Voyager autrement

Avec l’été et les vacances, vous avez peut-être envie de vous échapper des grandes routes, des lieux surpeuplés, et de découvrir des endroits un peu à l’écart, il y en a tant qui « méritent le détour » comme disent les bons vieux guides de voyage.

Ces escapades sur les itinéraires « verts » sont autant de démarches pour une autre forme de tourisme, mot devenu tellement péjoratif que l’on ose à peine l’utiliser, tant il fait référence à des phénomènes de consommation de masse et à des comportements générateurs de pollutions de toutes sortes.

Voyager autrement, cela peut se faire par goût, simplement parce que l’idée de faire des heures de routes encombrées pour arriver sur les plages bondées ressemble pour vous au pire des cauchemars. Cela peut être aussi par conviction : de nombreuses personnes refusent maintenant le transport aérien et ses dramatiques émissions de gaz à effet de serre. D’autres pensent qu’envahir un pays soudainement mis à la mode par les agences de voyage ne peut avoir que des effets néfastes sur l’équilibre d’une société et de son environnement.

Lorsqu’on découvre cette nouvelle façon de voyager qu’on appelle souvent le « slow tourism », on revient rarement en arrière, tant il est agréable de respirer à l’écart de la foule, tout en faisant souvent des rencontres exceptionnelles sur le chemin des vacances.

Pointe du Van - Finistère
Pointe du Van, promenade en Finistère, en juillet, air iodé et calme assuré, le bonheur.

Le slow tourism

Cette nouvelle façon de voyager a pour principale idée que la route est le voyage. Qu’il ne s’agit pas en vacances de partir d’un point A pour arriver à un point B le plus rapidement possible, mais de profiter des journées et du temps enfin libéré pour faire du voyage en « hors-piste ». Ceci n’exclut pas de se rendre dans une destination choisie à l’avance, mais propose simplement que la route soit jalonnée d’étapes inattendues, de découvertes faites au hasard de l’inspiration, d’un panneau qui indique un village au joli nom poétique, un site exceptionnel, un musée rare…

On peut aussi faire le choix de partir pour le plaisir de ressentir une forme de liberté inédite, à vélo ou à pied, découvrir la joie de randonner avec un sac de couchage et un bagage sur les épaules aussi léger que l’esprit, et prendre la route en toute sérénité. C’est évident, on ne fera pas le tour du monde à ce rythme-là si l’on ne dispose que de deux ou trois semaines de vacances, mais on peut faire le tour d’une partie du Massif Central ou de la pointe de Bretagne (même en août, il y a des villages et des plages encore peu fréquentées…), et profiter du plaisir de se poser dans des endroits de rêve, au calme, avec l’accueil chaleureux d’habitants qui ne se sentiront pas envahis par votre présence respectueuse de la beauté de leur région.

Evidemment, l’été n’est pas la meilleure saison pour partir sans réserver, le tourisme dit « vert » est de plus en plus développé grâce à la promotion que font les régions et territoires pour attirer les visiteurs. Il faudra sans doute réserver à l’avance en cette saison, sauf si vous pratiquez le bivouac. Alors, si l’envie de partir vous prend un peu au dernier moment, il vous reste à activer votre moteur de recherche et vos applis pour trouver le meilleur hébergement possible sur la route de vos vacances. Mon petit conseil, essayez de réserver directement chez les hébergeurs, vous paierez le même prix et leur éviterez les commissions parfois scandaleuses de principaux sites de réservation en ligne !

Nous, nous sommes des inconditionnels de la chambre d’hôtes, pour l’accueil, le confort; certaines vous donnent l’impression d’arriver dans votre chambre, comme si c’était celle de la maison de famille de toujours. Et rien que chercher sur le web, c’est un plaisir, les photos sont en général tellement belles que le voyage commence déjà… En plus, les propriétaires de chambres d’hôtes sont souvent engagés dans une démarche respectueuse de l’environnement, vous offrant cuisine bio et produits du terroir, quoi de mieux ?

Les chambres d’hôtes, des havres de paix

Notre premier séjour en chambre d’hôtes a été lors d’une escapade dont nous rêvions depuis longtemps, amoureux que nous sommes de la Bretagne, un weekend à la pointe du Raz. Nous avons trouvé une chambre d’hôtes qui était l’unique d’une belle vieille maison sur le port de Kérity, à Penmarch, un de nos endroits préférés en Bretagne. L’accueil de la maîtresse de maison, son attachement à sa région, sans parler des crêpes du petit déjeuner, en a fait pour nous un premier port d’attache dans nos balades en France.

Plus au nord de la Bretagne mais toujours dans le Finistère, nous avons découvert la Côte des légendes, et y avons arpenté des plages sauvages, magnifiques… Nous y avons rencontré un cuisinier amoureux de « slow food », comme quoi tout est lié. A sa table le soir, nous avons partagé un « kig ha farz », le délicieux pot au feu breton qui doit mijoter des heures sur le feu. J’avoue que, même devenue végétarienne depuis, j’aurai du mal à résister à ce plat préparé avec un tel soin si on y retourne.

Une autre fois, nous avons inauguré une chambre d’hôtes, toujours en Bretagne, au coeur de la baie d’Audierne, nous étions les premiers clients accueillis par des propriétaires inquiets de ne pas avoir tout bien réussi pour leur confort et leur plaisir, et croyez-moi, c’était tout simplement féerique. La chambre, avec son salon et son entrée indépendante, a été aménagée dans une petite tour, avec une décoration superbe et une terrasse au sommet pour prendre le soleil et regarder la mer, le tout dans un grand jardin avec vue sur la campagne, un rêve.

Lac de Vassivière - Plateau de Millevaches
Lac de Vassivière – Plateau de Millevaches – un paradis !

De belles rencontres

Chaque fois que nous avons aimé notre séjour dans une chambre d’hôtes, nous avons eu envie d’y revenir et cela a été parfois le cas, au point que nous restons en relation avec les propriétaires, un petit mot sur Facebook, un commentaire sur Instagram, et on n’oublie jamais de partager pour les recommander à nos familles et relations !

Plus encore, nous avons rencontré une de nos meilleures amies sur le plateau de Millevaches, terre de randonnées s’il en est. Le premier contact fut tellement chaleureux que nous sommes revenus, puis venus encore une fois et que peut-être grâce à elle, nous avons enfin trouvé la maison de nos rêves, celle dont je vous parlais récemment dans cet article. Je dis peut-être, je touche du bois car je suis très superstitieuse mais je vous promets un long article (et même plusieurs) si tout se passe bien !

Quand nous y sommes arrivés, nous avons été sous le charme de cette belle maison de pays, tout en pierres, aménagée et décorée avec tellement de soin que toute l’âme de la demeure se révèle par des petites touches raffinées, mettant en scène un passé plein de douceur et une tradition d’accueil préservée.

C’était un ancien hôtel avec sa salle à manger, sa salle de café, et ses chambres qui sont devenues lumineuses, son jardin poétique en plein cœur du village. Sa propriétaire nous a raconté l’histoire du lieu, puis nous avons échangé sur nos racines limousines, sur la vie de cette belle région, sur la Catalogne (le pays de mon mari) et ce fut le début d’une belle amitié.

L’art de voyager

Comme nous avons adopté cet art de voyager, nous avons du mal à changer nos habitudes. Il n’y a pas longtemps, nous avons dû faire un voyage ultra-rapide mais nécessitant une halte vu la distance à parcourir. Comme tout le trajet était sur l’autoroute, nous aurions pu choisir un hôtel de chaîne pas loin d’une sortie, mais nous avons préféré faire une dizaine de kilomètres dans la campagne pour passer la nuit dans une jolie maison nichée dans les vignes, avec un jardin fleuri, des chambres décorées avec goût et un accueil souriant malgré l’heure tardive (nous avions prévenu bien sûr). Je vous donnerai toutes mes adresses en fin d’article, ne ratez pas celle-ci si vous passez près de Bordeaux.

Pour un séjour plus long, louer un gîte à la campagne est une bonne solution aussi, (ou un appartement si l’on décide de visiter une ville). Et là, je trouve que l’important n’est pas de voir le plus de choses possibles, mais de prendre le temps de découvrir l’endroit où l’on est, de sentir la vie qui y est forcément différente de ce que l’on connaît, parler avec des gens dans la rue, prendre un café plusieurs fois de suite au même endroit, il suffit de peu pour créer un lien, et se faire de merveilleux souvenirs.

Il nous est arrivés de passer quelque temps dans un endroit et d’entendre ensuite « ah mais vous étiez à côté de B….o ou de T……..a, vous avez vu le château de… ? » Et bien non, pour la plus grande surprise de nos interlocuteurs, nous avouons que nous avons préféré passer quelques jours au calme, nous promener dans la montagne, que de faire le tour des sites touristiques de la région. Cela nous a permis de rencontrer des habitants du village et de parler avec des personnes que nous n’aurions jamais connues si nous nous étions seulement arrêtés une soirée.

Voyager plutôt que visiter, rencontrer plutôt que croiser, ce sont vraiment les bénéfices du tourisme lent, allez, cette fois je traduis le terme anglais, après tout, il est facile à transposer, profitons-en !

Sur ce, je vous souhaite un bel été, je vous donne nos adresses de bon cœur car un blog, c’est fait pour partager aussi les bons plans (garantis sans publicité et en toute amitié pour ces personnes qui nous ont si bien accueillis).

A bientôt !
Corinne

Plateau de Millevaches

  • Le Verrou à Nedde 87120 (proche lac de Vassivière) http://leverrou.com/
    Ma préférée bien sûr 😊 Et si vous voulez plein d’idées de randonnées, de belles balades dans la région, je vous promets un article entier !
Le jardin du Verrou à Nedde
Un jardin poétique

Bretagne

Bordelais

Ardèche

Photos personnelles sauf celle de couverture qui est de Chris Leggat pour Unsplash.

Plaidoyer pour les arbres

Bonjour, bonjour, mes ami.e.s,

En ces chaudes journées d’été largement commentées dans les médias, c’est le moment de se rappeler que l’un des meilleurs moyens de se protéger de la chaleur, c’est de se réfugier dans le jardin, dans un parc, en forêt, pour aller chercher de la fraîcheur sous les arbres (sauf en cas d’orage bien sûr !)

