Voyager autrement

Avec l’été et les vacances, vous avez peut-être envie de vous échapper des grandes routes, des lieux surpeuplés, et de découvrir des endroits un peu à l’écart, il y en a tant qui « méritent le détour » comme disent les bons vieux guides de voyage.

Ces escapades sur les itinéraires « verts » sont autant de démarches pour une autre forme de tourisme, mot devenu tellement péjoratif que l’on ose à peine l’utiliser, tant il fait référence à des phénomènes de consommation de masse et à des comportements générateurs de pollutions de toutes sortes.

Voyager autrement, cela peut se faire par goût, simplement parce que l’idée de faire des heures de routes encombrées pour arriver sur les plages bondées ressemble pour vous au pire des cauchemars. Cela peut être aussi par conviction : de nombreuses personnes refusent maintenant le transport aérien et ses dramatiques émissions de gaz à effet de serre. D’autres pensent qu’envahir un pays soudainement mis à la mode par les agences de voyage ne peut avoir que des effets néfastes sur l’équilibre d’une société et de son environnement.

Lorsqu’on découvre cette nouvelle façon de voyager qu’on appelle souvent le « slow tourism », on revient rarement en arrière, tant il est agréable de respirer à l’écart de la foule, tout en faisant souvent des rencontres exceptionnelles sur le chemin des vacances.

Pointe du Van - Finistère
Pointe du Van, promenade en Finistère, en juillet, air iodé et calme assuré, le bonheur.

Le slow tourism

Cette nouvelle façon de voyager a pour principale idée que la route est le voyage. Qu’il ne s’agit pas en vacances de partir d’un point A pour arriver à un point B le plus rapidement possible, mais de profiter des journées et du temps enfin libéré pour faire du voyage en « hors-piste ». Ceci n’exclut pas de se rendre dans une destination choisie à l’avance, mais propose simplement que la route soit jalonnée d’étapes inattendues, de découvertes faites au hasard de l’inspiration, d’un panneau qui indique un village au joli nom poétique, un site exceptionnel, un musée rare…

On peut aussi faire le choix de partir pour le plaisir de ressentir une forme de liberté inédite, à vélo ou à pied, découvrir la joie de randonner avec un sac de couchage et un bagage sur les épaules aussi léger que l’esprit, et prendre la route en toute sérénité. C’est évident, on ne fera pas le tour du monde à ce rythme-là si l’on ne dispose que de deux ou trois semaines de vacances, mais on peut faire le tour d’une partie du Massif Central ou de la pointe de Bretagne (même en août, il y a des villages et des plages encore peu fréquentées…), et profiter du plaisir de se poser dans des endroits de rêve, au calme, avec l’accueil chaleureux d’habitants qui ne se sentiront pas envahis par votre présence respectueuse de la beauté de leur région.

Evidemment, l’été n’est pas la meilleure saison pour partir sans réserver, le tourisme dit « vert » est de plus en plus développé grâce à la promotion que font les régions et territoires pour attirer les visiteurs. Il faudra sans doute réserver à l’avance en cette saison, sauf si vous pratiquez le bivouac. Alors, si l’envie de partir vous prend un peu au dernier moment, il vous reste à activer votre moteur de recherche et vos applis pour trouver le meilleur hébergement possible sur la route de vos vacances. Mon petit conseil, essayez de réserver directement chez les hébergeurs, vous paierez le même prix et leur éviterez les commissions parfois scandaleuses de principaux sites de réservation en ligne !

Nous, nous sommes des inconditionnels de la chambre d’hôtes, pour l’accueil, le confort; certaines vous donnent l’impression d’arriver dans votre chambre, comme si c’était celle de la maison de famille de toujours. Et rien que chercher sur le web, c’est un plaisir, les photos sont en général tellement belles que le voyage commence déjà… En plus, les propriétaires de chambres d’hôtes sont souvent engagés dans une démarche respectueuse de l’environnement, vous offrant cuisine bio et produits du terroir, quoi de mieux ?

Les chambres d’hôtes, des havres de paix

Notre premier séjour en chambre d’hôtes a été lors d’une escapade dont nous rêvions depuis longtemps, amoureux que nous sommes de la Bretagne, un weekend à la pointe du Raz. Nous avons trouvé une chambre d’hôtes qui était l’unique d’une belle vieille maison sur le port de Kérity, à Penmarch, un de nos endroits préférés en Bretagne. L’accueil de la maîtresse de maison, son attachement à sa région, sans parler des crêpes du petit déjeuner, en a fait pour nous un premier port d’attache dans nos balades en France.

Plus au nord de la Bretagne mais toujours dans le Finistère, nous avons découvert la Côte des légendes, et y avons arpenté des plages sauvages, magnifiques… Nous y avons rencontré un cuisinier amoureux de « slow food », comme quoi tout est lié. A sa table le soir, nous avons partagé un « kig ha farz », le délicieux pot au feu breton qui doit mijoter des heures sur le feu. J’avoue que, même devenue végétarienne depuis, j’aurai du mal à résister à ce plat préparé avec un tel soin si on y retourne.

