Keith Richards, mixed emotions

Chicago, New Orleans, Philadelphia, Houston… été 2019, les Rolling Stones repartent en tournée ! Après l’opération de Mick Jagger en juin dernier, à peine un mois plus tard, les Stones sont donc de nouveau sur la route pour la tournée No filter US. Les glimmer twins sont en pleine forme, au grand soulagement de leurs fans, dont je suis, ça ne vous aura pas échappé !

Il y a quelques années, on n’aurait pas parié un penny sur les chances de Keith Richards d’être encore sur scène en cet été 2019, soit à près de 76 ans, après des années d’addiction à toutes les drogues, à l’alcool et la cigarette. L’addiction des stars du rock, c’est évidemment un sujet récurrent, que les médias traitent le plus souvent sous l’angle de la vie trépidante et de l’argent facile. Keith Richards, lui qui se vante d’avoir enterré tous les médecins qui lui avaient prédit une mort certaine dans les six mois, raconte une histoire un peu différente.

Keith Richards et les Stones, retour dans les 60s

Keith se confia un jour sur les premières années des Rolling Stones, lorsqu’ils se déplaçaient d’une ville à l’autre dans une fourgonnette absolument hors d’état, gagnant à chaque concert juste de quoi passer la soirée et remettre de l’essence le lendemain matin dans le van. Leur rythme de vie était impossible à soutenir : arriver l’après-midi dans une nouvelle ville, prendre possession de la salle de spectacle pour installer le matériel, faire les balances, jouer à fond de 21h à minuit ou plus, puis démonter et ranger dans le camion…

Keith Richards années 60
Photo Dina Regine

Ensuite, après le concert, manger enfin, à condition de trouver un endroit pour vous accueillir à cette heure tardive, mais en général, il ne reste que les pubs à cette heure de la nuit, donc, on ne mange pas, on boit des verres, parfois beaucoup, en compagnie de quelques groupies avec qui on passe la nuit, et quand on va dormir au petit jour, il est presque l’heure de reprendre la route pour faire les 300 miles qui te séparent de la ville suivante.  « Un jour, quelqu’un te propose de la cocaïne et tu ne ressens plus la fatigue, tu peux tenir plusieurs jours sans dormir, alors… »

C’est aussi simple que cela, et cela commence toujours ainsi, un bénéfice immédiat qui va se transformer en enfer, celui de l’addiction. Et comme les tournées s’enchaînent, qu’entre chacune, il faut enregistrer, mais aussi faire la fête, (il a 25 ans à l’époque), la suite, c’est la dépendance.

Keith Richards et la cocaïne

L’addiction aux drogues dures, même si elle n’est pas une nouveauté du 20ème siècle, a pris une ampleur évidente dans les années soixante, et a causé la mort de nombreux musiciens, entre autres le tristement célèbre « club des 27 » (voir mon article sur Janis Joplin).

Keith Richards n’a jamais caché le fait qu’il s’est adonné à l’héroïne et la cocaïne pendant toutes ces années, depuis celles où la police londonienne faisait régulièrement des descentes chez les Stones, depuis son arrestation en 1967, jusqu’au moment où, revenu en Angleterre après s’être réfugié sur la Côte d’Azur avec le reste du groupe, il a continué à consommer. Il dit « je n’ai jamais eu de problème avec la drogue, je n’ai eu de problème qu’avec la police ». Humour rock’n roll et néanmoins très british.

Keith Richards souriant sur scène
Photo Jerzy Bednarski

Ce qui peut paraître incroyable, c’est de le voir aujourd’hui, presqu’octogénaire, tirant sur sa cigarette (il les allume les unes sur les autres), et montant sur scène avec la même vitalité qu’à l’époque de Satisfaction.

Je ne vais pas vous conseiller de suivre son exemple, il dit lui-même qu’il doit avoir un organisme de compétition et plaisante volontiers sur le sujet. En revanche, il se livre moins souvent sur les périodes de sa vie où la drogue l’a emporté sur tout le reste, sa vie familiale en particulier, dont il n’aime pas parler. La perte de son fils Tara à l’âge de 2 mois d’une mort subite du nourrisson, l’a marqué à vie. J’ai vu les Stones sur scène le lendemain de sa mort, aux Halles de la Villette à Paris, le concert n’avait pas été annulé, personne n’en a rien su mais Rolling Stone ne signifie pas cœur de pierre et le contrecoup a été d’une violence rare.