Cela semble évidemment plus facile lorsque l’on vit à la campagne et pourtant, le remembrement qui a consisté à regrouper des hectares de terre pour constituer des propriétés agricoles d’un seul tenant, a été une catastrophe dans certaines régions où l’on peut voir des zones entières ravagées par la sécheresse ou les inondations. 750 000 kms de haies vives arrachées entre 1960 et 1980… un désastre écologique.

Femme assise dans un parc
En ville, les parcs sont des oasis de fraîcheur

En ville, encore faut-il avoir la chance de posséder un jardin, ou d’habiter à proximité d’un parc, ce qui n’est pas toujours le cas, nos villes n’ayant souvent d’espaces verts que dans certains « beaux » quartiers… Alors que la végétalisation, y compris des immeubles et des toitures, offre une solution absolument extraordinaire pour garder oxygène et fraîcheur, le béton continue à nous étouffer.

Alors voici mon plaidoyer pour les arbres. Dans nos villes, nos campagnes et dans le monde, ils sont la vie de cette planète, et par conséquent la nôtre.

Des arbres dans la ville

On le sait, les arbres absorbent une quantité d’eau et de gaz carbonique qu’ils rejettent ensuite sous forme d’oxygène. Leur capacité d’absorption du gaz carbonique est telle que si l’on couvrait toutes nos villes de végétaux et d’arbres, nos problèmes de pollution atmosphérique ne serait plus qu’une petite partie de nos soucis environnementaux. Cela nous laisserait pas mal d’autres problèmes à traiter, et il nous faudra de toute façon en finir avec les émanations de gaz polluants, mais c’est une solution facile à mettre en œuvre dans un premier temps.

Immeuble entièrement végétalisé
Un rêve d’architecture verte

Les politiques urbaines actuelles sont extrêmement en retard de ce point de vue, alors que l’on sait que la plantation d’arbres en ville a pour effet de faire baisser la pollution, la température, et même le stress. Certaines villes expérimentent la plantation d’arbres dans des quartiers dits « à problèmes » et voient baisser le nombre des agressions et des faits de délinquance. Or combien voit-on d’arbres abattus dans nos villes pour toujours plus de béton, de ronds-points, de centres commerciaux…

La ville d’Angers dont je vous parle toujours puisque j’y habite, est connue pour ses espaces verts en plein centre-ville (jardin du Mail, jardin des Plantes, parc Bellefontaine) ou dans les quartiers de bord de Maine, et la région compte nombre d’entreprises spécialisées dans l’horticulture et la production de végétaux.

Or, cela fait quelques années qu’on y voit des arbres centenaires abattus pour réaménager des « espaces urbains » dans lesquels on replante ensuite, des sortes de manches à balais dont l’ombrage n’a rien à voir avec nos platanes centenaires. En plus, enchâssés dans le béton sur les trottoirs tout neufs, ils ont peu de chance de survie…

Alors, dès que je peux, je m’enfuis en forêt, bref, je fais de la sylvothérapie.

Promeneur en forêt

Qu’est-ce que la sylvothérapie ?

Le mot s’est répandu ces dernières années dans la presse et sur le web : la sylvothérapie, image d’une promesse de sérénité, d’un moment de totale déconnexion en pleine nature.

Le mot sylvothérapie n’est pas très joli, mais il a le mérite de mettre en évidence le pouvoir extraordinaire qu’ont les arbres de nous apaiser, de prendre soin de nous qui ne le leur rendons pas toujours… Les images de ceux qui prônent la sylvothérapie nous proposent d’enlacer les troncs d’arbres pour mieux sentir la vie qui palpite en eux, mais il n’est nul besoin de se frotter à la mousse des chênes pour se sentir revivre, il suffit juste de respirer un air chargé en ions négatifs, qui, contrairement à ce que leur nom pourrait faire croire, sont les ions qui vont se charger de nous redonner équilibre, énergie et santé, les ions positifs étant générés par nos ordinateurs, appareils ménagers, moquettes…

En forêt, les ions négatifs sont à peu près en mêmes quantités qu’au bord de la mer, entre 3 et 4 000 ions négatifs par cm3 d’air. En montagne on grimpe, c’est le cas de le dire, à 8 000 unités par cm3, le sommet étant atteint au pied d’une cascade, avec 50 000 ions négatifs par cm3 d’air. Vous l’aurez compris, pour se revigorer le corps et l’esprit, il faut chercher une cascade en forêt le plus haut possible dans la montagne. Je l’ai fait il n’y a pas longtemps en randonnée dans le pays basque et je peux vous assurer que redescendre ensuite « sur terre » a été un peu difficile ! Mais les bienfaits sont évidents même après plusieurs jours.

Des journées entières dans les arbres

J’ai eu beaucoup de chance, j’avais des grands-parents qui habitaient tout près d’une très belle forêt, et la sylvothérapie, mon grand-père l’avait inventée bien avant que le mot n’apparaisse ! Lui qui vivait du travail du bois – il était ébéniste – avait pour les arbres un amour et un respect absolu. Grâce à lui, j’ai appris en forêt à reconnaître les essences d’arbres, frênes, hêtres, ormes, bouleaux, mélèzes, noisetiers, merisiers… et bien sûr toute la faune qui vit (ou plutôt vivait…) sous les feuilles et sur les branches.

Combien d’enfants rêvent de construire une cabane dans les arbres ! Beaucoup l’ont fait, et certains adultes aussi, d’ailleurs, de nombreux gîtes et chambres d’hôtes proposent des nuits perchées dans les arbres au sein de la forêt, un véritable havre de paix en pleine nature.

Une cure de sylvothérapie

J’ai des enfants adeptes du bivouac, un mode de camping très réglementé mais autorisé contrairement à ce que l’on pourrait croire. Il faut juste planter sa tente à la tombée de la nuit et partir au lever du jour, sans rien laisser derrière soi bien entendu. Ils le font toujours en forêt, dans un coin de montagne et près d’une cascade, c’est bien vu ! Et sans allumer de feu, faut-il le préciser ?

Les arbres se parlent entre eux

Les arbres communiquent, on le sait maintenant de manière scientifique, même si on s’en doutait un peu… et pas uniquement pour être fan du Seigneur des Anneaux, (je le suis !), roman dans lequel le vieux Sylvebarbe est un personnage clé, absolument fascinant.

Les arbres sont capables de s’entraider, de s’alerter des dangers susceptibles de les menacer (maladies, champignons, sécheresse…). Le succès du livre de Peter Wohlleben – un ingénieur forestier repenti après de longues années de travail de déforestation – « La vie secrète des arbres », a été une révélation pour nombre d’entre nous. Pourtant, les biologistes le savaient depuis des années, les arbres ont une vie sociale, ils sont capables de nourrir les souches d’arbres tombés à terre ou coupés par une production de sucre qu’ils leur envoient à travers leurs racines. Quant aux sous-bois ce sont les seuls espaces où la terre est encore préservée de l’activité mortifère des cultures industrielles et révèle des richesses de faune et flore insoupçonnables aux yeux du promeneur.

Cultiver en harmonie avec la terre

Les pionniers de la permaculture, le japonais Masanobu Fukuoka, puis les australiens Bill Mollison et David Holmgren, n’ont d’ailleurs fait rien d’autre qu’observer dans un premier temps comment la vie renaît en forêt, à partir des souches et des résidus de branches et de feuilles qui pourrissent lentement pour former cette couche d’humus sur laquelle tout peut pousser, plantes, champignons, et même de nouveaux arbres. Et sur des terres abandonnées, sur lesquelles la main de l’homme n’est pas intervenue depuis des années, on voit les premières plantes repousser, les plantes dites « pionnières », et les arbres revenir peu à peu, les plus solides et adaptés au climat en premier, comme s’ils préparaient le terrain pour les plus faibles qui n’arriveront qu’ensuite.

En permaculture, on apprend à travailler en commençant par s’asseoir et observer ce que fait la nature. Puis on s’en inspire en utilisant les connexions entre les végétaux, on plante des buttes destinées aux cultures maraîchères à proximité des haies d’arbres, on y adjoint des végétaux « amis » et surtout, on laisse les plantes s’organiser spontanément sur un sol qu’on aura enrichi sans le retourner, juste en l’aérant. Parce que la terre est comme notre peau, si on met le derme à nu, on la fragilise gravement, et bien pour les sols, c’est pareil. Alors on crée des buttes qu’on enrichit avec du bois mort récupéré en forêt, qui deviendra le ferment des cultures à venir.

Les arbres sont essentiels à la vie

Je suppose que vous avez une petite idée sur la question, et que vous savez pourquoi on parle de l’Amazonie par exemple, comme étant le poumon de la terre.

Depuis plus de trente ans, l’avidité des géants de l’agro-alimentaire, l’extractivisme (activité liée aux minerais, or, nickel, lithium…) et l’élevage intensif qui demande des espaces pour les bêtes mais aussi pour leur alimentation, a fait que la déforestation sur cette planète a pris des proportions inquiétantes.

Car même si un rapport récent montre une augmentation globale des zones boisées dans le monde, il est un fait indéniable : des pays, des régions entières font l’objet d’une effroyable mise à sac, pour des raisons liées à toutes les formes de rentabilité immédiate que certaines entreprises, légales ou illégales, font passer avant la préservation de la planète et de ses extraordinaires écosystèmes.

Forêt tropicale
Toute la beauté d’un monde en danger

Récemment, des chercheurs américains ont prouvé que replanter des arbres sur toute la planète (on disposerait à l’heure actuelle sur terre d’un espace de la taille des Etats-Unis pour replanter 1 200 milliards d’arbres) pourrait contribuer à la sauver des émanations de gaz carbonique et de la hausse des températures. C’est un projet « pharaonique », mais ne faudrait-il pas commencer par sauver les forêts qui existent, boycotter les marques qui participent à cette destruction massive, et ne pas oublier que les forêts d’Amazonie, d’Afrique ou d’Indonésie abritent des peuples qui sont les meilleurs gardiens de la forêt, et donc de la planète ?

