Cosmétique et greenwashing

En matière de cosmétique, le mensonge est roi et l’éthique souvent au plus bas. Comment s’y retrouver entre cosmétique naturelle et bio ? Consommer mieux pour préserver la biodiversité, c’est à nous de nous engager.

Bonjour, bonjour,

Depuis ma dernière recherche sur les crèmes miracles (voir mon article ici), j’ai voulu en savoir plus sur ce qui se cache derrière les marques qui nous vendent du « naturel » avec force arguments généralement très bien tournés mais pas toujours honnêtes.

Vous l’aurez compris, c’est surtout le greenwashing qui sera visé dans cet article, parce que dans l’univers sans foi ni loi des multinationales de la chimie et de la cosmétique, mentir est une tradition.

Pourquoi ? Parce que ce marché est un des plus porteurs au monde, il se vend chaque seconde pour 3 500 € de produits cosmétiques dans le monde (étude Oleassance).

Le greenwashing, c’est l’art de faire passer des vessies pour des lanternes, les lanternes du marketing émettant de jolies lumières vertes pour vous faire croire que le produit est aussi naturel que ce petit organe interne, pas très glamour, certes, mais indispensable à l’élimination de nos déchets…

Vous allez donc acheter avec le sentiment tout à fait valorisant de participer à la sauvegarde de la planète, une crème, un shampoing, une huile de massage etc… en étant persuadé.e de consommer un produit respectueux de l’environnement, alors que :

  1. Ses composants sont potentiellement dangereux pour l’organisme (naturel ne veut pas dire bio)
  2. Il est produit dans un pays dont les ressources sont pillées par l’industrie cosmétique (entre autres)
  3. La marque appartient à une multinationale peu scrupuleuse en matière d’éthique et d’environnement
  4. Ses produits sont testés sur les animaux pour conquérir – notamment – le marché chinois

Allez, on commence par les sujets qui fâchent, comme ça, on se garde tout plein d’infos agréables pour la fin !

Avocats utilisés en cosmétique
L’avocat, « or vert » et cosmétique

Cosmétique, déforestation et pesticides

On l’aurait presqu’oublié, pourtant il est numéro un sur le podium des cosmétiques dits naturels depuis des décennies : l’avocat. La demande mondiale étant croissante pour ce fruit très apprécié pour sa qualité nutritionnelle comme pour ses vertus en cosmétique, sa culture se répand au détriment de cultures moins gourmandes en eau. Il faut environ 1 000 litres d’eau pour produire 1 kg d’avocat. Les importations ne faisant qu’augmenter, récemment en Chine où l’on en consomme de plus en plus, je vous laisse imaginer l’empreinte carbone du kilo d’avocat…

Pire encore, le marché de ce fruit qu’on appelle « l’or vert » est devenu tellement « juteux » qu’au Mexique, principal exportateur de l’avocat, ce sont les cartels de la drogue qui s’y intéressent de plus en plus. Comme ces mafias locales se soucient de la vie des peuples indigènes ou des petits paysans comme de leur première mitraillette, la culture de l’avocat devient synonyme de déforestation, voire de déplacements de populations pour s’approprier les terres propices à la plante. L’agriculture bio n’étant pas leur spécialité, ils déversent des tonnes de pesticides sur les plantations, et l’on assiste depuis quelques années à une anormale recrudescence des malformations congénitales dans les régions de production.

On l’aura compris, si vous achetez un avocat, choisissez le bio, ce sera déjà une première précaution.

Quant à son utilisation en cosmétique, objet de cet article, si vous regardez les flacons des produits proposés dans la grande distribution, vous y verrez de l’huile d’avocat, certes, mais surtout un maximum de produits chimiques dont certains dérivés de l’huile de palme

Je n’ai pas besoin de vous rappeler les conséquences dramatiques de l’exploitation de l’huile de palme sur les forêts d’Indonésie et autres pays producteurs, cette vidéo d’un orang-outan dans sa forêt dévastée de Bornéo s’attaquant à une pelleteuse a fait le tour du monde (à voir ici). Mais sans que cela n’ouvre les yeux ni de nos industriels, ni de nos gouvernants. A nous donc de « faire le job » et de boycotter ces produits. D’ici 2020, l’orang-outan pourrait avoir disparu de notre planète…

Les produits cosmétiques que l’on trouve en grande surface appartiennent à des marques qui emploient des méthodes bien rôdées pour nous vendre du soi-disant naturel, car ils étudient de près nos envies de santé, de beauté et de plus, la vogue des produits exotiques ne faiblit pas, puisque bien entretenue par la publicité.