Keith Richards : mythes et légendes

Alors bien sûr, on en a raconté des histoires sur les excès et les travers de celui que beaucoup considèrent comme le plus grand rocker de tous les temps. En Angleterre, une vieille plaisanterie dit qu’en cas de guerre nucléaire, seuls survivront les cafards (ça c’est connu !) et Keith Richards (ça c’est possible !).

Il dormirait avec un pistolet sous son oreiller, il voyagerait avec des conserves de sheperd’s pie (sorte de hachis parmentier) car il n’aime manger à peu près que ça, il aurait sniffé les cendres de son père, il se ferait régulièrement changer intégralement le sang dans une clinique suisse…

Sur ses relations avec les autres Stones, il aurait contribué à éjecter Brian Jones (qui n’était pas un personnage particulièrement sympathique, c’est le moins qu’on puisse dire) et aussi Mick Taylor qui avait pris le devant en tant que guitariste solo après la mort de Brian.

Mais aussi, il aurait aidé Charlie Watts, le batteur, à sortir de l’héroïne, Charlie ayant eu la mauvaise idée de s’y mettre tardivement, alors que les autres étaient enfin désintoxiqués. Heureusement pour Charlie, cela n’a pas duré longtemps. Grâce à Keith ?

Avec Ron Wood, c’est une amitié indéfectible. Ronnie (fucking Ronnie Wood !) et ses facéties, son humeur toujours au beau fixe, c’est l’alter ego idéal sur scène comme dans la vie, alors qu’avec Mick, les choses sont plus compliquées….

Mick Jagger et Keith Richards
Photo Andrea Sartorati

Il n’aurait jamais pardonné à Mick Jagger d’avoir eu une liaison avec Anita Pallenberg, la mère de ses 3 premiers enfants, morte en 2017, qui n’avait jamais vraiment décroché de l’héroïne alors que Keith a arrêté en 1980 (il y a près de 40 ans donc !).

Il dit aussi « toutes les petites amies de Mick venaient pleurer sur mon épaule et moi je leur répondais, mais qu’est-ce que je devrais dire, moi, je ne peux même pas divorcer, je suis scotché avec lui ! » Leur relation a toujours été quelque peu conflictuelle, l’un (Mick) jugeant l’autre pas fiable en raison de ses addictions et l’autre (Keith), trouvant Mick trop bourgeois, trop attiré par les hautes sphères de l’aristocratie.

Et puis d’autres anecdotes encore :  il est tombé du haut d’une échelle en cherchant un livre dans son immense bibliothèque, il a failli brûler vif deux fois à cause d’une cigarette fumée au lit, il est tombé à nouveau, cette fois d’un cocotier aux iles Fidji pendant des vacances avec Ron Wood, qui ne boit pas non plus que de l’eau minérale.

Ce qui nous amène directement à Pirate des Caraïbes, film dans lequel Johnny Depp raconte comment le personnage de Keith Richards l’a influencé, au point que la production du film l’intègrera au casting pour jouer le père du capitaine Jack Sparrow, rôle qui lui va comme un gant. Deux légendes, deux images de « mauvais garçons » se retrouvent dans une taverne mal famée sur une île des Caraïbes, la boucle est bouclée. On les a vus ensemble récemment dans un restaurant indien du côté d’Epsom, le tandem ne doit pas être toujours fréquentable !

Keith Richards, plus grand guitariste du monde

Pour moi, évidemment, ça ne fait pas l’ombre d’un doute, mais j’admets que la concurrence est rude. Comme je ne suis pas musicologue, je ne pourrais pas analyser dans les détails ce qui fait l’intensité du jeu de Keith Richards, tout ce que je sais, c’est qu’il y a dans ses célèbres riffs le battement même du cœur du rock’nroll, cette musique qui a maintenant bien plus d’un demi-siècle alors qu’on lui prédisait une mort rapide (ça a bien failli arriver avec la bouillie musicale disco des années 80).

Keith Richards sur scène en 2006
Photo Patrick Baumbach

Pour les Stones, on a eu un peu peur quand même, quand, après Exile on Main Street, le double album composé à la villa Nellcôte en France, le tournant musical pris à l’initiative de Mick Jagger a fait un peu frémir d’horreur les fans. Mais c’était sans compter avec la force des racines musicales dans lequel le groupe puise son énergie, le blues, le country, le ryhtm and blues, et surtout le plus authentique du rock’n roll de Chuck Berry notamment.

