Le retour du vinyle

Le grand retour du disque vinyle, le bonheur de revoir des disquaires dans nos rues, c’est la musique en mode vintage pour le meilleur des sons dans nos amplis.

Bonjour, bonjour,

Aujourd’hui, c’est back to the seventies, (again !), mais comme d’habitude, pour mieux parler du présent ! Célébrons avec bonheur le grand retour du vinyle et des disquaires.

Imaginez des boutiques ressemblant à un vieux garage aménagé par des ados pour leur première « boum », et vous aurez une idée de la déco d’un magasin de disques rock des années 70 : posters, affiches de concert, pochettes de vieux disques au mur et enceintes hifi géantes, un bonheur.

Et bien regardez ce qui se passe en ce moment : les boutiques de vinyles ont refait leur apparition dans les rues de nos villes, et c’est comme si les années 70 prenaient leur revanche sur 50 ans de course à la médiocrité acoustique. Depuis les premiers CD jusqu’aux horribles fichiers MP3, que de décibels gâchés sortent d’appareils au design aussi sophistiqué que leur restitution du son est parfois insoutenable !

Le vinyle apporte à la musique une qualité de son incomparable, et avec le retour des disquaires, c’est pour les passionnés un immense plaisir, celui de fouiller dans les bacs, d’y découvrir des trésors de musique, des pochettes illustrées par des artistes incroyables, et surtout le bonheur de pouvoir parler avec un.e disquaire, métier qu’on avait cru menacé d’extinction…

Mes premiers vinyles

Au temps du 45 ou du 33 tours, les disquaires branchés rock n’étaient pas si nombreux que cela, et à Paris où j’habitais alors, le Discobole de la gare Saint Lazare était la référence. Avec pas moins de 4 lycées et autant de collèges aux alentours, dans ce lieu de passage permanent, le Discobole était le rendez-vous incontournable de l’époque. On y trouvait depuis toujours de la musique classique et du jazz, et enfin un énorme rayon pop-rock , où l’on avait un choix incroyable et les conseils de vendeurs fous de musique, comme leurs clients.

J’allais y chercher tous les albums des Stones le jour de leur sortie en France, et ceux d’autres groupes que vous ne trouviez que là : Doors, Jefferson Airplane, Grateful Dead, Janis Joplin, Frank Zappa, Cream, les Who, Rory Gallagher… Je m’arrête avant que vous ne lâchiez la lecture ! C’était le règne de l’import, le must de toute collection de disques.

Mon premier vinyle fut un 45 tours, acheté en Angleterre où mes parents avaient eu la bonne idée de m’envoyer en séjour linguistique, je ne les en remercierai jamais assez, quel été … C’était « Hello, I love you, won’t you tell me your name » des Doors. Pas de dessin sur le papier à l’époque, une simple pochette blanche que je rapportais comme un trésor, et c’en était un.

Pochettes de disques vinyle
Quelques pochettes historiques !

Les pochettes des vinyles

Blanches, bleues, beiges, telles étaient les pochettes de papier des 78 tours, puis des 45 tours sortis par des petites maisons de disques qui prirent le risque – ô combien rentable à terme pour certaines – de financer de parfaits inconnus qui débarquaient un jour dans les studios avec juste leurs instruments et trois dollars (livres, francs..) pour finir le mois.

Mon premier 45 tours des Doors était gravé chez Elektra, maison fondée par un étudiant passionné, qui vendra ensuite le label à la Warner. No comment. Entretemps, en deux ans, ce fut une explosion de titres, d’enregistrements, de concerts live de tous les groupes, et l’industrie du disque comprit très vite l’intérêt de produire des pochettes originales, créations de photographes, dessinateurs et d’artistes renommés, on pense à Andy Warhol bien sûr, mais aussi Keith Haring, Robert Rauschenberg, Dali, Vasarely, et plus récemment Basquiat, Bansky, Jeff Koons…

Parmi ces pochettes collectors, on peut citer de nombreux albums des Stones, « Sticky Fingers » par Andy Warhol, avec sa fermeture à glissière de jeans en gros plan qui fut censurée dans de nombreux pays, « Exile on main street » par le photographe Robert Franck, « Goat Head Soup » par David Bailey…