J’en profite pour vous parler de mon engagement pour les peuples autochtones d’Amazonie, une association que j’ai créée avec plusieurs personnes engagées dans la défense de ces extraordinaires peuples que sont les indiens Tikuna, Murui, Yanomami… et tant d’autres qui luttent pour leur survie, celle de la forêt et donc de notre planète. Si cette cause vous intéresse et que vous voulez en savoir plus, je vous donne le lien ici

Passez un bel été, sous les arbres, en montagne ou dans l’eau, mais toujours dans l’amour de la nature !

Je vous embrasse,
Corinne

 

Cuisiner vegan et facile

Bonjour, bonjour,

Deux ans bientôt de cuisine végétarienne, puis vegan ! J’avais hâte de partager avec vous mes secrets pour réussir les petits plats vegan dont raffolent ma famille et mes ami.e.s. J’ai eu l’idée de cet article car j’avais réuni, à sa demande, quelques unes des recettes préférées d’un de mes enfants dans un petit document, et aussi parce que c’est un vrai plaisir de partager mes idées de menus composés de bons légumes achetés aux producteurs sur les marchés.

Il y en a de plus en plus qui travaillent en permaculture sans avoir le label bio, et c’est très bien car vous êtes sûr.e.s d’acheter local et sans traitement chimique. Avec quelques ingrédients achetés dans les boutiques bio du quartier, il suffit d’un peu d’imagination pour remplacer tous les produits que l’on utilisait depuis tant d’années par des produits d’origine végétale, et ça marche !

Étalage de fruits et légumes
Le rêve du cuisinier vegan, un étal sur le marché.

Le 1er secret de la bonne cuisine vegan

Le premier secret est très simple : jetez les livres de cuisine ! Parce que tous les légumes et les fruits sont faits pour s’entendre, surtout quand il s’agit de vous faire du bien. L’idée n’est pas de moi, il est d’un gastronome, humoriste et critique angevin (et oui…) qui avait pris pour surnom « Curnonsky« , parce qu’en latin « cur non » signifie « pourquoi pas » et que « sky », et bien ma foi, ça faisait chic comme terminaison. Pourquoi pas signifie qu’il est permis de tout essayer en cuisine, du moment que les produits sont bons, il n’y a pas de mélange impossible.

Et puis avouons-le, les livres de recettes font peur ! Certains livres de cuisine font envie avec de magnifiques photos (je vais vous épargner les miennes, la photographie de plat cuisiné, c’est hyper technique !) mais là, l’idée est de se faire confiance et d’apprendre à devenir autonome en cuisine !

Commencez par aller au marché, trouvez les légumes de saison qui vous font envie, ceux qui ont été cultivés avec soin et amour de la terre et de ses produits. Sur le marché d’Angers, j’achète mes légumes et mes fruits à des jeunes producteurs en permaculture, et je vous le jure, leurs salades ont un parfum délicieux, la batavia n’a pas le même parfum que la laitue, et les tomates, bien sûr, il faut les attendre un peu et la saison est courte, mais quel bonheur quand elles sont là.

Herbes, ail et oignons

Le 2ème secret de la bonne cuisine vegan

Le 2ème secret, je le dois aussi à quelqu’un d’autre, décidément, je n’ai rien inventé ! Mon plus jeune fils est ma deuxième source d’inspiration, moins célèbre que Curnonsky, quoique… Il a pris dès son enfance l’habitude de « revisiter » mes plats en y ajoutant toutes les épices qu’il trouvait sur l’étagère de la cuisine, de l’origan et du curcuma en particulier, et aussi des fruits secs, dattes ou abricots, des noix concassées, des baies de cranberrys…

La bonne idée, c’est d’avoir toujours à la maison tous ces ingrédients de base extraordinaires que sont les épices de toutes sortes, curry, curcuma, muscade, cannelle, clou de girofle, piment doux, paprika, gingembre, coriandre… Si vous ne voulez pas trop stocker, vous pouvez acheter en petites quantités en vrac, par exemple chez Day by day à Angers

J’ai toujours des fruits secs, des graines de sésame, de l’ail et de l’oignon, des citrons et de l’huile d’olive, plus de la tomate en boîte (pelée ou concassée) pour remplacer la tomate hors saison. Et aussi des herbes (fraîches ou en version déshydratée) : persil, basilic, coriandre, menthe, thym, estragon, ciboulette… J’en congèle pas mal l’été, ciselées et mises dans des petits pots de récup, ça se garde très bien…

Côté épicerie, j’ai des stocks permanents de pois chiches, de lentilles, de haricots rouges ou blancs (secs ou en conserve pour une préparation plus rapide) et bien sûr du riz basmati, des pâtes italiennes ou thaïlandaises qui font la base du plat que je cuisine ensuite.

Les épices et les herbes sont un condensé de santé, et si vous en parsemez vos plats, vous ne pourrez que bénéficier de leurs bienfaits, en plus du plaisir gustatif qu’ils apportent dans toute préparation. Cet été, pensez à en mettre dans toutes vos salades, avec des graines de sésame, c’est délicieux.

Mes recettes vegan faciles

Couscous vegan

Ingrédients pour 4 personnes

1 bol de boulgour, 1 gros oignon, 1 gros poivron rouge ou jaune, 2 carottes, 2 courgettes, 1 patate douce, 2 tomates mûres ou une grosse boîte de tomates pelées, une boîte de pois chiches, 2/3 gousses d’ail. Épices : origan, gingembre, piment doux, cumin, cannelle, coriandre. 1 bouquet de coriandre fraîche. Huile d’olive, sel, poivre.

Préparation

Faire revenir dans l’huile d’olive l’oignon et le poivron coupés en lamelles, puis ajouter les carottes coupées en morceaux dans la longueur, les courgettes et la patate douce en gros cubes, saler, poivrer, ajouter l’origan et laisser revenir sur feu doux environ 10 mn.

Ajouter alors les pois chiches et les tomates, si on utilise des tomates fraîches, ajouter de l’eau de manière à couvrir les légumes, pas plus, sinon, le jus de la boîte de tomates pelées suffit. Resaler légèrement. Porter à ébullition 5 mn puis baisser.

Finir l’assaisonnement avec l’ail haché fin ou râpé, les épices (de manière équilibrée, environ une cuiller à café de chaque), on peut ajouter 1 petit piment fort si on veut mais penser à l’enlever en fin de cuisson ou prévenir les invités 😉 Laisser sur feu très doux pendant ½ heure en surveillant régulièrement, ajouter de l’eau si nécessaire.

Au bout de cette ½ heure, ajouter la coriandre fraîche coupée finement, et laisser mijoter encore ½ heure.

Préparer le boulgour à part en versant dans une casserole 2 mesures ½ d’eau salée pour une mesure de boulgour. Porter à ébullition et verser le boulgour en pluie, laisser revenir à ébullition puis éteindre le feu, couvrir et remuer régulièrement.

Nasi byriani

Ingrédients pour 4 personnes

Riz basmati (2 verres), 4 petites échalotes (oignons à défaut), 2 poivrons rouges ou verts, 2 tomates bien mûres ou 1 boîte de tomate pelée, coriandre fraîche, gingembre frais, ail, amandes et noix de cajou, curcuma, 1 petit brick de crème de riz parfumée au curry (dans les magasins bio).

Préparation

Faire revenir à l’huile dans une poêle ou une cocotte les échalotes coupées finement, ajouter du gingembre frais râpé, un peu d’ail râpé, laisser revenir 5 mn à feu doux, puis ajouter 4 verres d’eau, saler, poivrer, porter à ébullition. Quand l’eau bout, ajouter le riz, puis un peu d’amandes et de noix de cajou écrasées grossièrement, les tomates en petits cubes, les poivrons émincés, de la coriandre fraîche, 1 cuiller de curcuma, et ajouter la crème de riz au curry. Laisser sur feu très doux environ 30 mn, le riz doit absorber tout le liquide, remuer régulièrement.

Riz afghan aux haricots rouges

Ingrédients pour 4 personnes

Riz basmati (2 verres), une boîte de haricots rouges, une boîte de tomates concassées, ail, gingembre, piment doux, cumin, coriandre fraîche.

Préparation

Faire chauffer doucement les haricots rouges avec les tomates concassées, saler, poivrer, ajoutez de l’ail râpé, du gingembre râpé ou en poudre, de la coriandre fraîche, du piment doux en poudre, et du cumin. Servir avec le riz basmati.

Nouilles thaï aux légumes

Ingrédients pour 4 personnes

1 sachet de nouilles thaï (1 portion par personne), oignons, champignons, carottes, poivrons, courgettes, brocolis, champignons (un peu ce qu’on veut ou ce qu’on a !). Gingembre, ail, sauce soja.

Préparation

Faire revenir dans l’huile des oignons, des champignons et des poivrons émincés, des dés de carottes, de courgettes, des petits morceaux de brocolis (etc…), saler, poivrer, ajouter un peu d’ail râpé ou émincé finement, un peu de gingembre en poudre, laisser mijoter 15 mn, ajouter un peu de sauce soja en fin de cuisson. Faire cuire à l’eau bouillante les nouilles de riz thaï ou chinoises (voir le paquet, en général 3 mn maximum), les égoutter et les mélanger dans la poêle ou la cocotte, faire revenir rapidement et servir bien chaud.

Poêlée de champignons
Une poêlée de champignons, c’est un régal en soi !

Champignons farcis au four

Ingrédients pour 4 personnes (entrée)

2 gros champignons à farcir bruns ou blancs par personne, 2 petites gousses d’ail, 1 oignon moyen, ¼ de poivron rouge, gingembre frais râpé ou en poudre, coriandre en poudre ou fraîche, piment doux, curcuma, origan, 2 cuillers à soupe de fromage vegan ou de tofu soyeux, sel, poivre, huile d’olive.