On nous parle à la fois nature, voyage et exotisme, et on achète les yeux fermés. Les premiers responsables du greenwashing sont les professionnels du marketing, certes, mais aussi les consommateurs peu soucieux de vérifier les informations contenues sur les étiquettes. A leur décharge, lire ces étiquettes demande une bonne dose de patience, des recherches sur Internet ou un doctorat en sciences… Or ces étiquettes nous renseignent, même mal, sur la dangerosité des substances contenues dans nos crèmes ou gels douches, qui y figurent avec un pourcentage beaucoup plus important que l’huile d’avocat (ou le monoï, la grenade, la vanille ou l’ylang-ylang…)

Oiseau au milieu de la forêt tropicale
Forêt tropicale primaire et biodiversité

Cosmétique et biopiraterie

En plus de favoriser la culture de plantes ou de céréales avec les conséquences que l’on sait sur l’environnement, l’industrie cosmétique se livre parfois à un pillage en règle des ressources d’un territoire que ses habitants protègent par leur mode de vie respectueux de la nature et de ses ressources.

La biopiraterie consiste à s’approprier, par le biais de dépôt de brevet, donc en toute « légalité », une semence, une plante ou une fleur « découverte » et identifiée pour ses vertus médicinales. Si je mets les deux mots entre guillemets, c’est bien que la question de la légalité d’un brevet se pose, lorsqu’il est accordé pour une soi-disant découverte, alors qu’il s’agit d’une plante utilisée par la population autochtone depuis des millénaires !

Actuellement, des ONG répertorient les connaissances et savoirs des habitants de ces régions particulièrement fragiles, pour démontrer l’illégalité de ces brevets et faire valoir l’antériorité de l’usage des plantes ou semences par les peuples premiers.

Au Pérou, dans les Andes et à très haute altitude, il existe une plante, le « maca », qu’on appelle aussi le ginseng péruvien, voire même le « viagra péruvien », inutile donc que je vous en précise les vertus. Cette plante a fait l’objet d’un dépôt par une firme peu scrupuleuse, qui flairait déjà une opportunité de vente à destination de la Chine, toujours friande d’aphrodisiaques. Au moins, ce commerce ralentirait peut-être, en cas de succès sur le marché, la chasse au rhinocéros…

D’ailleurs, les Chinois veulent en produire sur les hauteurs de l’Himalaya où le climat est comparable à ceui des Andes. De nombreux recours ayant été déposés, l’Office Européen des brevets a rejeté comme illégale cette demande d’enregistrement.

La fondation France Libertés a fait de la lutte contre la biopiraterie une de ses priorités. Pour le moment, la protection vise surtout les plantes reconnues pour leur efficacité contre certaines pathologies, ou pour leur valeur nutritive, mais c’est un début pour protéger aussi les plantes destinées à l’industrie cosmétique, et favoriser la lutte pour la biodiversité, car on sait ce qu’il advient d’une plante lorsque l’industrie met la main dessus…

Cosmétique et commerce équitable

Un bon exemple, le beurre de karité. Ce beurre étant issu de la récolte d’un arbre qui met trente ans à produire, sa commercialisation n’est donc pas synonyme de déforestation, au contraire. Et la mode du beurre de karité est une chance pour l’agriculture africaine, car elle permet à des villages de nombreux pays d’espérer un niveau de vie plus élevé. Au Burkina Faso, notamment, le gouvernement soutient la production du beurre de karité, principalement assurée par des femmes réunies en collectifs de production.

Dans ce pays, la marque l’Occitane s’est engagée sur le long terme dans un partenariat avec un prix d’achat soutenu qui lui permet d’importer les quantités dont elle a besoin tout en favorisant les productrices locales. Je n’ai pas beaucoup d’attrait pour cette marque dont les produits ne sont pas tous de très bonne qualité, ni bio (la filière karité s’engage actuellement dans cette voie) mais il semble qu’il y ait un réel effort de la marque, avec au bout un positionnement qui ne pourra que renforcer ses ventes, certes, mais aura un impact positif sur les producteurs locaux.