Celles dessinées par Roger Dean pour le groupe Yes furent de pures merveilles d’art psychédélique, notamment la magnifique couverture de l’album « Tales from topographic ocean ». D’autres, plus intimes comme le merveilleux portrait N et B de Patti Smith sur l’album « Horses » par son compagnon Robert Mapplethorpe, portent une histoire qui mérite un article, mais ne cherchez pas, lisez « Just Kids » de Patti Smith, et vous saurez pourquoi cette photo porte tant d’émotion…

C’est dire si le retour du vinyle permet aussi de retrouver tout ce qui fit de l’élan extraordinaire de la contre-culture des seventies un mouvement si riche et foisonnant que nous sommes encore dans cette exploration sans fin des liens entre musique et écriture, dessin et composition, danse et photographie, ad libitum…

La qualité de son du vinyle

Outre le fait que sortir un album vinyle de sa pochette a quelque chose d’un rituel qui vous place tout de suite dans un autre état d’esprit que de cliquer sur une touche d’Ipod ou de téléphone, le vinyle restitue un son analogique et non numérique. La technique de compression des sons au format numérique a pour principal désavantage d’écraser les données audio, et donc de provoquer des pertes qui évidemment se retrouveront décuplées à l’écoute selon la qualité du baladeur que vous utiliserez, et on ne parle pas du smartphone…

Les spécialistes peuvent vous parler d’un album en comparant les diverses qualités des vinyles « pressés » dans différents pays, sachant que tel ou tel sera meilleur si vous achetez la version gravée au Japon ou en Allemagne, en France ou au Canada.

Bien sûr, le vinyle est fragile, il faut le manipuler avec précaution, il faut savoir régler la platine, d’autant que les manuelles sont en principe les plus performantes, et changer régulièrement le diamant de lecture. Bien sûr, il faut investir un peu dans du bon matériel, ampli et enceintes de qualité, mais rien ne remplace l’ambiance sonore d’un vinyle, en fermant les yeux, vous serez sur scène avec les Stones, en studio avec Pink Floyd, à Woodstock avec Santana…

Le roman du vinyle

Avez-vous lu le désopilant livre « High Fidelity » de Nick Hornby ? L’histoire se passe en partie dans un magasin de disques au bord de la faillite parce que le caractériel associé et néanmoins meilleur ami du héros met à la porte le premier client qui ose demander un exemplaire de U2 ou Simple Minds, groupes qui ne méritent – selon lui – que d’être dissous par décret le jour où la révolution rock aura enfin eu lieu. Et le pauvre client de sortir apeuré en s’entendant interdire ne serait-ce que de repasser sur le trottoir du magasin. Scène d’une rare cocasserie…

Les personnages sont obsédés par le top 10 : les 10 meilleurs albums rock de tous les temps, bien sûr, mais aussi les 10 meilleurs solos de guitare, les 10 meilleurs batteurs du monde etc… de quoi réviser ses connaissances sur Led Zeppelin, Eric Clapton et les Stones !

Dans le roman, le plus beau cadeau qu’un garçon puisse offrir à sa petite amie, c’est une compil de ses morceaux de musique préférés, un hommage musical sur K7, qui aura pris des heures à son auteur pour choisir les morceaux, leur ordre d’apparition, bref, la playlist d’un amoureux au temps du vinyle et qui vient de découvrir la K7 audio…

Vraiment, si vous n’avez pas lu ce roman et que vous aimez le rock et l’ambiance des années 70, je vous le conseille, c’est un chef d’œuvre d’humour british ! J’avoue que je n’ai pas vu le film, comme souvent, j’ai eu peur d’être déçue, mais réalisé par Stephen Frears avec John Cusack, ça doit être quand même pas trop mal.