Préparation

Couper le pied des champignons jusqu’au centre de manière à former un creux. Hacher très fins les pieds avec l’oignon, le poivron, l’ail, ajouter curcuma, origan, gingembre, piment doux, sel et poivre, puis malaxer le tout à la fourchette avec le fromage vegan ou le tofu soyeux, bien mélanger. Remplir le creux des champignons, arroser d’un peu d’huile d’olive et passer 15 mn sous le grill du four à 220°C. Servir avec une salade verte aux pignons de pin.

Velouté de courgettes super facile

Ingrédients pour 4 personnes (entrée)

1 kg de courgettes, un petit pack de crème au riz (boutiques bio), sel et poivre.

Préparation

Mixez les courgettes cuites dans l’eau bouillante salée et surtout très bien égouttées avec une dose de crème de riz, poivrez, ajoutez de l’ail râpé si vous aimez, et des herbes de Provence.

Voilà, j’ai terminé par le plus facile, et tous ces plats sont équilibrés, goûteux et bons pour la santé ! Il faudra que je pense à revenir avec les desserts 😉

Si vous voulez vous pouvez relire mon article vegétarien, végétalien et vegan, il y a d’autres recettes ! En tous las cas, si vous hésitez, je pense qu’un changement ne peut se faire qu’avec la conscience du bien que l’on fait à la planète et aux animaux, mais aussi du bien que l’on se fait à soi-même, et donc, il faut avant tout une bonne dose de plaisir et c’est ce que je vous propose !

A bientôt, passez un bel été !
Corinne

Cherche maison désespérément

Bonjour, bonjour,

En principe, tenir un blog, c’est écrire régulièrement, enfin, essayer… Mais parfois, il se passe de longs moments sans que nous publions de nouveaux articles pour différentes raisons, le travail, les enfants, la vie, en résumé ! Ma raison à moi en ce moment, c’est que je joue, enfin, nous jouons, mon amour de mari et moi, à un jeu très répandu que l’un de nos enfants a baptisé « le jeu du bon coin », à savoir naviguer pendant des heures sur Le bon coin à la recherche de « la bonne affaire« .

Si l’on revient un peu en arrière sur mes précédents articles – vous pouvez le faire mais rien ne vous y oblige parce que je vais tout vous raconter ! – on retrouve une thématique récurrente : comment s’échapper de cette vie en ville qui ne nous convient vraiment pas, se mettre en accord avec nos envies, nos idées, et notre vision d’un avenir qui sera vert ou ne sera pas.

Alors, nous voilà scotchés depuis des mois sur notre smartphone, sur le PC quand les yeux commencent à fatiguer ou que la photo est trop floue, à la recherche de la maison idéale, enfin, pour nous ! Je vous décris l’idée qui n’a rien d’original en soi : une maison à la campagne avec un grand terrain, un chien, des chats, de quoi élever des poules, faire un potager, en permaculture bien sûr, et recevoir nos enfants et nos ami.e.s.

Franchement, je ne sais pas si nous allons la trouver, mais je vous jure qu’au bout de quelques mois, nous sommes devenus des pros de l’annonce immobilière !

Si vous avez envie de sourire un peu, et en plus, moi, ça va me permettre de décompresser, (car je vous assure, on en a vu de toutes les couleurs!) je vous propose de décrypter le langage des agents immobiliers. Nous en avons contacté certains qui étaient vraiment sérieux et capables de se mettre en 4 pour leurs clients, et d’autres plus que fantaisistes, on n’en tirera donc aucune conclusion définitive, d’autant que les pires annonces sont souvent celles publiées par les particuliers ! Et on commence par le pire, les photos.

Maison de rêve, du moins en photo…

J’ai presque pensé à en faire un album dans ma photothèque, une sorte d’avant-après de la maison rêvée, non pas avant ou après travaux comme dans une émission de télévision mais un avant-visite et après-visite, autrement dit les photos de l’annonce et celle que nous prenons sur place lors du rendez-vous !

À propos, vous avez vu le succès de ces programmes TV sur l’immobilier ? On dirait que les Français rêvent tous de devenir propriétaires d’une maison totalement standardisée, au point que certaines agences vous mettent en ligne des vues en 3D de ce que vous pourriez faire comme travaux dans la maison ou l’appartement de vos rêves. Par ailleurs, je suis sûre que certain.e.s se laissent prendre au piège en croyant voir la décoration bien réelle du bien en vente

Murs de pierre avec fleurs
Un si joli mur de pierre…

Donc, les photos mises en ligne par les agences immobilières ou les propriétaires en direct, vous montrent exactement… ce qu’on veut bien vous montrer : la maison inondée de soleil et entourée d’arbres, sauf que de l’autre côté, la façade donne directement sur la départementale.

Ou bien le jardin si bucolique se termine sur un champ abondamment fertilisé par divers ingrédients plus ou moins toxiques, certains repérables à l’odeur et d’autres moins mais encore plus dangereux pour l’organisme… vive la campagne. Mon premier conseil, préférez les régions de montagne, d’élevage ou de forêts, moins dangereuses pour la santé que la campagne française, surtout dans les vignes, car on n’est pas encore débarrassés du glyphosate, hélas… Pardonnez cette digression, mais je la crois utile !

Les photos, donc : la cuisine si pittoresque sur l’annonce est en fait une belle mise en scène de pots de confiture, jolies boîtes à thé ou café, bouteilles d’huile d’olive et vaisselle ancienne pleine de charme… sur 2 tréteaux et une planche recouverte d’une toile cirée.

Par contre, le compteur électrique ne figure pas sur le cliché, on s’en doute. Même en étant super-bricoleurs, il vous en coûtera au moins 5 000 € pour avoir une chance de préparer sans risque d’électrocution une soupe maison avec les légumes du jardin. Si les travaux vous laissent le temps de faire le potager !

Le pire, la salle de bains : la vue d’une cabine de douche ne donne que peu d’indications sur le niveau d’humidité ou la vétusté du chauffe-eau, et le gros plan d’un lavabo ne dit rien de l’état de la faïence murale, souvent verte ou marron dans un pur style années 60. Vous craquerez très vite même si au début vous lui avez trouvé un certain charme… et là les coûts s’envolent car une salle de bains, c’est ce qui coûte le plus cher à refaire, sans compter que les faïences de l’époque tenaient avec une colle faite pour durer des siècles. Si vous pensez repeindre, oubliez, les produits sont très chers. Enfin, ceux qui tiennent, sont à base de résines hyper toxiques. No comment.

Allez, après le choc des photos, le (véritable) poids des mots. Courage !

Bien atypique

Cette annonce-là vous attire irrésistiblement, vous vous faites une idée de la maison de rêve qui ne ressemble à aucune autre. En plus, elle n’est pas très chère, elle a des allures d’atelier d’artiste, un poulailler et un potager… Ou bien la décoration est tellement soignée et contemporaine qu’on croirait presque un loft, si l’on excepte le fait que sa superficie est de 45 m² !

Les petits détails si amusants comme l’échelle de meunier pour monter se coucher dans une mezzanine qui fait 1m² de surface utile, c’est très joli, certes. Après tout, se plier en deux pour se coucher, ce n’est pas impensable, l’idée, c’est de s’allonger. Mais quand il faut passer l’aspirateur ou refaire le lit, aïe…

En plus, si on fait de cet espace ouvert et lumineux (dixit l’annonce), la chambre d’amis, je ne vous explique pas la tête de vos parents quand vous les inviterez pour le weekend, et qu’en plus, vous leur montrerez les toilettes au fond du jardin (c’est provisoire, bien sûr, enfin, au moins pour les 10 prochaines années…)

Un seul conseil, « Fuyez », car, définitivement, atypique, en langage immobilier signifie invendable, même accompagné d’autres qualificatifs tels que « rare, charmant, pittoresque… ».

Ah j’allais oublier, « idéal premier achat » est la catégorie à peu près similaire, puisqu’on suppose qu’un jeune couple aura moins d’expérience en matière d’immobilier et sera donc potentiellement moins regardant sur les détails…

Maison à rafraîchir

Bâtiment de ferme en granit
Que se cache t-il derrière cette belle façade ?

Là, on est typiquement dans l’euphémisme, figure de style qui doit faire partie de la formation professionnelle des agents immobiliers. Définition du Larousse « Atténuation dans l’expression de certaines idées ou de certains faits dont la crudité aurait quelque chose de brutal ou de déplaisant. (Exemple : il s’est éteint, il est parti pour un monde meilleur, etc., à la place de « il est mort ».)

Parce qu’en effet, il semble que les premiers à avoir tenté de rendre cette maison habitable soient décédés dans les années cinquante, et que pour faire de cette maison le petit nid douillet dont vous rêvez pour vous et votre famille, il vous faudra passer tous vos weekends à arracher du papier peint, poncer des volets ou tirer des fils électriques, le tout après des heures de marathon du samedi matin chez le célèbre Monsieur L…y M….n, qui sera le seul à tirer profit de vos travaux d’embellissement. Car si vous décidez de revendre un jour sachez que vos choix de décoration ne plairont pas forcément aux futurs acquéreurs et que vous avez peu de chance de rentabiliser votre investissement.

Si vous décidez malgré tout de l’acheter, regardez attentivement le prix au m² dans le secteur, il existe des sites assez fiables genre meilleursagents.com, excellent site de référence sur les prix de l’immobilier. Donc, calculez soigneusement le prix des travaux que vous aurez envie de faire pour rendre cette maison à votre goût, et référez-vous aux tranches de prix indiquées pour les ventes de biens du secteur.

Corps de ferme à rénover

Notre préféré dans les titres d’annonces, mais je vous le dis d’expérience, c’est la ruine assurée sur tous les plans. Car si vous craquez pour la maison et/ou la grange, en ruine précisément comme le titre ne l’indique pas, vous avez gagné aussi la ruine financière, autrement dit adieu les économies péniblement versées sur votre livret A. Et ce sera peut-être aussi la ruine de vos illusions et hélas, parfois, de votre vie de famille. Là, mon propos n’est carrément pas drôle, mais j’ai trop vu de couples s’épuiser dans les travaux…

Maison en travaux
Il ne reste que la toiture à faire !