Par contre, cette marque vend en Chine et cela implique l’obligation pour le fabricant de procéder à des tests sur les animaux, autre sujet qui en plus de fâcher, tue.

Petit lapin à tête de bélier
L’image se passe de commentaire, non ?

Cosmétique et tests sur les animaux

S’il y a un sujet qui me met en colère, c’est bien celui-ci. Tester un rouge à lèvres sur l’anus d’un lapin, ou un sérum « de beauté » ( beauté du geste ?!) dans ses yeux, à notre époque, me semble totalement irresponsable, criminel et cynique. Ces tests sont censés vous garantir l’innocuité d’un produit, or, en l’état actuel de nos connaissances c’est parfaitement inutile. Et n’allez pas imaginer que ces animaux de laboratoire sont traités comme vous soignez votre joli lapin nain à tête de bélier dans la maison familiale…

La législation européenne est assez complexe sur ce sujet, et l’arrêt des tests sur les animaux ne concerne que certains produits purement cosmétiques, alors qu’elle les autorise sur d’autres produits de consommation, tels que produits ménagers, conservateurs et parfums.

Or il existe de nombreuses possibilités de tester sur des tissus reconstitués in vitro qui sont tout aussi fiables, et même la Chine commence à cesser d’exiger les tests sur animaux vivants, sauf pour de trop nombreux produits encore…

En attendant, parmi les produits les plus inoffensifs de l’industrie cosmétique, les produits bio et cruelty free sont en tête de tous les classements (enquêtes régulièrement menées par les associations de consommateurs). Dont acte…

Cosmétique et production locale

Le bon exemple, l’aloe vera, qui est entré depuis de nombreuses années dans la catégorie poids lourd de la cosmétique naturelle. L’aloe vera est produit dans des fermes dans le monde entier, notamment au Mexique, et aussi en Europe, France, Espagne, Italie… L’aloe vera a besoin de soleil pour pousser, mais j’ai même trouvé une productrice à Pouldreuzic, un petit coin du Finistère que j’aime tout particulièrement, et qu’on ne vienne pas me dire qu’il n’y a pas assez de soleil en Bretagne, cultiver sous serre, ça se fait aussi pour l’aloe vera ! Soit dit en passant, Pouldreuzic est le siège historique de la maison Henaff, et de son célèbre pâté, pas franchement bon, ni bio et encore moins végan, mais ça fait partie du patrimoine breton au même titre que les conserveries de sardine, et le marketing aime les histoires à raconter le soir à la veillée, au coin de la télé.

L’aloe vera serait une excellente plante non seulement pour nous, en médecine naturelle, comme en cosmétique, mais aussi pour l’environnement, puisque 20 plans d’aloe vera représentent la production d’oxygène d’un seul arbre, selon une association qui soutient sa culture dans le monde entier.

Cependant, les marques ayant réussi à nous faire acheter un produit qui nous semble devenu indispensable, forcément la demande augmente, et l’industrie cosmétique exerce une pression sur les zones de production, souvent au détriment des cultures locales essentielles à la survie d’une population. Le même sujet que pour le soja dans l’alimentation. Donc, on ne le répétera jamais aussi, informons-nous avant d’acheter, c’est le seul moyen de ne pas participer à une consommation irresponsable.

On trouvera donc des produits à l’aloe vera issu de cultures locales, et c’est une excellente chose. Par ailleurs, il existe dans le domaine de la cosmétique des marques qui ont fait le choix du commerce équitable, c’est le cas de la marque Pur Aloé, qui a souscrit à la charte du commerce équitable « operAequa », achète au Mexique en grande partie et aussi dans le sud de l’Espagne. Cette marque fabrique ensuite en France, des produits bio et d’excellente qualité à mon avis, et vous savez que mes avis sont absolument libres et désintéressés !