Boutique de disques vinyles
La boutique de disques vinyle ou la caverne aux trésors

Hommage aux disquaires

Heureusement, tous les disquaires n’étaient pas aussi extrémistes, mais chacun avait une idée très précise de la musique qu’il souhaitait faire écouter à ses clients. A une époque où on ne s’informait pas par le net, vous trouviez auprès d’eux des informations précieuses comme la date de sortie en France du prochain album des Stones, le nom du nouveau groupe allemand qui venait de sortir un album psychédélique qui arriverait prochainement « dans les bacs », les concerts à venir, la qualité de tel ou tel ampli, bref, on pouvait passer des heures à parler dans la boutique

Savez-vous ce qui a tué les disquaires ? Le rachat des petites maisons par les « majors », qui obligèrent un jour les magasins de disques à prendre tout leur catalogue et non à choisir en fonction de leur clientèle. Imaginez un spécialiste du blues obligé de vendre du Patrick Juvet et vous aurez une idée de l’état de dépression avancé de certains qui fermèrent boutique plutôt que de se transformer en vulgaires points de vente…

Mais ce qui les fait revivre, ce sont les labels indépendants qui enregistrent des groupes dont vous n’entendrez jamais parler si vous ne passez pas chez votre disquaire, et là, il ne s’agit pas de vouer un culte à l’objet vinyle, mais de permettre à des artistes d’enregistrer leur musique et de se faire connaître. Vous aurez peut-être envie de dire, quel choix curieux, il est tellement facile de diffuser ses œuvres sur le net, mais pensez-vous réellement qu’un artiste inconnu ait ses chances lorsque les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) ont la main sur le web et les réseaux sociaux ?

Et puis de nombreux groupes connus sortent des albums vinyle, il y a de nombreuses rééditions, de quoi trouver son bonheur et rentrer chez soi avec des trésors…

Alor, si on revoit aujourd’hui des disquaires dans nos rues, aux côtés de librairies indépendantes et de boutiques vintage, ce n’est pas qu’une mode passagère, ni même une ode au passé, c’est un élan qui nous pousse à partager des passions, consommer autrement et prendre de chaque époque ce qu’elle a de meilleur, une qualité de vie.

Toujours une petite info pour ceux qui habitent dans l’Ouest, à Angers ne ratez pas Exit Music for a drink, et à Nantes Comme à la radio, qui vend aussi du matériel hifi vintage 😊

A bientôt,
Corinne

Fête de la musique

C’est l’été et le 21 juin, la fête de la musique, un rendez-vous que nous aimons. Histoire d’une idée et évolution d’un concept, mais toujours la fête !

Bonjour, bonjour !!!

Enfin, il fait beau, INCROYABLE, non ?! Le soleil est arrivé, c’est l’été, et la fête de la musique va nous entraîner ce soir en ville ou sur le bord des rivières, sur les plages ou au cœur des villages où les estrades ont été montées pour notre plus grand bonheur.

Comme chaque année, on pourra découvrir des groupes, de jeunes talents, des formations locales, des musiciens confirmés, et parfois même des « têtes d’affiche ». On aura le choix entre rock et rap, techno et pop, reprises de standards et impros jazz, trios classiques et fanfares… jusque tard dans la nuit.

Cette fête de la musique a vu le jour grâce à l’action du ministre Jack Lang, sur une idée d’un journaliste américain de France Musique, Joël Cohen, qui souhaitait en organiser deux par an pour fêter les deux solstices, celui d’été et celui d’hiver. Si le solstice d’hiver, le 21 décembre, n’a pas été retenu, c’est le 21 juin, date du solstice d’été, qui a été consacré pour célébrer la musique dans tout le pays, et maintenant dans le monde. La fête de la musique a vu le jour pour la première fois le 21 juin 1982. Encadrée par une charte européenne depuis 1997, elle s’est répandue dans plus de 120 pays, c’est un véritable phénomène culturel mondial !

Et pourtant, elle a bien changé, cette fête, beaucoup moins spontanée que dans l’esprit de ses créateurs, elle a pris un tour différent, que l’on peut apprécier ou non, mais en tous les cas, c’est une très belle idée.

Fête de la musique, faites de la musique

A l’origine, le principe était le suivant : permettre à tous, musiciens confirmés ou amateurs, de s’installer partout dans les rues, sans autorisation, afin de partager cet irremplaçable plaisir qu’est le fait de jouer ensemble. Comme un immense hymne à la joie en l’honneur de la musique, sans laquelle la vie ne serait pas la même.  Vous imaginez la vie sans musique ?!

Gratter sa guitare folk, taper sur un djembé, chanter à tue-tête, seul ou en chœur, souffler dans un harmonica ou sortir son saxophone pour jouer pour une fois, librement dans la rue, quel beau programme. Le slogan était donc Faites de la musique, sous-entendu faites TOUS de la musique !