C’est pour cette raison que l’on trouve à vendre autant de maisons dans lesquelles les travaux ont été commencés et que l’on vous propose, cette fois très honnêtement, de finir ce que d’autres ont renoncé à mener au bout, des travaux titanesques pour faire de cette jolie masure de pierre un lieu habitable.

Cela donne donc un autre titre : corps de ferme à finir de rénover. On peut regarder, mais en général, les précédents propriétaires ont fait tout ce que vous détestez : changer les belles fenêtres anciennes en bois par des ouvertures en PVC (durée de vie 5 ans !), repeindre les chambres en vert alors que vous aimez le bleu etc… Parfois, la maison attend sa toiture sous la pluie depuis des mois.

Situation idyllique en pleine nature

Bien sûr, nous cliquons sur le titre de l’annonce comme des fous. Mais là, je dis, merci Google, cent fois merci Google Maps, mille mercis Google Earth. Parce que sans ces outils, nous aurions parcouru l’équivalent de la moitié de l’Europe en aller-retours le weekend pour aller visiter des maisons qui, sur la photo ou dans le texte, nous faisaient dire, « c’est celle-là ! »

Vallée du Limousin
La petite maison dans la prairie ?

Mon mari et moi sommes devenus des pros des outils Google, nous sommes imbattables pour trouver un lieu-dit, l’emplacement de la maison en vente, nous savons tracer un périmètre, mesurer la distance d’un point à un autre, faire un tour du paysage à 360°, nous allons bientôt pouvoir faire des tutos sur YouTube… Nos recherches nous ont permis d’éviter de visiter une maison à 750 m à vol d’oiseau de l’A20, d’une ferme dans une zone encore polluée par 100 ans d’exploitation d’une mine d’uranium, ou d’une bergerie en montagne en face de laquelle un champ d’éoliennes viendra bientôt remplacer les vols d’aigles et de circaètes. Et ce ne sont que des exemples.

Alors, si vous cherchez une maison surtout dans une autre région, avant de partir, faites comme nous : jouez aux détectives, cherchez toutes les informations sur Wikipedia, sur le site de la mairie… Le fameux PLU (Plan Local d’Urbanisme) est souvent disponible en ligne, sinon, demandez qu’on vous l’adresse par mail. Utilisez aussi les données de geoportail.gouv.fr si vous avez l’adresse exacte, vous y verrez les vues aériennes avec les numéros de cadastre, c’est utile.

L’idéal ? Cherchez dans une région que vous connaissez bien, si vous y avez de la famille ou des ami.e.s, c’est un atout évident car vous aurez des informations fiables, et peut-être des bons tuyaux ! Car les meilleures affaires passent souvent par le bouche à oreille, surtout si vous désirez acquérir le bien que tout le monde recherche. Dans les petites villes ou les campagnes, renseignez-vous aussi auprès des notaires, ils peuvent avoir des renseignements intéressants à vous donner.

Consultez les statistiques routières du département (certains mettent en ligne les données de trafic, le nombre de véhicules qui passent par jour). Par exemple, cette si jolie route départementale de l’Ardèche photographiée au coucher du soleil semble à l’écart de tout, du moins sur le cliché, en réalité, 8 500 véhicules y passent chaque jour en moyenne, (autos, motos, camping-cars, camions…), et c’est une moyenne, donc vous imaginez l’été ?

Un agent immobilier nous a dit qu’il ne mettait aucun bien sur Le bon coin, qu’il considère comme une bibliothèque en ligne de biens invendables. Je n’irais pas jusque-là, mais quand on a un budget super serré et des désirs un peu fous, il faut être malin, et surtout ne pas être pressé. Par contre, si vous avez passé la soirée à étudier le dossier et que cela vous parait vraiment intéressant, sautez sur le téléphone pour prendre rendez-vous, les bonnes affaires ne restent pas longtemps en ligne. Un site web qui pourrait être mieux conçu mais qui reste utile, c’est castorus.com qui donne pour chaque ville les biens en vente, depuis combien de temps, les baisses de prix…

Google Actualités (non, non, je ne fais pas de publicité, ils sont assez armés pour le faire eux-mêmes !) est un outil très utile aussi pour savoir quels sont les risques d’inondations, s’il y a des projets contestables et contestés en cours, genre usines de traitement des déchets, fermes-usines, ou même aéroport (on l’a vu en Loire-Atlantique). Consultez aussi le site du Conseil départemental pour savoir s’il y a des projets d’infrastructure routière, allez sur le site de la SNCF voir les projets de nouvelles lignes de trains, pas des petits réseaux locaux qui hélas disparaissent, mais des LGV (Lignes à Grande Vitesse) qui viendraient à traverser le territoire, etc…

Alors, on déménage ? Oui, mais avec prudence et sans se presser ! Et au fait, si vous connaissez une maison qui ressemble à la maison de nos rêves, n’hésitez pas à me le dire en commentaire ! Sur ce, je vous laisse, je viens de voir une nouvelle annonce qui a l’air trop géniale ! « Une visite s’impose » dit l’agence, et bien, on va voir… 😉

A bientôt !!!
Corinne

N.B. Les sites web mentionnés ne  sont que pour information et non à titre publicitaire, et les photos sont de ma galerie personnelle sauf celle de la page d’accueil qui est de Thanos Pal pour unsplash 

 

Jamais sans ma radio !

Bonjour, bonjour, mes ami.e.s du blog,

Ravie de vous retrouver ! J’avais envie aujourd’hui, après une assez longue interruption dans la rédaction de ce blog, de rendre hommage à ce média si vivant, qui n’a jamais cessé de nous accompagner au quotidien. De l’imposant meuble radio des années quarante à l’application téléchargée sur notre smartphone, en passant par le petit poste de radio et les gadgets miniaturisés des années 80, il dit beaucoup de notre époque.

La radio, les radios, ces dizaines d’émissions passionnantes sur des sujets auxquels on n’aurait jamais pensé s’intéresser, ces interviews menées par des journalistes parfois impertinents pour mieux faire passer des questions toujours pertinentes, et la musique, la musique en continu même, si on veut…

Et ce qui me frappe, c’est que la radio de nos aïeuls, la fameuse TSF (Télégraphie sans fil), qui aurait pu disparaître du paysage médiatique, a résisté aux assauts de la télévision, de la musique en ligne et mieux encore, elle a connu un essor phénoménal à partir des années 80. 

Salon avec radio années 40
Vintage années 40 : un beau poste de collection

La radio : de la résistance au divertissement

Nos grands-parents et leurs parents, ceux qui ont vécu l’occupation allemande, ont passé une partie de la guerre l’oreille collée au poste, écoutant en cachette Radio Londres. Le célèbre « Les français parlent aux français » suivi des messages incroyablement poétiques mais chargés d’informations vitales pour la résistance, fait partie de l’histoire maintenant classique de cette période sombre.

Puis au lendemain de la guerre, les habitudes étant prises, on a continué à écouter la radio, pour laquelle des ébénistes fabriquaient des meubles imposants, fierté des ménages.  On n’avait alors que le cinéma pour voir les images et on se passionnait pour les séquences d’actualités avant les films (actus qui pouvaient avoir un mois environ, on est loin du tweet en temps réel !).

Puis l’on eut envie de se divertir, car enfin c’était permis ! Et pendant les séquences diffusées avant les films et juste après le documentaire incontournable sur des sujets pas toujours passionnants, on découvrait la vie et les visages des artistes, chanteurs, acteurs… ou des membres de la famille royale d’Angleterre car l’actu people, ça ne date pas d’aujourd’hui !).

De la radio à la télévision

C’est dire l’engouement que connut la télévision quand ce fut possible de recevoir chez soi ces mêmes images, sur un écran noir et blanc … C’aurait pu être le début de la fin pour la radio, les vieux appareils encombrants furent vite remisés dans les greniers.

La génération qui a suivi a souvent emboîté le pas, conférant au petit écran le rôle principal dans le salon, ce qui a changé considérablement l’organisation intérieure des maisons. Là où autrefois la cuisine et le coin salle à manger occupaient la majeure partie de l’espace, la famille se retrouva désormais alignées face à l’écran au lieu de se tenir en cercle autour de la table pour écouter la radio. On peut dire que les vendeurs de canapés et de tables basses doivent leur fortune à cette évolution !

Radio transistor
Le transistor, la radio des années 60. So rétro…

La radio : l’adolescence entre en résistance

Dans les années 60, 70, époque de grand bouleversement musical, seule la radio permettait d’écouter la musique qu’on aimait, de découvrir plein de nouveaux groupes, de suivre les sorties d’albums et l’actualité des concerts, et surtout d’échapper à l’omniprésence de la télévision dans le salon familial.

L’adolescent ne disposant pas de son propre écran de télévision dans sa chambre, et n’en ayant aucune envie au vu du nombre restreint de programmes susceptibles de l’intéresser, n’avait donc que la radio pour pouvoir s’informer des nouveautés qui sortaient dans le monde de la musique pop-rock si peu présente à la télévision qui n’avait encore qu’une puis deux chaînes.

Avoir son petit poste de radio dans sa chambre, c’était l’équivalent du téléphone portable de maintenant, à la différence qu’aucun géant de la communication ne s’infiltrait dans votre vie privée ! Le fait d’écouter le pop club de José Artur ne renseignait personne sur vos goûts musicaux, sauf éventuellement vos parents qui venaient vous rappeler qu’il était l’heure de dormir parce qu’on avait cours le lendemain « oui, oui, j’éteins, promis, je finis juste d’écouter cette chanson… »

C’est ainsi que petit à petit, la radio est redevenue un symbole de résistance à l’occupant, non pas celui de la guerre, mais celui qui avait subrepticement envahi le salon et tentait d’imposer à la famille sa vision du monde quelque peu rétrécie.

On essayait de capter les ondes britanniques, comme nos parents et grands-parents, mais pas pour écouter les messages codés de la résistance, sinon pour espérer entendre les Beatles et les Stones quelques minutes sur les ondes.

Micro d'enregistrement
Le micro, sa qualité est primordiale à la radio…

Radios libres et contre-culture

En France, la radio était alors sous monopole d’État, comme la télévision, et il n’entrait pas dans ses missions de service public de présenter à la jeunesse française des images d’un quatuor de chevelus anglais ou de diffuser la musique d’un américain qui dansait le rock dans une prison !

