une quantité d’eau et de gaz carbonique qu’ils rejettent ensuite sous forme d’oxygène. Leur capacité d’absorption du gaz carbonique est telle que si l’on couvrait toutes nos villes de végétaux et d’arbres, nos problèmes de pollution atmosphérique ne serait plus qu’une petite partie de nos soucis environnementaux. Cela nous laisserait pas mal d’autres problèmes à traiter, et il nous faudra de toute façon en finir avec les émanations de gaz polluants, mais c’est une solution facile à mettre en œuvre dans un premier temps.

Immeuble entièrement végétalisé
Un rêve d’architecture verte

Les politiques urbaines actuelles sont extrêmement en retard de ce point de vue, alors que l’on sait que la plantation d’arbres en ville a pour effet de faire baisser la pollution, la température, et même le stress. Certaines villes expérimentent la plantation d’arbres dans des quartiers dits « à problèmes » et voient baisser le nombre des agressions et des faits de délinquance. Or combien voit-on d’arbres abattus dans nos villes pour toujours plus de béton, de ronds-points, de centres commerciaux…

La ville d’Angers dont je vous parle toujours puisque j’y habite, est connue pour ses espaces verts en plein centre-ville (jardin du Mail, jardin des Plantes, parc Bellefontaine) ou dans les quartiers de bord de Maine, et la région compte nombre d’entreprises spécialisées dans l’horticulture et la production de végétaux.

Or, cela fait quelques années qu’on y voit des arbres centenaires abattus pour réaménager des « espaces urbains » dans lesquels on replante ensuite, des sortes de manches à balais dont l’ombrage n’a rien à voir avec nos platanes centenaires. En plus, enchâssés dans le béton sur les trottoirs tout neufs, ils ont peu de chance de survie…

Alors, dès que je peux, je m’enfuis en forêt, bref, je fais de la sylvothérapie.

Promeneur en forêt

Qu’est-ce que la sylvothérapie ?

Le mot s’est répandu ces dernières années dans la presse et sur le web : la sylvothérapie, image d’une promesse de sérénité, d’un moment de totale déconnexion en pleine nature.

Le mot sylvothérapie n’est pas très joli, mais il a le mérite de mettre en évidence le pouvoir extraordinaire qu’ont les arbres de nous apaiser, de prendre soin de nous qui ne le leur rendons pas toujours… Les images de ceux qui prônent la sylvothérapie nous proposent d’enlacer les troncs d’arbres pour mieux sentir la vie qui palpite en eux, mais il n’est nul besoin de se frotter à la mousse des chênes pour se sentir revivre, il suffit juste de respirer un air chargé en ions négatifs, qui, contrairement à ce que leur nom pourrait faire croire, sont les ions qui vont se charger de nous redonner équilibre, énergie et santé, les ions positifs étant générés par nos ordinateurs, appareils ménagers, moquettes…

En forêt, les ions négatifs sont à peu près en mêmes quantités qu’au bord de la mer, entre 3 et 4 000 ions négatifs par cm3 d’air. En montagne on grimpe, c’est le cas de le dire, à 8 000 unités par cm3, le sommet étant atteint au pied d’une cascade, avec 50 000 ions négatifs par cm3 d’air. Vous l’aurez compris, pour se revigorer le corps et l’esprit, il faut chercher une cascade en forêt le plus haut possible dans la montagne. Je l’ai fait il n’y a pas longtemps en randonnée dans le pays basque et je peux vous assurer que redescendre ensuite « sur terre » a été un peu difficile ! Mais les bienfaits sont évidents même après plusieurs jours.

Des journées entières dans les arbres

J’ai eu beaucoup de chance, j’avais des grands-parents qui habitaient tout près d’une très belle forêt, et la sylvothérapie, mon grand-père l’avait inventée bien avant que le mot n’apparaisse ! Lui qui vivait du travail du bois – il était ébéniste – avait pour les arbres un amour et un respect absolu. Grâce à lui, j’ai appris en forêt à reconnaître les essences d’arbres, frênes, hêtres, ormes, bouleaux, mélèzes, noisetiers, merisiers… et bien sûr toute la faune qui vit (ou plutôt vivait…) sous les feuilles et sur les branches.

Combien d’enfants rêvent de construire une cabane dans les arbres ! Beaucoup l’ont fait, et certains adultes aussi, d’ailleurs, de nombreux gîtes et chambres d’hôtes proposent des nuits perchées dans les arbres au sein de la forêt, un véritable havre de paix en pleine nature.

Une cure de sylvothérapie

J’ai des enfants adeptes du bivouac, un mode de camping très réglementé mais autorisé contrairement à ce que l’on pourrait croire. Il faut juste planter sa tente à la tombée de la nuit et partir au lever du jour, sans rien laisser derrière soi bien entendu. Ils le font toujours en forêt, dans un coin de montagne et près d’une cascade, c’est bien vu ! Et sans allumer de feu, faut-il le préciser ?