D’accord, il n’y avait pas que des futurs Grammy Awards ou des potentiels Grands Prix de l’Académie Charles Cros dans les rues, mais là n’était pas le sujet, on pouvait aller écouter les musiciens qu’on voulait, qu’ils soient joueurs de banjo d’un soir ou violonistes. Et quelle occasion pour le groupe de rock de votre fils ou fille de pouvoir se tester sur scène, souvent pour leur premier concert.

Fête de la musique, le rôle des villes

La majorité sinon la totalité des communes qui programment une fête de la musique jouent le jeu en mettant à disposition personnel municipal et matériel, or cela représente des heures de travail, installation, signalétique, et maintenant organisation de la sécurité autour des lieux investis pour la fête.

Il y a là comme une sorte d’échange de bons procédés, la communication autour de l’événement donne à chaque municipalité l’occasion de se positionner comme un acteur culturel à peu de frais. On le comprend bien, et on ne peut pas en vouloir à telle équipe municipale d’une petite ville de mettre en avant la fête de la musique pour enrichir l’agenda culturel de son site web, lequel n’a pas grand-chose à mettre en avant sur cette thématique, faute de volonté parfois, mais faute de budget souvent. Je vous en parle en connaissance de cause, car j’ai été élue locale dans une petite commune, il y a pas mal d’années, et il fallait vraiment donner de l’énergie là où on n’avait pas toujours le budget.

Quant aux associations locales, elles jouent un grand rôle dans l’organisation de la fête, car la musique est souvent une pratique associative. Que ce soit la chorale ou le groupe folklorique, les fans de country ou les férus de musique baroque, beaucoup d’amateurs se regroupent en association pour partager leur passion. Elles permettent souvent d’enrichir le programme de la fête et en profitent pour faire connaître leur musique et leur activité.

Est-ce toujours la fête de la musique ?

Evidemment, l’événement ne plait pas à tout le monde, et fait des mécontents. On a parfois du mal à imaginer que nos concitoyens ne supportent pas la fête, une fois par an, mais pour certains, en effet, la fête de la musique est un événement où l’on entend « de la musique de sauvage jusqu’à une heure insupportable », preuve que le rock ou le rap n’ont pas encore conquis le public à 100 % !

J’ai habité une ville côtière, La Baule pour ne pas la nommer, où le fait de programmer un concert de jazz de 18h à 19h dans un bar de plage relevait de la plus grande audace… Si vous voulez écouter de la musique ce soir en Loire Atlantique, allez plutôt du côté de Saint Nazaire !

Pas sûr d’ailleurs que le problème vienne de la musique elle-même mais plus du comportement de certains en fin de nuit, qui ne laisse pas imaginer une consommation effrénée de menthe à l’eau pendant la fête, d’où le reproche que l’on entend souvent, « ce n’est plus la fête de la musique, c’est la fête de la bière » …

Quoiqu’il en soit, année après année, l’événement est devenu de moins en moins spontané et de plus en plus encadré, et maintenant qu’il faut prendre en compte les menaces potentielles qui pèsent sur tout rassemblement populaire, on aura compris que les grandes fêtes de la musique en forme de « happening » sont probablement vouées à disparaître.

Mais comme nous vivons dans un monde où tout est monnayé et monnayable, bien sûr que tout n’est pas perdu pour tout le monde, puisque les communes ont en quelque sorte échangé les autorisations de jouer sur les places publiques (alors qu’au départ précisément, il n’y avait rien à demander) contre des autorisations accordées aux bars et cafés de fermer plus tard que les horaires fixés habituellement par décret municipal.

Ce qui fait que la fête de la musique ressemble maintenant à un mélange de bal populaire et de concerts traditionnels avec scène et podiums, là où on se régalait de voir des artistes comme arrivés par miracle à un coin de rue, comme s’ils s’étaient cachés jusqu’au 21 juin derrière un arbre en attendant de nous faire « coucou » avec une guitare ou un accordéon…

Guitariste - Fête de la Musique
Guitariste devant un restaurant

Les plus belles fêtes de la musique en France

Si vous habitez le pays basque, ne ratez pas la fête de Bayonne où sont programmés 80 concerts ! A Nice, Maître Gims, Calogero et Chris (ex Christine & The Queens) sont à l’affiche, Dominique A sera à Verdun, Catherine Ringer à Strasbourg… A Saint Nazaire, plus de 60 artistes ou groupes, le tout avec une programmation qui fait une large place à la danse, j’adore. Et d’ailleurs, j’adore cette ville qui est pour moi LA ville à découvrir de la côte atlantique avec une activité culturelle intense. Un petit coup de promo pour une ville qui le mérite, j’en profite !