Le saviez-vous ? C’est pour cette raison que les radios qu’on appela longtemps radios périphériques s’installèrent en Andorre, au Luxembourg, à Monaco pour pouvoir émettre hors du contrôle d’Etat exercé par l’administration française. Et oui, c’est bien de l’origine des stations RTL, RMC qu’il s’agit !

Au début des années 70, un phénomène vint perturber le paysage sonore avec l’avènement des radios libres, initialement appelées radios pirate, le bonheur de la contre-culture, du moins au début. La plus célèbre, Radio Caroline, une radio anglaise, émettait au large des côtes depuis un bateau, et quand on arrivait à la capter en France, on avait de la chance, ça grésillait pas mal et dans notre pauvre petit poste, la musique des Doors ou des Who était bien peu mise en valeur sur le plan de la qualité sonore, mais quel bonheur !

C’est en 1981 que fut supprimé le monopole de l’Etat sur la diffusion radiophonique et télévisuelle, le gouvernement répondant ainsi à la revendication de liberté d’expression portée par des intellectuels et universitaires. Mais ce qui advint ensuite ne fut pas l’arrivée sur les ondes FM de multiples stations culturelles ou musicales, car, évidemment, la publicité s’en mêla, et l’on connait la suite…

Pourtant, il reste des radios libres sur la bande FM et/ou sur le web, qui continuent à travailler pour nous donner de la musique et des émissions de qualité, promouvoir les associations et événements locaux (Radio G, Radio Campus à Angers, bravo à eux !). Assister à l’enregistrement d’une émission que ce soit dans les locaux imposants de Radio France ou ceux d’une petite radio locale, croyez-moi, c’est impressionnant. On peut aussi regarder ses radios sur YouTube maintenant, et voir nos chroniqueurs se tordre de rire en direct, à recommander pour les jours gris à tous points de vue !

La radio, le média qui évolue !

On le sait, aucun média ne chasse l’autre, ce qui change et parfois disparait, ce sont les appareils de diffusion. Ceux qui pensaient que la radio un jour n’existerait plus en sont pour leurs frais, et qui aurait encore envie de se passer des informations qu’on peut écouter à toute heure – grâce au web et aux podcasts – de la musique en continu, ou encore des chroniques de quelques humoristes (personnellement, je suis fan de Guillaume Meurice !) ?

Il y a dans mon amour pour la radio une part de cette sensation de la liberté par rapport à ce qui m’apparaissait déjà à l’époque comme un insupportable matraquage d’idées toutes faites. En réalité, écouter la radio, c’est une vraie forme d’indépendance : pas de tracking, sauf bien sûr si vous téléchargez l’appli de votre fréquence préférée sur votre téléphone ou si vous l’écoutez via votre ordinateur, ce que j’ai fini par faire comme tout le monde, pour profiter par exemple des radios à thème de FIP, ce qui permet de passer du jazz au rock ou aux musiques du monde selon l’humeur et l’heure de la journée.

RPoste de radio dans une voiture rétro
Sur la route, à l’aventure, à l’écoute de la radio.

Et que seraient les longs voyages en voiture sans elle ? Evidemment, je vous parle des radios de Radio France, France Inter « Pour ceux qui ont quelque chose entre les deux oreilles » (vieux slogan !), France Culture, France Musique, FIP, parce que les radios libres, on l’a compris, ce n’est plus qu’une expression vide de sens qui qualifie des stations totalement envahies par la publicité et les jeux promos… Bien qu’il y ait maintenant de la publicité sur les radios d’État, cela reste limité, heureusement !

 

L’objet radio

Impossible de parler de la radio sans évoquer l’objet, le poste de radio. Le plus vintage, le meuble radio des années cinquante. Celui qui trônait dans le salon de mes grands-parents devait peser pas loin d’une centaine de kilos, mon grand-père ébéniste l’avait fabriqué, laissant à mon père le soin de gérer la partie électronique puisque c’était son métier. Bois brun, boutons de bakélite, ampli à lampes et toile tissée serré sur le haut-parleur large comme un écran de PC, c’était un très beau meuble que je regrette toujours. Et surtout, ce qui me fascinait, c’était l’écran de réglage des ondes courtes avec ces villes mystérieuses dont le nom s’affichait : Bratislava, Zagreb, Tirana…

Postes de radio vintage
Des postes de radio vintage très recherchés…

Puis apparurent les premiers postes de dimension plus faciles à caser sur un buffet dans les salons réduits des appartements modernes, avec leurs grosses antennes télescopiques. Des sortes d’ancêtres du sound system, mais pas encore transportables puisque reliés à une prise de courant. Ils furent bientôt chassés par des appareils de plus en plus petits, les transistors, qui devinrent autonomes avec l’arrivée des postes à piles, à peu près en même temps que la bande FM qui est devenue la seule vraiment écoutée (et menacée de disparaître dans certains pays pour laisser la place uniquement à l’écoute via le web).

L’obsession de la miniaturisation, dans les années 70, plus le développement de l’objet publicitaire « made in Taïwan », ont entraîné ensuite la fabrication de radios de plus en plus petites, au format d’un taille-crayons (idéal pour glisser en douce dans sa trousse au lycée), reproduisant « coccinelles » VW ou Tour Eiffel, Batman ou lapin nain… mais c’est un monde mercantile qui m’intéresse peu 😉

Enfin, on eut des radios K7, des chaînes hi-fi avec des tuners aux performances inégalables, des baladeurs radio, et maintenant des enceintes Bluetooth que l’on promène dans toute la maison, avec plus ou moins de qualité sonore évidemment, mais avec tout cela, la radio n’est pas prêt de disparaître !

Créativité et radio

En tant que rédactrice, je continue à me régaler des noms de certaines émissions, et je m’en voudrais de ne pas terminer sur ce point. Impossible de les citer toutes mais quand même « L’oreille en coin » disparu en 1980, « Le tribunal des flagrants délires » avec Pierre Desproges, « Des Papous dans la tête » (mon préféré !), « Du grain à moudre », joli nom pour une émission où l’on débat de l’actualité, « Le masque et la plume » émission culte, indétrônable, parfois aussi agaçante que fascinante sur l’actualité du livre et du spectacle, « J’vous ai apporté mes radios» de Guy Carlier, « Là-bas si j’y suis » l’émission très contestatrice de Daniel Mermet.

Allez, je m’arrête, non sans un grand merci à ma meilleure amie, qui m’avait offert dans les années 80 un petit Sony qui ne m’a pas quittée jusqu’à ce qu’un jour de 2018, il ne meurt de sa belle mort d’objet culte. J’étais presqu’en larmes… et elle est arrivée un jour avec son remplaçant dont j’espère qu’il me fera encore 40 ans au moins, car JAMAIS SANS MA RADIO !!!

A bientôt !
Corinne

Habitat partagé

Des communautés hippies aux écovillages, l’idée de l’habitat partagé a évolué ! A la campagne, en ville, il existe de nombreux modèles, et ça fonctionne plutôt bien. Sommes-nous prêts à vivre ensemble autrement ?

Bonjour, bonjour,

Il y a bien longtemps, (mais alors vraiment longtemps !), je répondais à une petite annonce parue dans le magazine « Actuel » une revue née en 1967 et disparue en 1994, qui fut pour le mouvement underground ce que les réseaux sociaux sont pour nous aujourd’hui. Musique, art, bande dessinée, littérature, politique, ce mensuel nous permettait d’accéder à toutes les informations sur la contre-culture et les modes de vie nés des mouvements contestataires américains et européens.

Et croyez-moi, si « Actuel » était réédité, je ne suis pas certaine qu’il passerait la censure… En tous les cas, je vous laisse imaginer la tête de ma prof de maths découvrant une BD de Robert Crumb ouverte sur mes genoux pendant un cours consacré aux secrets de la trigonométrie. Et bien, je vous le donne en mille, qu’est-ce qui m’aura été le plus utile dans la vie, certainement pas la trigonométrie 😉

Donc, que disait cette annonce ?  A peu près « Cherche volontaires pour retour à la terre et vie en communauté, Ariège, Hautes-Pyrénées… ». Si finalement le projet n’a pas abouti pour moi, au moins quatre de ceux qui répondirent sont en effet partis s’installer en montagne dans une bergerie loin de la civilisation. Quelques temps plus tard, ils avaient l’air très heureux mais les années ont passé, et bien sûr, nous avons perdu le contact.

Or un phénomène nouveau prend de l’ampleur depuis quelques années, avec les écovillages ou écohameaux, les écoquartiers même dans les villes, partant de l’idée qu’il est plus intéressant de se regrouper pour vivre et construire autrement, et ça fonctionne !

Alors, titillée par mes rêves de vie alternative, enchantée de voir se concrétiser des idées dont je fus une fervente adepte, j’ai eu envie d’en savoir plus…

Habitat partagé, pour qui, avec qui, comment ? Utopie ou au contraire mode de vie d’avenir ? Est-ce un système collectif basé sur une vie en autarcie, ou peut-il se concevoir avec une part d’indépendance pour chacun, questions et éléments de réponse !

Habitat partagé et contre-culture

Dès les années soixante-dix, lorsque le mouvement de « retour à la terre » a fait son apparition dans les courants de pensée de la génération hippy, le modèle proposé était plus que de l’habitat partagé : il s’agissait de tenter une vie en communauté, en abandonnant la notion de propriété individuelle, un mode de vie proche des phalanstères et très inspiré à la fois par la pensée anarchiste et les penseurs de l’utopie.

Ce mouvement fut très critiqué par les militants de l’extrême gauche, qui côtoyaient dans les facs les adeptes de la contre-culture, les uns et les autres se rejoignant lors des grandes luttes comme celle pour la sauvegarde du plateau du Larzac ou contre l’implantation de centrales nucléaires.