Les arbres se parlent entre eux

Les arbres communiquent, on le sait maintenant de manière scientifique, même si on s’en doutait un peu… et pas uniquement pour être fan du Seigneur des Anneaux, (je le suis !), roman dans lequel le vieux Sylvebarbe est un personnage clé, absolument fascinant.

Les arbres sont capables de s’entraider, de s’alerter des dangers susceptibles de les menacer (maladies, champignons, sécheresse…). Le succès du livre de Peter Wohlleben – un ingénieur forestier repenti après de longues années de travail de déforestation – « La vie secrète des arbres », a été une révélation pour nombre d’entre nous. Pourtant, les biologistes le savaient depuis des années, les arbres ont une vie sociale, ils sont capables de nourrir les souches d’arbres tombés à terre ou coupés par une production de sucre qu’ils leur envoient à travers leurs racines. Quant aux sous-bois ce sont les seuls espaces où la terre est encore préservée de l’activité mortifère des cultures industrielles et révèle des richesses de faune et flore insoupçonnables aux yeux du promeneur.

Cultiver en harmonie avec la terre

Les pionniers de la permaculture, le japonais Masanobu Fukuoka, puis les australiens Bill Mollison et David Holmgren, n’ont d’ailleurs fait rien d’autre qu’observer dans un premier temps comment la vie renaît en forêt, à partir des souches et des résidus de branches et de feuilles qui pourrissent lentement pour former cette couche d’humus sur laquelle tout peut pousser, plantes, champignons, et même de nouveaux arbres. Et sur des terres abandonnées, sur lesquelles la main de l’homme n’est pas intervenue depuis des années, on voit les premières plantes repousser, les plantes dites « pionnières », et les arbres revenir peu à peu, les plus solides et adaptés au climat en premier, comme s’ils préparaient le terrain pour les plus faibles qui n’arriveront qu’ensuite.

En permaculture, on apprend à travailler en commençant par s’asseoir et observer ce que fait la nature. Puis on s’en inspire en utilisant les connexions entre les végétaux, on plante des buttes destinées aux cultures maraîchères à proximité des haies d’arbres, on y adjoint des végétaux « amis » et surtout, on laisse les plantes s’organiser spontanément sur un sol qu’on aura enrichi sans le retourner, juste en l’aérant. Parce que la terre est comme notre peau, si on met le derme à nu, on la fragilise gravement, et bien pour les sols, c’est pareil. Alors on crée des buttes qu’on enrichit avec du bois mort récupéré en forêt, qui deviendra le ferment des cultures à venir.

Les arbres sont essentiels à la vie

Je suppose que vous avez une petite idée sur la question, et que vous savez pourquoi on parle de l’Amazonie par exemple, comme étant le poumon de la terre.

Depuis plus de trente ans, l’avidité des géants de l’agro-alimentaire, l’extractivisme (activité liée aux minerais, or, nickel, lithium…) et l’élevage intensif qui demande des espaces pour les bêtes mais aussi pour leur alimentation, a fait que la déforestation sur cette planète a pris des proportions inquiétantes.

Car même si un rapport récent montre une augmentation globale des zones boisées dans le monde, il est un fait indéniable : des pays, des régions entières font l’objet d’une effroyable mise à sac, pour des raisons liées à toutes les formes de rentabilité immédiate que certaines entreprises, légales ou illégales, font passer avant la préservation de la planète et de ses extraordinaires écosystèmes.

Forêt tropicale
Toute la beauté d’un monde en danger

Récemment, des chercheurs américains ont prouvé que replanter des arbres sur toute la planète (on disposerait à l’heure actuelle sur terre d’un espace de la taille des Etats-Unis pour replanter 1 200 milliards d’arbres) pourrait contribuer à la sauver des émanations de gaz carbonique et de la hausse des températures. C’est un projet « pharaonique », mais ne faudrait-il pas commencer par sauver les forêts qui existent, boycotter les marques qui participent à cette destruction massive, et ne pas oublier que les forêts d’Amazonie, d’Afrique ou d’Indonésie abritent des peuples qui sont les meilleurs gardiens de la forêt, et donc de la planète ?

J’en profite pour vous parler de mon engagement pour les peuples autochtones d’Amazonie, une association que j’ai créée avec plusieurs personnes engagées dans la défense de ces extraordinaires peuples que sont les indiens Tikuna, Murui, Yanomami… et tant d’autres qui luttent pour leur survie, celle de la forêt et donc de notre planète. Si cette cause vous intéresse et que vous voulez en savoir plus, je vous donne le lien ici

Passez un bel été, sous les arbres, en montagne ou dans l’eau, mais toujours dans l’amour de la nature !

Je vous embrasse,
Corinne