Enfin, Paris bien sûr, impossible d’énumérer les différents endroits où l’on pourra entendre de la musique ce soir, mais il y en aura pour tous les goûts, et en tous les cas, à l’Elysée, on jouera de l’électro… si ça continue, mon fils va pouvoir envoyer une maquette à l’Elysée pour 2019, il joue de la techno expérimentale 😉

Moi, ce que j’aime, c’est me promener dans la ville en essayant de trouver une ambiance qui me plait, à Angers, je vais toujours spontanément vers le château ou les bords de Maine, mais il m’arrive de m’arrêter dans une petite rue en entendant une bonne reprise des Rolling Stones…

Et ensuite, ce sera la saison des festivals, auxquels je souhaite beaucoup de soleil et des spectateurs heureux !

A propos, si vous avez envie de parler du festival de votre ville, n’hésitez pas, je ferai un agenda dans pas très longtemps…

Bonne fête de la musique et bel été !!!

Corinne

 

 

 

 

Sixties, seventies, alors on danse ?

Du bal de grand-mère aux pistes de danse du 21ème siècle, comment est-on passé de danses ultra-codées à une expression de totale liberté. Be bop, rock, jerk, pogo, les révolutions de la danse…

Bonjour, bonjour,

Nos chères années soixante ! Nous avons toutes une bonne raison d’être fans des sixties, amies lectrices, ce sont nos années, et n’ayons pas peur de le dire, elles étaient belles, les sixties, elles étaient drôles et vivantes, non ?! Le twist, le madison, le yéyé, les premiers slows, on a vraiment bien aimé.

Après, il y a eu les seventies et là, on a adoré… A cette époque-là, pas de Facebook, et comme dit une de mes amies, heureusement, car pas de Facebook, pas de trace 😊

Pas de vidéos de nos déhanchements sur les pistes de danse, ni de ces garçons un peu balourds (pour ne pas dire Baloo !) qui n’osaient pas se lancer ou alors si maladroitement qu’on en a encore des fous rires rétrospectifs et cela dit sans aucune méchanceté de ma part (je le jure !), pourquoi les garçons aiment-ils souvent moins la danse que les filles, est-ce une question d’éducation ?

Des bals populaires aux caves de Saint Germain des Prés

Jusqu’à la génération de nos grands-parents, dans une société où tout était bien contrôlé pour ne pas nuire aux bonnes mœurs, danser ne se concevait qu’en suivant des pas réglés comme… du papier à musique. Les jeunes gens prenaient donc des cours pour s’initier à la valse, apprentissage indispensable pour pouvoir approcher une personne de l’autre sexe dans les soirées.

Du célèbre bal des débutantes aux bals musettes, des salons bourgeois aux dancings des villes côtières qui s’appelaient (presque !) tous La Potinière, l’ensemble de la société avait ses lieux consacrés. On y dansait la valse, à laquelle s’ajoutèrent bientôt la java, la rumba, le tango, danses qui vinrent quelque peu chambouler les corps et les esprits, ce qu’Alain Souchon nous a fort bien chanté avec « Y’a d’la rumba dans l’air, le smoking de travers… ». Eh oui, car on allait encore danser en smoking et pour les filles, robes virevoltantes et talons de rigueur…

Les vieilles traditions commencèrent à être bousculées par la génération de nos parents, qui fêtèrent leurs 20 ans au sortir de la 2ème guerre mondiale. Ce fut l’avènement du jazz, une vraie révolution. L’effervescence provoquée par cette musique vint à point nommé divertir les esprits d’une jeunesse dont les premières années avaient été placées sous le signe de la guerre, de ses horreurs et des privations qui l’accompagnent.

La musique et la danse devenaient pour cette génération l’expression d’une liberté retrouvée dans un monde plein de promesses, car ce qui s’annonçait semblait un avenir radieux et enfin dénué de menaces… Au centre de ce monde, il y avait la France évidemment, et au centre du pays, ce petit village de Saint Germain des Prés dans lequel les caves aménagées sous les bars du quartier se mirent à résonner d’étranges notes, et les corps et les cœurs à vibrer au son d’une musique incroyablement libératrice.