Chuck Berry, qui était l’idole du tout jeune Keith Richards, et dont il portait religieusement un disque sous le bras le jour de la première rencontre avec Mick Jagger sur un quai de gare, les fans des Stones connaissent l’histoire. Et bien avec Chuck Berry, le courant n’est jamais passé sur le plan humain, alors que bien sûr, sur le plan musical, la filiation est évidente et revendiquée par les Stones. Curieux, non ?

Keith Richards, mixed emotions ?

Pourquoi Keith Richards m’émeut tant, j’ai un peu de mal à l’expliquer, car il a parfois des « sorties » plutôt brutales et volontairement choquantes. Peut-être pour la seule addiction qui lui restera jusqu’au bout, celle qui l’enchaîne à la musique. Peut-être pour sa capacité à pratiquer l’auto-dérision, pour sa fragilité réelle, que l’on ressent tellement lorsqu’il chante.

Car il chante aussi, avec une voix aux inflexions rauques, un fond permanent de tristesse qui perce derrière le sourire qu’il arbore de plus en plus sur scène, tellement heureux d’être là. « It’s good to be there, it’s good to be anywhere », « Je suis heureux d’être ici, je suis heureux d’être n’importe où. », (c’est bon d’exister tout simplement ?).

Keith Richards chante, et on finira avec ce très beau morceau si ça vous dit « This place is empty without you » de l’album A Bigger Band à écouter ici

A très bientôt à tou.te.s, soyez rock’n roll si cela vous dit, car de toute évidence, ça conserve ! 😉

Passez un bel été en musique oh yeah !
Corinne

Photo couverture : Concert Turin 2013 Creative Commons Wikimedia by Gorupdebesanez

All photos Creative Commons Wikimedia

 

Janis Joplin

Janis Joplin, les légendes du rock et le club des 27, mais surtout l’histoire d’une immense chanteuse…

Bonjour,

Un petit moment de nostalgie et l’envie de vous parler d’une de mes « héroïnes » – sans mauvais jeu de mots – parce que c’est la musique que j’écoute le plus souvent avec les Stones et les Doors, alors, voici un article un peu triste peut-être mais j’espère que vous apprendrez beaucoup, si vous le voulez, sur cette grande chanteuse !

Les légendes du rock

Les grands disparus de nos années rock, Janis Joplin, Jim Morrison, Brian Jones, Jimi Hendrix, font partie d’une célèbre liste, le club des 27, liste tristement inaugurée avec la mort à 27 ans de Robert Johnson, bluesman américain que vous connaissez certainement si vous aimez le blues. Tous morts au même âge, 27 ans, avec un nom qui commence par un J… Quelle était cette menace effroyable qui semblait peser sur les musiciens de l’époque comme une fatalité, un sombre signe du destin qui frapperait des victimes tout juste coupables d’un délit de fureur de vivre ? Ou bien s’agissait-il d’un châtiment divin pour tant de liberté, de dédain pour les conventions, de mépris pour le qu’en dira-t-on, encore si nocif dans les Etats-Unis des années soixante ? C’est ce que proclamaient les esprits « bien-pensants » de l’époque, et cinquante ans plus tard encore, il restera toujours des relents de cette incompréhension profondément implantée dans le cerveau de la « bonne société », qui veut que tout ce qui ne lui ressemble pas soit au mieux ignoré, au pire éliminé…

Le club des 27

Patti Smith raconte dans son livre « Just Kids » que le grand bluesman Johnny Winter est resté volontairement confiné dans sa chambre d’hôtel à New York presque toute l’année de ses 27 ans, persuadé qu’il serait le prochain sur la liste et ne tarderait pas à rejoindre Janis Joplin avec qui il avait joué sur scène l’année de la mort de celle-ci. Il est mort en 2014, ayant largement dépassé l’âge de 27 ans, puisqu’il en avait 70. Avoir 27 ans n’était sans doute pas une malédiction en soi…

Et ce n’est pas non plus la lettre J qui porte malheur, car on trouve sur cette triste liste des légendes du rock le musicien Alan Wilson, fondateur du groupe Canned Heat, mort lui aussi à 27 ans, et aussi plus récemment Kurt Cobain et Amy Winehouse. Ce ne sont en effet ni le chiffre 27, ni la lettre J qui portent malheur, mais bien les cocktails dangereux, la fête permanente et sans limites, la violence extrême d’une enfance dévastée pour Kurt Cobain que rien n’aurait pu sauver, les néons trop vite allumés sur des personnalités trop fragiles comme Amy Winehouse

Elles sont deux, deux chanteuses au milieu de cette liste funèbre où s’inscrivent pour l’éternité les légendes du rock, deux femmes immensément talentueuses et qui n’ont pas surmonté les chocs de la vie, les écueils de la célébrité ou les soubresauts de l’amour. Elles me touchent particulièrement, par leur musique teintée de blues et authentiquement rock, par leurs voix chargées des tressaillements douloureux de leur existence, ce sont Janis Joplin et Amy Winehouse.