L’idée finalement commune aux deux groupes était celle résumée par cette phrase de l’écrivain Ayerdhal, « Si le monde ne te convient pas, tu n’as qu’à le changer ». Mais là où les uns prônaient la lutte politique contre le système, les autres préféraient l’idée d’aller construire un mode de vie différent, « ailleurs », c’est-à-dire dans une nature supposée permettre de redonner une chance aux humains de redécouvrir une sorte de paradis perdu. Vision certes un peu simpliste, mais qui a le mérite de proposer de faire un pas de côté par rapport au modèle de société imposé.

La plus belle réussite est certainement celle de la communauté de Longo Maï, (« pour longtemps » en occitan), créée à la fin des années soixante-dix en Provence par de jeunes européens, qui a su mener de front un projet de vie communautaire et libertaire sans renoncer à un engagement politique qui s’est affirmé au travers d’un soutien actif et sans faille envers les victimes de conflits. Longo Maï a accueilli des opposants chiliens dans les années 70, des dissidents d’Europe de l’Est dans les années 80, des réfugiés venus d’ex-Yougoslavie dans les années 90, et je crois que nous devrions leur rendre un hommage appuyé à l’heure où le monde nous interdit parfois d’ouvrir nos bras et nos portes, comme l’ont fait Cedric Herriou ou d’autres accusés de « faciliter » le passage des frontières aux migrants qui ont fui tant de privations et d’exactions de toutes sortes…

Habitat partagé : en mode rural

Je pense que l’on doit beaucoup à Pierre Rhabi, pour s’être un jour convaincu que le colibri de la légende amérindienne avait raison de faire ce qu’il pouvait pour éteindre l’incendie en apportant sa petite goutte d’eau, patiemment et avec opiniâtreté… Quelle que soit l’opinion que l’on ait de ce penseur de l’agroécologie, assez controversé depuis quelque temps, on est obligé de constater que son action a entraîné une réflexion sur l’agriculture, le monde rural, et notre rapport aux ressources que nous offre la nature, concept développé sous le nom d’agroécologie.

Historiquement, le GAEC (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun), représente une forme de communauté, souvent familiale ou en tous les cas reproduisant le modèle familial. La différence est que le GAEC est essentiellement fondé sur une association, visant à fonctionner sur un modèle économique viable, alors que l’écovillage se veut un mouvement global orienté vers la transition écologique.

Les écovillages ou écohameaux regroupent des individus ou des familles souhaitant construire un nouveau mode de vie : habitat bioclimatique, permaculture, agriculture bio, mise en commun des services essentiels à la vie du groupe tels que crèches, écoles, bibliothèque… Le Hameau des Buis en Ardèche, fondé par la fille de Pierre Rabhi autour d’une école, est devenu la référence dans ce domaine.

Nous avons en Anjou un bel exemple de ce que peut être un tel projet avec la Terre Ferme, un écohameau qui se construit sur la base de l’abandon de l’idée de propriété individuelle, la mise en commun des énergies, des moyens et des ressources.

En Europe, certains projets sont soutenus par le FSE (Fonds Social Européen), et partout dans le monde, le mouvement des écovillages s’étend, au Bénin, au Burkina, où le gouvernement a lancé un programme de financement de 2 000 écovillages.

Vivre en écovillage demande de partager plus qu’une vision du monde. Il est nécessaire pour réussir un tel projet d’avoir une réelle capacité à fonctionner collectivement, d’admettre que chacun contribue à hauteur de ses compétences et capacités aux activités qui font vivre l’ensemble des habitants du village. Vous l’aurez compris, individualistes s’abstenir…

Façade de la Maison Radieuse
La Maison Radieuse – Rezé (44)

Habitat partagé : en mode urbain

J’ai visité un jour la Maison Radieuse conçue par Le Corbusier à Rezé (Loire Atlantique). Il y avait là une vision de l’habitat collectif qui m’a enthousiasmée : une école sur le toit, des espaces de rencontre ressemblant à une place de village à chaque étage, un local de partage des objets (je dépose ce dont je ne me sers plus, je prends ce qui m’intéresse…). Et pourtant, malgré cette volonté de créer une vie en commun au sein de la Cité, chaque appartement est conçu de manière à préserver l’intimité de ses balcons et terrasses.

Façade d'un immeuble
Les résidences Kalouguine

A Angers, les résidences Kalouguine, du nom de leur architecte, sont un ensemble de logements sociaux conçu pour proposer un autre type d’habitat collectif, et cette cité permet à des familles de profiter d’un superbe parc de 4 hectares au cœur de la ville. Les habitants qui y ont partagé enfance ou adolescence, ceux qui y vivent encore se retrouvent sur Facebook pour parler avec émotion de ces résidences qu’on a parfois surnommé les résidences Barbapapa en raison de leurs formes arrondies.

Toujours à Angers, un concours récent a retenu six projets, dans lesquels des immeubles paysagers mélangeront logements sociaux, appartements pour personnes âgées, espaces de coworking, boutiques, et même pour l’un d’entre eux, une ferme urbaine. Angers, ville numéro un en 2018 des villes de France où il fait bon vivre, c’est une récompense qui me semble méritée, mais j’avoue manquer parfois d’objectivité !

Partout en France, pour des citoyens soucieux de concevoir un type d’habitat qui correspond à leurs attentes en termes d’environnement et de conception des espaces, l’habitat participatif est la solution qui s’avère de plus en plus recherchée. Elle permet en effet d’intégrer les contraintes financières, les règlements d’urbanisme – ces derniers s’étant ouverts aux nouvelles visions de l’habitat collectif – et la construction de bâtiments au bilan énergétique satisfaisant.

Le logement social bénéficie de cette réflexion qui amène les architectes à penser autrement les espaces de demain.

Retraite en habitat partagé ?

Si vous avez vécu cette période de fourmillement de la contre-culture, je vous imagine comme moi à l’âge où cheveux blancs et vie professionnelle à peu près terminée vous laissent parfois devant une foule de questions sur le sens de nos parcours. Et en train de regarder si par hasard… ce ne serait pas le moment de faire ce pas de côté que nous n’avons pas osé faire il y a 40 ans.

Certains sont en train de le faire, parce que leurs moyens financiers ne leur laissent que peu d’espoir d’un mode de vie satisfaisant. Pourvus d’une volonté de changer leurs habitudes, et plutôt que d’aller s’installer, en bons néo-colonialistes, en Thaïlande ou au Maroc pour y jouir de leur pouvoir d’achat, ou au Portugal pour échapper au fisc, ils sont déjà nombreux à réhabiliter une ancienne ferme, acheter un ancien domaine ou juste une très grande maison pour partager ensemble, non pas une fin de vie mais un nouveau mode de vie, communautaire et réfléchi, solidaire et engagé.

Leur force : le temps dont ils disposent dorénavant, et l’énergie intacte que donnent des idées nourries au fil des années de la lecture et de l’expérience. Beaucoup expérimentent autonomie énergétique, permaculture et partage des tâches, tout en maintenant un œil ouvert sur le monde et les nouvelles possibilités qu’une technologie adaptée peut apporter à ce mode de vie volontairement engagé dans une démarche de bien-être collectif.

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Village retraite en Angleterre

Cette idée de l’habitat partagé pour les seniors a donné également naissance à un concept de « villages retraite », implantés en milieu rural, une réinterprétation du concept de village, qui mêle habitat individuel et participation collective à des loisirs, sans oublier la mise en place de services adaptés, souvent nécessaires à partir d’un certain âge. Mais le risque est de proposer un modèle qui met à l’écart tout autant que la « résidence services » ou la maison de retraite et de ne pas satisfaire une génération qui n’a aucune envie de se couper de la vie sociale et culturelle…

En milieu urbain, on voit bien que le problème ne se posera pas comme dans une commune rurale déjà désertée. Si vous avez entendu parler de la Maison des Baba Yagas, croyez-moi, aucun risque pour ces femmes trépidantes de se couper de leurs concitoyens ! En tous les cas, un projet intergénérationnel me semble une vision beaucoup plus souhaitable qu’un concept qui viendrait à isoler encore davantage nos aînés.

Alors, on partage ?! En tous les cas, que ce soit en milieu rural, dans les montagnes de l’Ardèche ou dans une banlieue de grande ville, je me dis qu’on a tout à gagner à retrouver un mode de vie plus humain, qui passe par un habitat mieux pensé en terme de performance énergétique, par un modèle d’agriculture raisonné, par l’application de technologies nouvelles à la gestion maîtrisée des ressources, par le respect de l’environnement, et par un regain de solidarité entre les générations.

A bientôt,
Corinne

 

Pionnières et aventurières

Elles ont tourné le dos à un destin tout tracé pour suivre leur chemin, à contre-courant de leur époque…

Bonjour, bonjour,

Quand on regarde en arrière vers les années soixante-dix, on a le souvenir vibrant de cet appel du large que la beat génération a fait souffler sur une société bourgeoise qui s’endormait tranquillement le soir sur un canapé devant son écran de télévision.

Adolescente au cours de mes chères seventies, j’ai pris parfois des chemins aventureux, au guidon de ma moto ou le pouce levé au bord de la route, sac au dos, mais comme je n’étais peut-être pas si audacieuse que j’aurais voulu l’être, mes pérégrinations ne m’ont pas menée plus loin que la lisière du Sahara, dans cette belle ville d’El Oued dont je garde des images ô combien magiques, alors que mon projet était de prendre la piste mythique de Tamanrasset pour rejoindre Gao au Mali…

Alors, vous imaginez mon admiration pour celles qui ont emprunté « Les chemins de Katmandou » bien avant que le cinéaste André Cayatte n’immortalise Jane Birkin sur la route du Népal dans un film sur le mouvement hippy. Petite remarque en passant, je crois que ce réalisateur a réussi pour le panier d’osier ce dont n’osent même pas rêver les marketers actuels, le lancement d’un « it bag » pour les cinquante années qui ont suivi la sortie du film !

Ces exploratrices qui me fascinent furent des pionnières, en un temps qui laissait bien peu de place aux rêves d’aventures, surtout quand on naissait avec un handicap aussi terrible que celui d’être une femme… Il a fallu attendre longtemps, trop longtemps, pour qu’Alexandra David-Néel, Ella Maillart et Anita Conti soient reconnues au même titre que Jean Malaurie, Alain Gerbault ou Théodore Monod.