Toutefois, on dansait encore volontiers à deux, le be bop, le fox trot… et les garçons n’étaient pas les derniers sur la piste à cette époque.

Cette tradition a perduré longtemps. Vous vous souvenez peut-être de la chanson de Salvatore Adamo « Vous permettez, Monsieur… » ? Tout un univers évoqué dans cette chanson pleine d’humour, on était en 1964, preuve que les bals n’étaient pas encore passés de mode et que le rituel était encore le « Vous dansez, mademoiselle » encore chanté par Pierre Bachelet en 2008, mais sur un mode nostalgique, « dans ce dancing miteux, style bar de banlieue ».

Du rock’n roll au métal, des salles de concert aux festivals …

Puis vint le déferlement du rock’n roll, qui fut dès ses débuts un mouvement de société autant qu’une forme musicale. Importé et porté par des chanteurs à l’image de mauvais garçon – qui nous paraissent aujourd’hui bien gentillets – le rock, à ses débuts, se dansait encore à deux. Rappelez-vous, on s’entraînait entre cousins et cousines le jeudi après-midi pour être sûrs de faire bonne figure le soir où nos parents consentiraient à nous laisser organiser une surprise-partie !

Le rock s’est construit totalement en réaction contre les bonnes mœurs, et a amené une liberté extrême à la fois dans la composition musicale et la façon de danser. Le plaisir n’était plus de coordonner ses pas et ses mouvements d’une façon codifiée. On se mit à danser en solo, chacun se laissant porter par la musique et improvisant une gestuelle totalement libérée.

Ce qui caractérise les années rock, c’est aussi l’ouverture de salles de concert dans toutes les villes. Certaines deviendront mythiques, comme le Marquee à Londres, ouvert dès 1958, et qui accueillit le premier concert des Rolling Stones. Inutile de préciser que si je pouvais appuyer sur la machine à remonter le temps, je choisirais bien le 10 juillet 1962 pour revenir en arrière ! A Paris, Bruno Coquatrix eut l’intuition que ce mouvement musical allait changer profondément notre façon d’écouter la musique, et transforma l’Olympia de salle de music-hall du 19ème siècle, en haut lieu du rock de la capitale dans les années soixante.

La musique « live » à cette époque devenait donc absolument primordiale et l’écho s’en trouva retentir au point qu’il ne fut plus possible « d’assister » simplement à une représentation, au point que l’on cassa des chaises dans des soirées de chanteurs pourtant bien peu subversifs comme Gilbert Bécaud. On se mit à danser dans les concerts, et peu à peu les fauteuils disparurent pour faire place à des salles de plus en plus grandes jusqu’à programmer les plus grands groupes ou chanteurs dans des stades.

Je ne vous dirai pas que c’est ce que j’ai le plus apprécié dans cette évolution, car voir les Stones en concert à l’Olympia et au Stade de France, ce n’est pas tout à fait le même plaisir !

La fin des sixties vit aussi les premiers grands rassemblements consacrés à la musique rock, les festivals, dont Woodstock signa l’emblématique acte de naissance aux USA. A Woodstock jouèrent tous les grands groupes de cette époque, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Santana, Jefferson Airplane, Ten Years After et tant d’autres. Le mouvement hippy fit de ces rassemblements une véritable célébration de la musique et de la danse, la consécration du flower power. En Angleterre, ce fut le festival de l’Ile de Wight qui inaugura cette nouvelle ère, il fêtera ses 50 ans en 2018. Gageons qu’à l’époque nul ne s’attendait à une telle longévité !

Au fait, sauriez-vous combien de festivals rock, pop, blues etc… il y a ne serait-ce qu’en Europe à l’heure actuelle ? Personne n’a une idée de la réponse mais dans le Top Ten on trouve des festivals français comme le Printemps de Bourges ou les Eurockéennes de Belfort, l’incroyable Hellfest de Clisson consacré au rock hard et métal, Rock en Seine…

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Concert à Nantes d’un de mes groupes préférés, Of Monster And Men

Du jerk au pogo

Dans les années 70, nous avons appris à danser sans respecter une chorégraphie prédéfinie, simplement en bougeant notre corps, en suivant la musique et en laissant nos sensations inspirer nos mouvements. C’est l’avènement du jerk, littéralement secousse, véritable tourbillon de danse en totale liberté. Pour moi, le bonheur, car j’ai toujours eu du mal avec les figures imposées !