Mortes, l’une en 1970, l’autre en 2011, les deux à 27 ans, chacune laissant un vide sidéral dans la musique de notre époque, chacune nous racontant les épisodes interminables de vies égarées dans l’angoisse de lendemains qui cessaient de chanter quand la fièvre de la musique était retombée.

Les deux sont arrivées un jour sur scène en titubant, l’une à Woodstock, en 1969, au point qu’elle refusa de voir gravée sa prestation dans le film officiel du festival. Et pourtant, malgré son ébriété, sa nervosité et le stress que lui provoqua cette foule de fans à laquelle elle ne s’attendait pas, elle réussit à soulever le public dans un show inoubliable.

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de Janis… et d’Amy je vous parlerai un autre jour, et croyez-moi, je n’oublierai pas.

Piece of my heart

Cette immense chanteuse à la voix absolument inimitable est une sorte de fleur poussée sur le terreau méprisable et ô combien mortifère de ce que l’on n’appelait pas encore le harcèlement scolaire. Persécutée pour ses opinions en faveur de la communauté noire et son anticonformisme déjà prononcé dès les bancs de l’école du Texas qu’elle fréquenta, elle fut désignée par ses condisciples de l’université comme « le garçon le plus laid du campus », en raison de ses kilos en trop et d’une acné qu’elle tentera de soigner avec un traitement qui lui laissera de vilaines cicatrices.

S’ensuivirent d’autres surnoms comme pig (cochon), creep (monstre) nigger lover (fille à nègres) et toutes les persécutions que lui valut sa bisexualité revendiquée, son engagement politique et sa liberté affichée. Quant à son style vestimentaire volontairement outrancier, il fit à l’époque couler beaucoup d’encre : boas en plume, chapeaux de toutes formes, lunettes aux verres roses ou jaunes, chaussures dorées et vêtements bariolés ou pailletés, rien de tout cela ne pouvait plaire à la bonne société. Chacune de ses tenues exprimait haut et fort un besoin de s’affirmer envers et contre tout, contre la société américaine bien-pensante, contre les institutions coupables d’enfermer la femme dans une image conformiste qu’elle rejetait de toutes ses forces.

Janis Joplin en concert
Janis Joplin en concert

Des forces, au départ, elle n’en manqua pas, Janis, pour crier et chanter sa révolte, mais à vouloir cacher ses blessures, elle y laissa un morceau de son cœur brisé « A piece of my heart »

Cette chanson, Piece of my Heart, extraite de l’album Cheap Thrills sorti en 1968, vous pouvez l’entendre ici et même si la vidéo n’est pas de très bonne qualité, c’est un magnifique document, elle y crie « ne t’ai-je pas donné presque tout ce qu’une femme peut donner » et l’on y voit un public extasié l’entourant sur scène et dansant avec elle, dans une grande complicité… Quand on pense à ce que sont les concerts actuels dans des stades, on voudrait revivre ces moments d’une rare intensité !

Try (just a little bit harder)

Sa force intérieure vient avant tout de son désir de chanter le blues, depuis l’enfance où elle écoutait en boucle les disques de chanteuses comme Bessie Smith, son idole. C’est cette passion qui lui donnera l’énergie de quitter le Texas pour rejoindre la Californie, où elle se posera à San Francisco, en pleine époque de la beat generation, époque où l’on pouvait pousser la porte de tous ces artistes pour simplement partager un joint ou faire un « bœuf ». Désormais, dans cette atmosphère de contestation permanente, elle choisira de s’affirmer en revendiquant sa liberté sexuelle, jouera de son excentricité vestimentaire, et appellera à chacune de ses apparitions à la révolte contre « l’establishment ».