Voilà, j’ai essayé d’enquêter et je ne me suis pas trop trompée sur ma vision du monde de la cosmétique, que j’ai un peu connu professionnellement, et c’est sans doute pour cela que je cherche toujours à en savoir plus sur ce sujet qui nous concerne tou.te.s : la beauté et les produits que nous achetons pour hydrater, soigner, lisser notre peau fragile.

Mais au fait, est-elle fragile, ou fragilisée par des produits inadaptés et dangereux, c’est une question, non ?

A bientôt,

Corinne

La crème miracle ?!

Quelles sont les dernières tendances en matière de cosmétique ? A-t-on enfin trouvé la crème miracle qui nous rendra le teint de nos vingt ans et lissera nos visages tout en hydratant en profondeur notre épiderme assoiffé ? Le sujet pourrait bien être plus compliqué qu’il n’y parait, car s’y retrouver dans les promesses de la cosmétique nécessite un peu d’investigation. Enquête en mode humoristique, mais pas que…

Bonjour, bonjour,

Alors ce matin, comme presque tous les matins d’ailleurs, je tardais dans ma salle de bains, et là, je constatais avec effarement qu’il ne me restait plus que quelques milligrammes de la dernière crème que j’avais achetée à crédit sur 6 mois, et que 3 mois seulement avaient passés depuis cet achat que les mauvaises langues jugeraient sans doute déraisonnable…

En général, j’adore ce moment où l’on se dit que l’on va tester un nouveau produit de beauté, car on a beau essayer de rester sourde aux appels de la publicité, il y a toujours une marque qui réussit sa communication et nous amène invariablement à craquer pour ce sérum de beauté magique qui va à la fois lisser nos rides, réhydrater notre peau, illuminer notre teint, et même ramener à nous l’être cher, enfin, autant de promesses que sur la carte de visite d’une cartomancienne…

La promesse de beauté

En marketing, on appelle promesse l’argument majeur qui va convaincre le client, et croyez-moi, sur le sujet de la cosmétique, c’est inouï ce qu’on peut arriver à dire en utilisant toujours les mêmes mots, hydratation, raffermissement, antirides, anti-âge… C’est un peu comme en musique, avec les mêmes notes, on compose des symphonies et des morceaux de rap, et bien en matière de cosmétique, c’est pareil, prenez la publicité de n’importe quel pot de crème, que ce soit un produit de grande surface ou de parfumerie de luxe, et lisez, ce sont toujours les mêmes mots pour la même promesse de beauté et de jeunesse retrouvée.

Souvent, quand on pense aux centaines (milliers ?) d’euros engloutis dans des pots de crème depuis tant d’années, on se demande si on a eu raison, parce que, quand même, je ne sais pas pour vous, mais pour moi, le matin, l’épreuve du miroir, ce n’est pas toujours le meilleur moyen de commencer la journée ! On peut se consoler en pensant que de toute façon, on ne sait pas comment on serait si on s’en était tenues au cher petit pot bleu et rond et métallique de notre enfance (vous voyez lequel…), donc, on a sûrement bien fait de s’appliquer ces onguents si bénéfiques pour notre peau matin et soir. Cela dit, le petit pot de Nivea, pour ne pas le nommer, est souvent bien placé dans les tests à côté des plus grandes marques, alors que croire ?

Ah, chères lectrices, je dois quand même vous dire, avant de poursuivre sur ce grave sujet, que je suis devenue récemment totalement adepte de la cosmétique bio. Et en plus vegan ou cruelty free, c’est-à-dire non testée sur les animaux. Pourquoi, et bien c’est simple, je ne supporterais pas que l’on tartine le derrière d’adorables petits lapins d’un rouge à lèvres, tube qui de toute façon finira périmé dans mon tiroir vu que j’en mets deux fois par an (du rouge à lèvres, hein, parce que la crème, on est d’accord, c’est deux fois par jour, matin et soir, et bien sûr pas la même, une crème de jour, une crème de nuit !).

Mais enfin, quels que soient vos choix en la matière, je suis certaine que vous aimeriez bien savoir quels sont ces produits miracle qui nous accompagnent toute notre vie sur la tablette de la salle de bains, et où en est la recherche dans ce domaine.