Les chorégraphies n’ont pas pour autant disparu. Remise au goût du jour avec le disco et ses enchaînements déhanchés sur les pistes des discothèques, la danse n’a jamais été aussi célébrée dans le monde entier.

Le mouvement qui a le plus contribué à cette époque à nous jeter sur les pistes de danse, c’est certainement le funk, avec ses chorégraphies incroyablement festives et décomplexées, qui inspireront le rap et le hip-hop. Earth Wind and Fire, Kool and the gang, l’ère des dance floors était né… et elle n’est pas révolue !

La danse dite « de salon », résiste malgré tout et traverse les époques, notamment avec les danses latino-américaines que l’on découvre et redécouvre avec bonheur. Après le tango qui a toujours ses adeptes, la rumba, la samba, c’est la salsa qui fait fureur depuis les années 2000.

Danser, c’est vivre, les danses font partie de la vie des hommes depuis toujours, elles sont présentes dans toutes les civilisations. Qu’elles soient sacrées ou profanes, leur pouvoir est réellement magique.

En groupe, nous partageons avec la danse quelque chose d’important, une passion commune pour une musique, pour un mode d’expression, la joie de participer à une fête qui célèbre notre culture. Un fest noz (fête de nuit en breton), c’est un hymne à la Bretagne et à sa musique, ses traditions. Si vous savez ce qu’est un pogo, vous trouverez peut-être que cela n’a pas grand-chose à voir avec ce que je viens de décrire, et pourtant Google classe bien le pogo dans les danses « danse répandue dans les concerts punks, qui consiste à se bousculer frénétiquement ». Je ne me lasse pas de cette définition et ne vous parlerai pas aujourd’hui du mouvement punk sur lequel je suis intarissable, donc j’y reviendrai dans un autre article !

En couple, danser un slow est un moment d’émotion enfin, lorsqu’on est amoureux bien sûr, sinon, ça peut paraître une véritable épreuve 😉 Souvenons-nous : Hey Jude avec un garçon qui ne nous attirait pas, mais alors pas du tout, quelle épreuve les na na na na na na na de la fin, interminable ! Restons plutôt dans l’évocation de nos plus beaux souvenirs, le premier slow et la chanson qui devient notre chanson fétiche, celle qui nous mettra les larmes aux yeux pendant des semaines, des mois ou plus si affinité réelle et de longue durée !

Seul(e)s aussi, quel plaisir de mettre parfois la musique à fond dans le salon avec notre morceau préféré, celui qui nous pousserait encore irrésistiblement sur la piste de danse. Nous avons l’impression de revivre, d’oublier les soucis quotidiens et une vie devenue peut-être un peu trop « plan-plan ».

C’est vrai, les années passent, mais nous avons gardé notre cœur d’adolescent(e) parfois, nos élans amoureux souvent, et il n’est pas besoin de pousser trop fort le volume pour que nous soyons pris(e) d’une folle envie de danser en entendant un bon vieux rock comme on les aime…

Pour moi, ce sera les Stones, s’il vous plait et bien fort le son !

Si vous avez envie de vous remettre à la danse, et pas forcément seul(e) dans le salon, n’hésitez pas, il y a plein d’associations et de cours de danse qui vous attendent, danse jazz, danse contemporaine, danse orientale… Vous pouvez même vous remettre au rock, apprendre le tango ou le hip hop (un peu plus difficile peut-être mais pourquoi pas !). Surtout, bougez, dansez, c’est bon pour le corps et l’esprit !

Et pour finir, un quizz hyper-facile : devinez quel morceau a inspiré le nom de ce blog ? Papa was a rolling stone, dont je vous offre en bonus la chorégraphie originale qui me met toujours de bonne humeur ! https://www.youtube.com/watch?v=0g7KawdsVSQ

Et vous, vous arrive t-il de danser ? En quelles occasions ? Racontez- nous vos meilleurs moments de danse et on en reparle ensemble avec plaisir !

À bientôt,

Corinne