Toutes les trois sont parties avec des motivations très diverses, mais un point en commun, l’envie de conjuguer leur soif de liberté et leur désir de connaissances. Découvrir – et faire découvrir – un monde encore inexploré, le Tibet et sa civilisation pour l’une, l’Asie pour l’autre, les océans pour la troisième, tel a été le moteur de leur vie hors normes.

Pionnières et aventurières, elles sont le symbole de la liberté, la liberté de dire non à un destin tout tracé par leur famille, celle d’aller à contre-courant des idées de leur époque, et de se consacrer à leur soif d’aventures et de connaissances. J’ai choisi de vous parler aujourd’hui de 3 femmes dont la vie m’a fait tant rêver…

Alexandra David-Néel

Alexandra David-Neel, portrait en mendiante
Alexandra David-Neel déguisée en mendiante

Elle est morte en 1969, trop tôt pour avoir connu l’engouement du mouvement hippy pour l’Inde, le Népal et le Tibet, mais à l’âge de 101 ans, après avoir traversé des contrées plus que dangereuses dans des conditions à peine imaginables. Accompagnée de son futur fils adoptif, Aphur Yongden, jeune lama originaire du Sikkim, avec un équipement minimal, une nourriture rationnée, déguisée en mendiante pour ne pas attirer les pillards qui faisaient la loi sur les routes du Tibet, elle réussit à pénétrer dans Lhassa, cité interdite aux étrangers.

La lecture de son livre « Voyage d’une parisienne à Lhassa » permet de découvrir un Tibet loin des visions fantasmées des adeptes du flower power ! Parcourir en 1916 puis en 1924 ce pays en proie aux brigands, qui sèment la terreur chez des habitants par ailleurs pétris de superstitions, n’a rien d’une promenade de santé et on ne trouve pas dans le livre de quoi alimenter les clichés les plus courants sur le bouddhisme tibétain.

En effet, le Tibet, jusqu’à ce que le bouddhisme ne prenne la place de religion officielle, a eu pour principale culte le Bön, une croyance en des dieux, démons, magiciens et sorcières de toutes sortes qui les accompagnaient dans leur vie quotidienne, dans leurs aventures légales ou illégales. C’est dans son livre « Magie d’amour et magie noire » que l’on plonge le mieux dans cette religion ancestrale : écrit sous forme de roman, il est cependant le récit d’histoires authentiques racontées à Alexandra David-Néel par des lamas tibétains et si vous décidez de le lire, attendez-vous à frémir de peur … Actuellement, le gouvernement tibétain en exil tente de préserver la mémoire de cette religion, afin de sauver une identité culturelle déjà tellement menacée par l’occupation chinoise.

Alexandra David-Néel est un personnage absolument fascinant : fugueuse dès son plus jeune âge, anarchiste, cantatrice, écrivaine, féministe, bouddhiste initiée par des yogis tibétains, elle fait partie de mon Panthéon personnel, un culte qui n’a pas besoin de cérémonies mais que j’entretiens soigneusement !

Route d'Afghanistan
Route d’Afghanistan empruntée par Ella Maillart

Ella Maillart

Née en Suisse en 1903, Ella Maillart a en commun avec Alexandra David-Néel une jeunesse marquée par un désir absolu de liberté et une attirance pour l’Asie qu’elle parcourt au début des années 30, après un premier voyage à Moscou où elle se rend en reportage, avec l’aide financière de la veuve de Jack London, et où elle est accueillie chez la comtesse Tolstoï. Que de bonnes étoiles autour du premier voyage d’Ella…

Ella Maillart très jeune avait aussi une prédilection pour le sport, elle s’illustre dans diverses disciplines, le hockey sur gazon, le ski alpin et la voile, deux épreuves dans lesquelles elle participera aux Jeux Olympiques sous les couleurs de la Suisse. La marine suisse n’est pas un sujet de plaisanterie, on l’a vu il y a quelques années lors de la célèbre régate de l’America’s Cup !

Après avoir parcouru la Méditerranée avec trois amies, dont un périple sur un vieux thonier ragréé par elles, à 19 ans, elle est matelot sur des yachts anglais, puis exerce divers métiers qui la laissent totalement insatisfaite tant elle rêve de voyages et de navigation. Seul le reportage lui ouvre la possibilité de voyager comme elle l’entend, et elle commence à écrire, pour financer ses expéditions, et devient photoreporter. Son Leica et sa machine à écrire ne la quitteront plus.

En 1932, sac au dos, elle part pour le Turkestan, explore le Kirghizstan, le Kazakhstan, des contrées peuplées de nomades qui la fascinent, mais aux mains de seigneurs de guerre qui rendent les routes dangereuses et les étapes plutôt inhospitalières. Du haut d’une montagne, à 5 000 mètres d’altitude, elle aperçoit la Chine interdite où elle se promet de revenir. Une rencontre fut déterminante pour elle, celle du journaliste Peter Fleming, dont on dit qu’il fut aussi un espion britannique, avec qui elle réussira à entrer en Chine pour découvrir des territoires totalement inconnus des occidentaux.

En 1939, elle part de Genève en direction de Kaboul au volant de leur Ford avec sa compagne Annemarie Schwarzenbach, qu’elle tentera de libérer de l’emprise de la drogue, sans succès. Ella Maillart raconte ce voyage en Afghanistan dans le livre « La Voie cruelle »

Moines tibétains
Moines tibétains

Elle passe ensuite de nombreuses années en Inde où la mène une quête spirituelle orientée vers le bouddhisme, autre point commun avec Alexandra David-Néel, écrivant un jour à une amie « n’oublie jamais que nous ne serions rien sans l’Asie » et revient en Suisse pour s’installer en haut d’une montagne. Sa vie ne sera plus que des aller-retours entre la Suisse et l’Asie, et elle mettra toute son énergie à faire connaître les pays qu’elle a tant aimés et photographiés. Ella Maillart a fait don de plus de 20 000 clichés au Musée de l’Elysée de Lausanne. Elle meurt en 1997, à 94 ans, elle aussi après avoir eu une vie qui faisait frémir ses contemporains helvètes à l’époque, plus réputés pour leur sens de la finance que pour leur goût de l’aventure !

Anita Conti

Un peu différente est l’histoire d’Anita Conti, née en 1899. Son continent à elle, c’est l’océan, les océans, qu’elle ne se lasse pas de parcourir et dont elle permettra de dresser pour la première fois une cartographie détaillée, non du point de vue de la navigation, mais du point de vue des ressources halieutiques, c’est-à-dire de la gestion des espèces aquatiques, ce qui était absolument une première.

Avec Ella Maillart, elle partage une passion pour la photographie et la navigation. Pour elle, ce sera le monde de la pêche vers lequel se tourneront toutes ses aspirations, monde qu’elle a côtoyé dès sa plus tendre enfance en Bretagne. Première océanographe française, Anita Conti embarque très tôt sur des navires de pêche, adolescente pour le plaisir, puis plus tard pour étudier les ressources marines.

Bateau de pêche proche d'un iceberg
Bateau de pêche au Groenland

Anita Conti participe à une campagne de pêche à la morue dans l’Arctique, et dès 1939, elle pressent ce que la surpêche représente comme menace pour la ressource. La guerre arrivant, elle prend part à des opérations de déminage et embarque ensuite sur les bateaux de pêche français contraints de se rendre au large de l’Afrique pour continuer à assurer leur activité et l’alimentation des populations, car il était interdit – et plus que dangereux – de pêcher en Atlantique nord.

Elle décide alors d’étudier les techniques locales de pêche, et se passionne pour l’Afrique où elle sera d’abord chargée de mission pour le gouvernement algérien, puis consciente de l’état de malnutrition de populations pourtant proche de zones de pêches, elle s’attaque au vaste problème de la ressource et de la conservation du poisson pour alimenter durablement les habitants. Après la guerre, le gouvernement français cessant de financer ses expéditions, elle fondera alors sur ses propres deniers, des pêcheries, fumeries de poisson et se consacrera à l’étude de la valeur nutritive de chaque espèce pour identifier celles qui permettent de pallier les carences en protéines des peuples de Guinée, Mauritanie, Côte d’Ivoire…

Pêcheurs ghanéens
Pêche côtière au Ghana

Ecologiste avant l’heure, engagée, mettant toute son énergie à travailler sur la gestion de la ressource non pour le profit mais pour lutter contre la malnutrition, Anita Conti meurt en 1997 à Douarnenez, ce qui lui laissera le temps de constater tristement les ravages causés par la pêche industrielle, qu’elle dénonce dans ses nombreux ouvrages, dont « Racleurs d’océan ». Elle n’avait pas loin de 100 ans, elle aussi, et elle laisse un trésor de 45 000 photos d’une valeur scientifique inestimable. En Bretagne, Anita Conti fait l’objet d’une admiration qui lui vaut d’avoir son nom sur de nombreux établissements scolaires, médiathèques… et bien sûr quelques bateaux !

Voilà, j’espère que cet article vous aura plu, je ne pouvais pas ne pas parler un jour de ces trois femmes qui sont pour moi des héroïnes. Et vous avez vu à quel âge sont mortes ces femmes dont tout laissait à prévoir qu’elles trouveraient la mort prématurément sur une route déserte du désert de Gobi ou dans une tempête… L’écrivain Paulo Coehlo a sans doute bien raison de dire « Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, je vous propose d’essayer la routine… Elle est mortelle »

Si j’ai renoncé à certains rêves, le plus souvent par manque d’audace ou parce que la vie s’était un peu compliquée, j’ai une fille, qui elle, est une vraie aventurière, elle n’a peur de rien, sauf des araignées, et encore, cela ne l’empêche pas de partir en expédition dans des endroits où pullulent des spécimens de taille à vos donner les pires cauchemars… Bref, inutile de vous raconter ici qui est mon héroïne préférée, vous l’aurez deviné sans peine 😊

Comme je n’ai pas dit mon dernier mot sur un ou deux voyages qui me tiennent à cœur, j’espère pouvoir un jour en faire le récit sur ce blog !

A bientôt, pour de nouvelles aventures 😉