Études, expertises et contre-expertises

En réalité, qu’est-ce qui se cache derrière ces promesses de beauté ? J’ai voulu mener ma petite enquête et là, j’ai béni et le ciel, et le cabinet de recrutement qui m’a permis de passer quelques années au service marketing d’une marque de cosmétique…

Car avouons-le, il y a de quoi s’arracher les cheveux, et ça, chères lectrices, on va éviter ; déjà que la nature se charge très bien de nous les faire perdre avec le stress et les années, inutile de l’aider…

Donc, si l’on en croit les dernières études réalisées à la demande des organismes les plus sérieux, tout va bien. Enfin, pour 50 % desdits organismes. Et pour les autres ? Ah, et bien, c’est simple, pour les autres 50 %, tout va mal.

Résumons la situation : les ingrédients contenus dans nos crèmes de beauté sont réglementés par la Commission Européenne. Sauf que : les contrôles seraient insuffisants, et les experts pas toujours d’accord entre eux (enfin surtout ceux des laboratoires ont quelques débats houleux avec ceux de la Commission Européenne).

En plus, chaque année, depuis l’interdiction du paraben, ce sont de nouveaux ingrédients qui sont mis en cause… Le bio n’échappe pas non plus aux remises en question, car certaines huiles essentielles contenues dans les produits de beauté bio peuvent se révéler très allergènes.

Autant dire que lorsque je me suis réveillée ce matin en pensant à mon prochain achat cosmétique, je n’ai pas pu m’empêcher de me poser la question récurrente du produit miracle qui va – enfin – tenir sa promesse !

Mais qu’y a-t-il dans mon pot de crème ?

Ah bien sûr, de l’eau mais pas que. Parce que si l’eau suffisait à hydrater la peau, ça serait idéal et ça nous éviterait bien des hésitations devant le rayon parfumerie de notre magasin favori. L’eau hydrate, certes, mais à condition de la boire, en quantité suffisante chaque jour, et d’éviter de la remplacer à partir d’une certaine heure par un grand verre de Jack Daniel’s, car l’alcool déshydrate, moins que la cigarette mais à peine. Pas drôle.

Dans un pot ou un tube de crème, il y a 80 % d’eau environ, plus des tas d’ingrédients avec des noms plus ou moins inquiétants (enfin sauf si vous avez un bac + 5 en chimie bien sûr).

Pour les soins de beauté bio, cela dépend des labels : pour Ecocert, le plus ancien des labels, il faut que 10 % des ingrédients soient issus de l’agriculture biologique, c’est-à-dire la moitié de ce qui n’est pas l’eau. Je ne vous minerai pas le moral en vous racontant par le menu les exigences des différents labels, mais ce qui est certain, c’est que les produits cosmétiques bio sont extrêmement contrôlés, et encore plus ceux qui ont obtenu le label vegan (One Voice, Vegan Society).

Pour le reste, le marketing est roi, notamment avec les tests consommateurs, et là, je vous explique, parce que là, je connais. Vous lisez : 70 % des utilisatrices ont constaté une nette diminution des rides après 3 semaines d’utilisation. Le plus souvent : 7 femmes sur les 10 testeuses (dont 4 du service comptabilité et 3 du service RH) ont réellement essayé le produit qu’il leur serait bien malvenu de critiquer, et pour cause, on ne va pas se mettre mal avec la direction marketing. Ensuite, les mentions « hypoallergénique… convient aux peaux les plus sensibles… réduit durablement les rides etc… » sont absolument sans valeur, du bla bla bla, puisque ne correspondant à aucune norme officielle.

Pour être parfaitement objective, j’ajoute que les produits bio aussi ont un marketing efficace, car afficher 95 % de produits bio signifie qu’on a tenu compte des 80 % d’eau…

Vous allez me dire, j’ai le moral à zéro, je ne sais pas si je vais poursuivre ma lecture ou aller racheter mon pot de Nivea et jeter tout le reste à la poubelle. Mais on ne le fera pas, parce qu’on aime trop nos tubes de crème !!!

Sans paraben, sans silicone, sans … mais avec quoi ?!