Mais en réalité hyper-sensible et timide, elle tombe très tôt dans l’addiction aux amphétamines, puis à l’alcool mêlé à l’héroïne, tentant quelques pauses mais retombant au rythme de ses aventures amoureuses et de ses rencontres. Car chacune de ses amours manquées brisera en elle quelque chose, et elle qui n’avait pas la résistance qu’elle prétendait montrer envers et contre tout, sombrera dans les faux paradis de l’alcool et de la drogue. Malmenée par les chocs de la vie, trompée, rattrapée par les passions et les chagrins de ses amours tumultueuses, elle ne survivra pas à l’abus de ces substances qui mineront son organisme jour après jour.

On lui prête des amours avec la moitié des musiciens de l’époque et pas des moindres, Jimi Hendrix, Leonard Cohen, Country Joe Mc Donald, Jim Morrison, Eric Clapton… On ne prête qu’aux riches, c’est bien connu, mais ce seront le plus souvent des amours d’un soir. Ses amours, impossible donc de les raconter tous, mais quelques-uns compteront plus que d’autres, comme Ron McKernan, musicien du groupe Grateful Dead. Rob surnommé « Pigpen » (un personnage des Peanuts), qui mourra 2 ans après elle, à 27 ans aussi.

Ce sont les drogues dangereuses, absorbées par doses de plus en plus conséquentes et accompagnées d’alcool, qui causèrent sa séparation avec son premier grand amour Jae Whittaker, qui la quitta lorsqu’elle commença à fréquenter Linda Gottfried, avec qui sa consommation prit un tournant irréversible. Elle tentera d’en finir avec la drogue, avec l’aide d’un de ses derniers amours, un jeune américain qui voulait l’emmener voyager à travers le monde, mais elle retombera dans l’héroïne et celui-ci finira par repartir sans elle.

Pearl

Portrait de Janis Jopli
Portrait de Janis Joplin en 1970

Deux albums resteront dans l’histoire de la musique rock comme deux chefs d’œuvres incontestés.

Tout d’abord, Cheap Thrills avec le groupe Big Brother and the Holding Company, incluant son extraordinaire reprise de Summertime, dans lequel sa voix fêlée et vibrante se hisse à des hauteurs inimaginables. L’album est célèbre aussi pour sa pochette dessinée par Robert Crumb, gloire de l’underground et symbole de la contre-culture pour ses dessins mettant en scènes des personnages et des situations généralement très crues. Ce qui est drôle, c’est que Robert Crumb, fan de blues, n’écoutait pas cette musique dite « psychédélique » mais qu’il sut pourtant mettre son talent au service de la musique de Janis dont il illustra chaque chanson avec un humour évident.

Lorsqu’elle quitte le groupe, en 1968, sa carrière est déjà lancée, elle a participé au festival de Monterey où elle souleva un public en transe devant sa prestation, de même qu’un an plus tard à Woodstock où pourtant, elle apparut en proie à une immense nervosité. Elle demanda même à ne pas figurer dans le film Woodstock, désir qui fut respecté jusqu’aux récentes rééditions, et c’est vrai que Woodstock sans l’émotion de voir Janis sur scène, quel vide…

L’album Pearl, enregistré avec le groupe qu’elle était si heureuse d’avoir formé, le Full Tilt Boogie Band en 1970 sera son dernier.  Classé parmi les 50 meilleurs albums de tous les temps par le magazine Rolling Stone, il lui vaudra – enfin – son plus joli surnom (avec The Rose), mais elle ne verra pas la sortie du disque, car elle mourra avant d’avoir enregistré tous les titres, d’où la présence d’un instrumental parmi les chansons gravées sur ce 33 Tours. Le morceau le plus connu est Me and Bobby Mac Gee, une chanson écrite par Kris Kristofferson (encore un de ses amours éphémères) et Fred Foster, qui fut d’abord interprétée par Roger Miller, mais elle reste associée pour toujours à l’interprétation de Janis Joplin, et les paroles auraient tellement pu être les siennes :

« Freedom’s just another word for nothing else to loose »
« La liberté, c’est juste un autre nom pour dire qu’on n’a rien à perdre… »

Si vous voulez entendre un de mes morceaux préférés, je vous donne le lien vers un enregistrement de la chanson Move over extraite de ce sublime album, ici

Janis, une perle, une rose dont les épines étaient tournées vers l’intérieur… Rest In Peace, Janis.

 

A bientôt, passez de bonnes fêtes, en musique surtout !
Corinne

Photos sous licence Creative Commons