Une autre fois, nous avons inauguré une chambre d’hôtes, toujours en Bretagne, au coeur de la baie d’Audierne, nous étions les premiers clients accueillis par des propriétaires inquiets de ne pas avoir tout bien réussi pour leur confort et leur plaisir, et croyez-moi, c’était tout simplement féerique. La chambre, avec son salon et son entrée indépendante, a été aménagée dans une petite tour, avec une décoration superbe et une terrasse au sommet pour prendre le soleil et regarder la mer, le tout dans un grand jardin avec vue sur la campagne, un rêve.

Lac de Vassivière - Plateau de Millevaches
Lac de Vassivière – Plateau de Millevaches – un paradis !

De belles rencontres

Chaque fois que nous avons aimé notre séjour dans une chambre d’hôtes, nous avons eu envie d’y revenir et cela a été parfois le cas, au point que nous restons en relation avec les propriétaires, un petit mot sur Facebook, un commentaire sur Instagram, et on n’oublie jamais de partager pour les recommander à nos familles et relations !

Plus encore, nous avons rencontré une de nos meilleures amies sur le plateau de Millevaches, terre de randonnées s’il en est. Le premier contact fut tellement chaleureux que nous sommes revenus, puis venus encore une fois et que peut-être grâce à elle, nous avons enfin trouvé la maison de nos rêves, celle dont je vous parlais récemment dans cet article. Je dis peut-être, je touche du bois car je suis très superstitieuse mais je vous promets un long article (et même plusieurs) si tout se passe bien !

Quand nous y sommes arrivés, nous avons été sous le charme de cette belle maison de pays, tout en pierres, aménagée et décorée avec tellement de soin que toute l’âme de la demeure se révèle par des petites touches raffinées, mettant en scène un passé plein de douceur et une tradition d’accueil préservée.

C’était un ancien hôtel avec sa salle à manger, sa salle de café, et ses chambres qui sont devenues lumineuses, son jardin poétique en plein cœur du village. Sa propriétaire nous a raconté l’histoire du lieu, puis nous avons échangé sur nos racines limousines, sur la vie de cette belle région, sur la Catalogne (le pays de mon mari) et ce fut le début d’une belle amitié.

L’art de voyager

Comme nous avons adopté cet art de voyager, nous avons du mal à changer nos habitudes. Il n’y a pas longtemps, nous avons dû faire un voyage ultra-rapide mais nécessitant une halte vu la distance à parcourir. Comme tout le trajet était sur l’autoroute, nous aurions pu choisir un hôtel de chaîne pas loin d’une sortie, mais nous avons préféré faire une dizaine de kilomètres dans la campagne pour passer la nuit dans une jolie maison nichée dans les vignes, avec un jardin fleuri, des chambres décorées avec goût et un accueil souriant malgré l’heure tardive (nous avions prévenu bien sûr). Je vous donnerai toutes mes adresses en fin d’article, ne ratez pas celle-ci si vous passez près de Bordeaux.

Pour un séjour plus long, louer un gîte à la campagne est une bonne solution aussi, (ou un appartement si l’on décide de visiter une ville). Et là, je trouve que l’important n’est pas de voir le plus de choses possibles, mais de prendre le temps de découvrir l’endroit où l’on est, de sentir la vie qui y est forcément différente de ce que l’on connaît, parler avec des gens dans la rue, prendre un café plusieurs fois de suite au même endroit, il suffit de peu pour créer un lien, et se faire de merveilleux souvenirs.

Il nous est arrivés de passer quelque temps dans un endroit et d’entendre ensuite « ah mais vous étiez à côté de B….o ou de T……..a, vous avez vu le château de… ? » Et bien non, pour la plus grande surprise de nos interlocuteurs, nous avouons que nous avons préféré passer quelques jours au calme, nous promener dans la montagne, que de faire le tour des sites touristiques de la région. Cela nous a permis de rencontrer des habitants du village et de parler avec des personnes que nous n’aurions jamais connues si nous nous étions seulement arrêtés une soirée.

Voyager plutôt que visiter, rencontrer plutôt que croiser, ce sont vraiment les bénéfices du tourisme lent, allez, cette fois je traduis le terme anglais, après tout, il est facile à transposer, profitons-en !

Sur ce, je vous souhaite un bel été, je vous donne nos adresses de bon cœur car un blog, c’est fait pour partager aussi les bons plans (garantis sans publicité et en toute amitié pour ces personnes qui nous ont si bien accueillis).

A bientôt !
Corinne

Plateau de Millevaches

  • Le Verrou à Nedde 87120 (proche lac de Vassivière) http://leverrou.com/
    Ma préférée bien sûr 😊 Et si vous voulez plein d’idées de randonnées, de belles balades dans la région, je vous promets un article entier !
Le jardin du Verrou à Nedde
Un jardin poétique

Bretagne

Bordelais

Ardèche

Photos personnelles sauf celle de couverture qui est de Chris Leggat pour Unsplash.