Vous avez certainement des crèmes, mais aussi des laits corporels, gels douche et autres qui affichent sur le flacon une liste de « sans… ». La mode a commencé à l’époque de l’interdiction du paraben. Et bien, sachez-le, la peur faisant vendre, les pros du marketing ont inventé des « sans ajfkzmechlorure de sljotufs » afin de vous convaincre qu’acheter leur produit ne comporte aucun risque. Et hop, je prends celui-là dans le rayon en oubliant juste de me demander, au-delà du « sans… », avec quoi il a été fait, et si par hasard il n’y aurait pas des ingrédients plus nocifs que ceux qui ont été supprimés. Au passage, saluons les « marketers » qui ont réussi à nous vendre des produits non pas « avec » mais « sans ». Trop fort !

Si vous regardez ce qu’on appelle l’actif principal d’un produit cosmétique, vous verrez qu’il représente un infime pourcentage des ingrédients. On imagine bien qu’une crème au caviar, si, si, ça existe, même si ce n’est pas très politiquement correct, ça ne contient pas de quoi épuiser les ressources de la mer Caspienne. Une grande marque en a fait son fond de commerce, et bien, au prix où est l’ingrédient en question sans compter le coût nécessaire pour stabiliser ledit ingrédient une fois intégré dans un pot de crème, évidemment vous pourrez parler de votre cher pot de crème. Mais dans lequel il n’y a pas de quoi préparer en plus des toasts pour épater vos invités. Et heureusement car même avec beaucoup moins de caviar, le parfum de cette crème rappelle un peu trop pour moi certains effluves maritimes, et pas les meilleurs hélas, rien à voir avec le parfum des algues sur une côte bretonne, plutôt avec la halle à poisson dans laquelle je fais mes courses le samedi matin !

Donc, les actifs sont présents dans nos crèmes hydratantes ou anti-âge, en quantité plus ou moins importante, mais vous aurez bien remarqué comme moi que chaque année, on nous sort le dernier ingrédient miracle. Cette année, la tendance se maintient en faveur de l’aloe vera, du miel et de l’huile d’argan, le karité est indémodable, notamment en version éthique et solidaire, et j’ai vu des crèmes au camu-camu (arbre originaire d’Amazonie), donc cela se confirme, la mode en matière de cosmétique est dans la recherche de produits naturels sinon bio. Je reviendrai prochainement sur cette tendance et ses aspects moins « présentables ».

À l’opposé, en quelque sorte, de cette évolution, certaines marques jouent la carte scientifique et vous parlent de leur « laboratoire » de la même façon qu’un astronaute, disons au hasard Thomas Pesquet, vous parlerait des équipements de la Nasa. Là, on est dans du sérieux, du solide, du scientifiquement prouvé, on vous parle de « galénique » et de cosmétologie.

Depuis les premiers anti-rides au collagène, jusqu’aux dernières crèmes concentrées en rétinol, vitamine C, acide glycolique, peptide, acide hyaluronique… le discours sent bon le laboratoire high tech et la recherche en blouse blanche, genre nos chercheurs mettent des années à concocter le meilleur pour la beauté de votre peau. Et là s’ensuit une série de promesses (voir plus haut !). Personnellement, comme j’ai testé – avec succès, je vous en parlerai dans un autre article – les injections d’acide hyaluronique, je serais assez tentée par cette promesse mais je n’en ai pas trouvé dans les marques vegan et bio.

Alors, finalement, quel est le secret, la crème miracle existe-t-elle ?

Je suis bien obligée de vous répondre que non, sinon, je serais une célèbre dermatologue, vous me demanderiez un rendez-vous en urgence, et je serais tellement riche que je pourrais m’acheter une crème avec de l’or dedans (et oui, il y en a avec de l’or pour celles qui en auraient assez du caviar…).

Mais il y a quelques secrets pourtant ! Le premier m’a été communiqué très précisément par une dermatologue, ma cousine, dont je suis très fière et qui en plus est une fille super adorable. Elle est vraiment célèbre dans le monde entier, pour son travail sur le mélanome, et je sens que son conseil numéro 1 ne va pas vous faire plaisir : évitez le soleil, et mettez de l’écran total y compris dans la rue, sur le visage et le décolleté. Évitez aussi l’alcool et le tabac, mais ça on en a déjà parlé plus haut, on ne va quand même pas insister lourdement !

Son autre secret est plus agréable à partager, il ne s’agit pas de crème, mais bien d’un conseil scientifique : mangez du beurre, très peu, toujours cru, et même si vous êtes un peu ronde ou au régime, par pitié, mangez une petite dose de beurre, 10 gr par jour suffisent, car il contient entre autres de la vitamine A indispensable pour la peau.

Une amie diététicienne me confiait récemment qu’il est criminel dans un régime de ne consommer que des produits laitiers à 0 % car notre organisme a besoin de gras pour les muscles comme pour le cerveau, pour la peau comme pour les os… Mieux vaut supprimer les sucres (rapides) que les matières grasses, à condition de ne pas profiter de ce petit conseil pour se nourrir de burgers-frites, on l’aura compris, d’autant plus que ces horreurs contiennent aussi du sucre en veux-tu en voilà !

Enfin, la bonne nouvelle, notre peau a surtout besoin d’être hydratée. Inutile de dépenser des fortunes pour des crèmes anti-rides, anti-âge etc… tout ce qu’il nous faut est une crème super hydratante, et si l’on a un budget beauté qui le permet, on peut en prendre une différente pour le matin et le soir, plus une pour le décolleté. Enfin, celle pour le contour des yeux, souvent adaptée au contour des lèvres, est indispensable. Il en existe à des prix abordables même si leur coût avoisine celui des crèmes pour le visage, mais avec un nombre de milligrammes dix fois inférieur.

Vous avez peut-être remarqué que tous vos tubes ou pots ont un picto qui indique la durée limite d’utilisation après ouverture du contenant ? Et bien, ne plaisantez pas avec cette date, les produits de beauté se périment vite après ouverture. Choisissez des tubes plutôt que des pots, l’idéal pour l’hygiène et la durée de vie étant le flacon pompe. De même ne réutilisez jamais vos produits solaires d’une année sur l’autre, ils ont traîné bien au chaud dans nos sacs de plage et ont donc subi des écarts de températures importants, enfin si on a eu la chance d’avoir du soleil pendant nos vacances, ce qui n’est pas toujours le cas, hélas !

Alors, le secret : soyez régulière dans vos rituels, démaquillage obligatoire tous les soirs même si vous ne portez ni poudre ni fond de teint, lotion tonique ou rafraîchissante le matin, gommage et masque en alternance une fois par semaine, et pas un jour sans crème ! Vos pouvez en changer régulièrement, c’est une bonne idée et même un plaisir, mais testez quand même le parfum avant de choisir, on peut avoir de très mauvaises surprises…

Surtout, ne pensez pas que la plus onéreuse sera la meilleure, dans votre pot de crème, ce qui coûte le plus cher, c’est le packaging et la publicité, rarement le produit. Dans une crème à 300 €, il y a environ 10 € de produit. Et petite info bonus, chères lectrices, la marque au pot bleu de notre enfance appartient au même groupe spécialiste de cosmétique que la crème au caviar !

Enfin, dernier conseil, si vous passez au bio, ce que je ne saurais trop vous conseiller, sachez que vous trouverez tous les soins de beauté habituels, crèmes, sérums, masques, gommages, démaquillants pour la peau et pour les yeux, dans certaines pharmacies et parapharmacies, en ligne sur de nombreux sites Internet (moins pratique pour tester), et dans les magasins spécialisés bien entendu, où l’on trouve certaines marques en exclusivité.

Pensez aussi aux marques locales, il y en de plus en plus, et c’est bien agréable d’aller découvrir leurs produits. Habitant en Anjou, j’ai la chance d’avoir autour de moi des producteurs de cosmétiques à base de roses, un bonheur, et une note de luxe qui vaut bien… tout l’or du monde !

Certaines d’entre nous font elles-mêmes leurs produits, mais moi, j’avoue que je ne serais pas tranquille. Il est moins grave de rater une tarte au citron que de se tromper dans la composition d’une crème à l’huile essentielle de lavande… En tous les cas, si vous tentez, gardez bien la préparation dans le réfrigérateur.

Et vous, avez-vous testé des recettes miracles, de ces produits de beauté dont vous ne pouvez pas vous passer ? Partageons nos expériences, comme toujours, les conseils sont précieux 😊

À très bientôt,

Corinne